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Avec les canicules à répétition, les acteurs du tourisme ont été contraints de s'adapter... et les touristes sont tentés de faire pareil : de plus en plus de voyageurs montrent un intérêt grandissant pour les visites touristiques nocturnes afin de s'épargner les chaleurs suffocantes en journée.
Kevin Nectoux - Aujourd'hui à 12:59 | mis à jour aujourd'hui à 13:19 - Temps de lecture :
De la contemplation des aurores boréales à l’immersion dans le plus grand amphithéâtre antique. Depuis peu, une nouvelle tendance gagne du terrain chez les amoureux du voyage : le “noctourisme”, ou tourisme nocturne. En effet, de plus en plus de globe-trotters souhaitent désormais organiser leurs futurs voyages en fonction des activités nocturnes. Selon l’étude annuelle « Prédictions de voyage 2025 », réalisée par la plateforme hôtelière Booking.com auprès de 27 713 personnes venues du monde entier, plus de 60% des sondés (dont 58% de Français) envisagent de privilégier une destination offrant « une vue dégagée sur le ciel étoilé ».
275 personnes par nuit
L’observation des aurores boréales ou le safari à la belle étoile figurent depuis longtemps parmi les choses à cocher dans la wishlist des voyageurs internationaux. Mais cette nouvelle tendance doit aussi, et surtout, son essor grâce… au réchauffement climatique. L’enquête de Booking.com révèle que 43% des personnes interrogées veulent se tourner vers le “noctourisme” pour précisément éviter les fortes chaleurs. La hausse des températures rend en effet de moins en moins supportable les visites diurnes, l’été 2026 en a d’ailleurs été la démonstration.
En France ou au Royaume-Uni, de nombreux lieux touristiques ont réduit leurs horaires d’ouverture lors des épisodes de chaleur. Même chose en Grèce où l’Acropole d’Athènes a été contrainte de fermer ses portes à deux reprises cet été en raison de la canicule, afin de protéger les touristes et le personnel. La ville de Rome, en Italie, a choisi de s’adapter différemment à cette saison estivale étouffante en autorisant l’ouverture en soirée (à l’exception du jeudi) du Panthéon, tandis que le Colisée a élargi ses visites nocturnes à quatre jours par semaine (contre deux auparavant). Il ne pouvait toutefois n'accueillir que 275 personnes par nuit contre 20 000 par jour lors des périodes de forte affluence. Le ministère italien du Tourisme justifiait cette décision par la volonté de « faciliter la vie des touristes, de rationaliser et de gérer les flux de visiteurs, et de favoriser les visites aux heures les moins chaudes et à des moments de la journée mieux adaptés aux horaires de travail ».
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Un engouement potentiellement néfaste
De plus, outre se préserver des températures extrêmes, le tourisme nocturne présente bien d’autres avantages. Tout d’abord, la fréquentation touristique est moins dense dans les métropoles une fois la nuit tombée, permettant donc aux visiteurs de profiter tranquillement des lieux iconiques. De nombreuses villes, comme Milan (Italie), Lisbonne (Portugal), Madrid (Espagne) ou Paris, proposent d’ailleurs déjà des visites guidées à des horaires plus tardifs, offrant une expérience touristique différente : (re)découvrir les monuments historiques illuminés. Cela implique cependant de réorganiser sa manière de voyager : se lever et déjeuner plus tard, privilégier les activités en intérieur, comme les musées, au cours de l’après-midi afin de profiter de l’extérieur lorsque le soleil se couche.
Toutefois, l’engouement autour du “noctourisme” soulève plusieurs questions, et pas des moindres. Les milieux naturels pourraient être négativement touchés s'ils étaient soudainement soumis à un tourisme nocturne de masse. De même, on peut supposer un probable accroissement de la pollution lumineuse si nous venions à décaler nos visites touristiques la nuit. Or, celle-ci provoque plusieurs effets néfastes pour l’environnement et la santé humaine : gaspillage énergétique, déclin de la biodiversité, altération du sommeil, risques cardiovasculaires… Étant donné la trajectoire climatique actuelle, ces réflexions vont s'intensifier au cours des prochaines années.


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