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Code de la famille : 24 pays africains en ont un, le Cameroun toujours pas

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Vingt-quatre pays africains ont un Code de la famille et trente-huit une loi contre les violences faites aux femmes. Le Cameroun n’a ni l’un ni l’autre, selon un panorama comparé daté du 30 septembre 2026. Yaoundé a pourtant signé la plupart des grands textes internationaux sur le sujet. Entre la signature et la loi, il y a vingt ans de retard, et le Parlement se réunit en novembre.

Des engagements signés, aucune loi à la clé

Le Cameroun a ratifié la CEDEF, la Convention relative aux droits de l’enfant, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et le Protocole de Maputo. La Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, adoptée en février 2025, attend encore sa ratification.

Mais en droit interne, rien. Pas de Code des personnes et de la famille, en gestation depuis plus de vingt ans. Pas de loi spécifique sur les violences.

Le panorama africain est sans appel. Côté Codes de la famille, la Tunisie a le sien depuis 1956, le Sénégal depuis 1972, la Côte d’Ivoire depuis 1983. Le Burkina a adopté un nouveau texte le 1er septembre 2025. Pour les lois contre les violences, l’Afrique du Sud a ouvert la marche en 1998, la Centrafrique a suivi en 2006, puis le Gabon en 2021 et le Congo en 2022.

La Centrafrique, le Gabon, le Congo. Trois voisins de la CEMAC qui ont déjà ce que Yaoundé n’a pas. Pour le pays qui se présente comme le moteur de la zone et abrite de nombreuses institutions régionales, ça fait quand même mal.

Une proposition de loi prête, des chiffres qui pressent

Le pays n’est pourtant pas démuni. Sa Constitution proclame l’égalité et l’intérêt supérieur de l’enfant. Une nouvelle loi sur l’état civil date de décembre 2024. La jurisprudence est abondante. Et il existe désormais une proposition clé en main, la LEFE.

Elle fixe l’âge du mariage à 20 ans, interdit le mariage forcé et le mariage d’enfant, reconnaît le viol conjugal et protège le logement familial. Elle prévoit une ordonnance de protection en moins de 24 heures et pose l’égalité successorale. Son article 3 respecte la diversité culturelle, avec une limite : toute coutume contraire à la Constitution, à l’ordre public ou à la dignité est écartée.

Le coût du vide, lui, se compte. Cinquante féminicides en quatre mois, dont huit en huit jours en août, selon le même panorama. Il cite aussi 1 599 cas de violences basées sur le genre, dont 166 viols, et 44 % des femmes en union touchées par des violences. On ne sait pas encore comment ces chiffres ont été collectés, mais l’ordre de grandeur donne à réfléchir.

Difficile de ne pas y voir un test de crédibilité. La session parlementaire de novembre 2026 sera suivie bien au-delà de Yaoundé, par les partenaires du Cameroun comme par les organisations qui attendent depuis vingt ans.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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