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Combien de journalistes devront encore finir aux urgences avant de pouvoir travailler sans craindre les coups en Cisjordanie ?
La scène s’est déroulée près d’Abu Falah, au nord-est de Ramallah, où des familles palestiniennes ramassaient leurs olives. Selon le Washington Post, plusieurs dizaines d’hommes descendus d’une colline voisine ont pris d’assaut les plantations, incendié des arbres et lancé des pierres sur les agriculteurs.
Heidi Levine se trouvait parmi les journalistes venus couvrir ces violences. Des assaillants l’ont rattrapée, projetée à terre, puis frappée à coups de bâton et de pied. Son appareil photo, son téléphone et une partie de son matériel lui ont été arrachés. Des confrères et des habitants palestiniens ont finalement réussi à lui porter secours.
🇺🇲 Ameriklı gazeteci Heidi Levine, bu sabahki saldırıdan sonra konuşuyor…
⚡ Batı Şeria’da Filistin zeytin hasadını haberleştirirken İsrailli yerleşimciler tarafından dövüldükten sonra kırıklarla hastaneye kaldırıldı. https://t.co/qXuPq5sTva
— DÜNYA FREKANSI (@ECansabunc93820) October 16, 2026
« Heureusement, j’avais mon casque et mon gilet pare-balles »
Transportée dans un hôpital de Ramallah, la photographe a raconté son agression, la main gauche enveloppée dans un épais bandage. Elle explique avoir tenté de calmer ses agresseurs en leur précisant qu’elle était journaliste, mais aussi mère de famille. Rien n’y a fait.
« Heureusement, j’avais mon casque et mon gilet pare-balles », a-t-elle confié. Sans ces protections, elle estime qu’elle aurait pu mourir sous les coups.
Le Washington Post a condamné l’agression et réclamé une enquête approfondie. Son responsable de la rédaction, Matt Murray, a rappelé que la photographe portait un équipement indiquant clairement sa profession, aussi bien devant que derrière.
Crédit : Publication du Washington Post sur X, le 16 octobre 2026, reprenant une déclaration de Matt Murray, directeur de la rédaction du journal, condamnant l’agression de la photojournaliste HeidiL’armée israélienne présente sur les lieux
Plusieurs témoins affirment que des soldats israéliens se trouvaient dans le secteur pendant l’attaque, sans intervenir contre les colons. Des militaires auraient également tiré des grenades lacrymogènes en direction des Palestiniens.
L’armée israélienne affirme être intervenue pour disperser un rassemblement violent. Selon sa porte-parole Ariella Mazor, les soldats n’auraient pas vu l’agression de la journaliste. Une enquête militaire est en cours, tandis que la police israélienne mène ses propres investigations.
En Cisjordanie, même la récolte des olives devient dangereuse
Ces affrontements surviennent en pleine saison agricole. D’après les informations recueillies par Reuters, l’organisation israélienne Yesh Din avait déjà recensé au moins 170 attaques de colons contre des Palestiniens depuis le 27 septembre.
À Turmus Ayya, village voisin, trois véhicules ont été incendiés le même vendredi. La pression exercée sur les terres palestiniennes dépasse largement la période des récoltes. Menaces, destructions de cultures et difficultés d’accès aux parcelles compliquent depuis longtemps la vie des agriculteurs.
Les reporters qui documentent cette situation ne sont pas épargnés. Dix jours avant Heidi Levine, le photographe de l’AFP Jaafar Ashtiyeh avait été frappé à coups de crosse dans le village d’Aqraba, au nord de la Cisjordanie. Pour les journalistes présents sur place, porter un casque et un gilet « Presse » ne suffit désormais plus à garantir leur sécurité.


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