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Cliniques collaboratives : données incomplètes, cibles incohérentes, selon le VG

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En 2024, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt s’est engagée à permettre à plus de Néo-Brunswickois d'accéder aux soins grâce à des cliniques de soins collaboratifs. Deux ans plus tard, le vérificateur général de la province relève des lacunes en matière de planification, de gouvernance et de mesure du rendement des cliniques collaboratives du gouvernement Holt.

Les cliniques de soins collaboratifs sont des entités à l’intérieur desquelles des médecins de famille, des infirmières et d’autres professionnels de la santé travaillent en équipe pour ouvrir des soins à des groupes de patients.

Près de deux ans après l’entrée en fonction de Susan Holt, Paul Martin, le vérificateur général du Nouveau-Brunswick, trouve peu de bonnes choses à dire au sujet de la mise en place de ces entités dans son audit de performance.

Il est à noter que les observations du vérificateur général couvrent la période allant du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, période au cours de laquelle le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a annoncé la création de 14 cliniques de soins collaboratifs.

Image du rapport du vérificateur général.

Paul Martin critique la manière dont les cliniques sont mises en place.

Photo : Charles-Étienne Drouin

Le rapport déplore le fait que le ministère ne disposait pas, au cours de l’audit, d’informations suffisantes pour démontrer que ces cliniques amélioraient l’accès aux soins primaires là où le besoin était le plus grand.

Les cliniques de soins collaboratifs sont pourtant l’un des piliers de la politique d’accès aux soins primaires du gouvernement Holt, qui avait promis d’en ouvrir 30 au cours de son mandat.

Navigation à vue?

La première ministre s’est engagée à agir pour permettre à 85 % des Néo-Brunswickois d’avoir accès à des soins primaires avant la fin de son mandat.

Pour le moment, ils ne sont que 73 % à avoir accès à ces services, ce qui constitue un recul puisqu’ils étaient 79 % en 2023.

Le vérificateur général n'a pu affirmer que le gouvernement allait dans la bonne direction au moment où l'audit a été réalisé.

Il n’a pas été possible de démontrer de manière fiable l’augmentation du nombre de patients rattachés ni la réduction de la liste d’attente, car les données clés et les rapports publics étaient incomplets ou inexacts, écrit-il.

Paul Martin regarde le journaliste.

Paul Martin presse le gouvernement de rectifier le tir.

Photo : Charles-Étienne Drouin

Le rapport semble, par ailleurs, indiquer que le gouvernement navigue à vue depuis des mois, puisque l’expansion des cliniques, explique- t-il, n’a pas été guidée par une évaluation provinciale guidée des besoins communautaires.

Il lui reproche aussi de ne pas avoir évalué les coûts complets et l’abordabilité à long terme de ces entités. Ça, c’est en plus du fait que les cibles de rendement ainsi que leur suivi étaient incohérents.

Si les cliniques collaboratives sont au centre de la politique gouvernementale en matière de santé, elles ne sont pas pour autant imposées aux professionnels de la santé. Autrement dit, certains d’entre eux peuvent choisir de ne pas se joindre à cette nouvelle organisation du travail.

Le vérificateur général regrette dans son rapport que le ministère de la Santé n’ait pas songé à la manière de répondre aux besoins non satisfaits des patients vivant dans des communautés où les médecins n’adoptent pas volontairement le modèle collaboratif.

Recommandations

Le vérificateur général dit ne pas ignorer que son évaluation est un rapport d’étape, sachant qu’il a été produit après la création non pas des 30 cliniques promises, mais de 14.

Il note toutefois que ce type d’exercice est essentiel en cours de chemin, même s’il reconnaît, par ailleurs, que certaines des cliniques ne sont pas encore au maximum de leur potentiel, puisqu’elles ne sont pas en place depuis suffisamment longtemps.

Un examen précoce permet de cerner les faiblesses en matière de planification, de gouvernance et de mesure du rendement avant que le modèle ne soit pleinement mis en œuvre et que des ressources supplémentaires ne soient engagées, indique-t-il.

Paul Martin formule un certain nombre de recommandations. Il demande d’entrée de jeu au ministère de la Santé d’élaborer et de mettre en œuvre un plan provincial qui s’appuie sur les besoins de santé communautaires et les lacunes en matière d’accès documentés pour orienter la mise en œuvre, le financement et la dotation en ressources des cliniques de soins collaboratifs.

Compte tenu du fait que les données financières qui lui ont été fournies pour l’élaboration du rapport ne sont pas complètes, le vérificateur recommande la réalisation et la mise à jour régulière d’une analyse financière exhaustive du modèle de soins collaboratifs.

L’analyse devrait inclure l’ensemble des coûts liés au soutien opérationnel, à l’infrastructure et à la mise en œuvre, et réaliser l’évaluation de l’incidence financière de différentes tailles de groupes de patients et de différents taux de participation des médecins.

L’absence de distinction entre patient rattaché et service obtenu est l’une des grandes préoccupations du rapport.

Ainsi, quand bien même la province parviendrait à rattacher un nombre important de résidents à des fournisseurs de soins, le vérificateur général fait remarquer que cela ne correspond pas nécessairement à un accès effectif aux soins dans des délais raisonnables.

Le plan d’action de la province elle-même reconnaît que des taux de rattachement élevés ont historiquement coexisté avec des difficultés à obtenir des rendez-vous et un accès limité en dehors des heures d’ouverture, explique-t-il.

Un rapport du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick a indiqué que 73 % des répondants au sondage avaient un médecin de famille ou un personnel infirmier praticien en 2025, tandis que seulement 34 % ont déclaré pouvoir consulter un fournisseur dans un délai de cinq jours.

Il recommande donc, pour remédier à cette situation, que le ministère de la Santé établisse et applique une méthodologie documentée permettant d’identifier, de valider et de rendre compte avec précision du nombre de patients nouvellement pris en charge par les cliniques de soins collaboratifs.

En l'état actuel des choses, environ 260 000 Néo-Brunswickois n'ont pas accès aux services d'un fournisseur soins primaires.

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