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CNEWS vient d’ajouter la météo israélienne à la liste toujours plus longue des sujets qu’il serait dangereux de commenter.
Le journaliste s’appuie sur une publication consacrée aux fortes chaleurs en Israël. Celle-ci aurait reçu « des milliers de commentaires antisémites », dont certains faisant référence à la Shoah. Mickaël Dorian glisse ensuite rapidement des commentaires antisémites vers « ceux qui ont une obsession pour Israël ». Le vieux mélange est prêt : quelques messages ignobles permettent de placer dans le même sac les antisémites, les opposants au gouvernement israélien et ceux qui dénoncent les crimes commis à Gaza.
La météo comme nouvelle frontière de la critique autorisée
Sur CNEWS, la démonstration tient en une minute : une publication parle de chaleur en Israël, des internautes écrivent des horreurs, donc la critique d’Israël serait devenue une manie collective menaçant toute la société. Aucun commentaire n’est montré ni analysé dans l’éditorial diffusé par la chaîne. Le téléspectateur doit accepter le paquet déjà ficelé.
Le procédé est pratique. Il suffit désormais de choisir les messages les plus répugnants d’un réseau social, puis de les faire peser sur tous ceux qui parlent d’Israël. Pendant ce temps, Gaza disparaît du cadre. Mickaël Dorian prend même soin de préciser que la publication ne concernait « pas la guerre, pas Gaza ». Justement : prononcer ces mots sans évoquer les morts, la destruction et les accusations de génocide permet de transformer Israël en simple victime d’un bulletin météo mal accueilli.
Le mode d’emploi de la proposition Yadan
Cette confusion entre antisémitisme et opposition à la politique israélienne ne tombe pas du ciel. Elle épouse la logique de la proposition de loi n° 575 portée par Caroline Yadan, officiellement destinée à combattre les « formes renouvelées de l’antisémitisme ». Derrière cet intitulé rassurant, le texte vise notamment certains discours portant sur Israël, au risque de brouiller davantage la frontière entre haine des juifs et critique d’un État.
La lutte contre l’antisémitisme devient alors un commode service de sécurité rhétorique : elle protège moins les personnes juives qu’elle ne sert à intimider ceux qui dénoncent la colonisation, les bombardements et le génocide à Gaza. Les véritables actes antisémites méritent des réponses fermes. Les utiliser pour offrir une immunité politique à Israël dessert précisément ce combat.


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