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Le Danemark, l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce espèrent parvenir, au début de l’année prochaine, à un accord de principe avec un pays tiers hors de l’Union européenne pour la création d’un « hub de retour »
Le ministre de l’intégration danois, Morten Bodskov, qui était alors ministre de la défense, à Washington, aux Etats-Unis, le 1ᵉʳ septembre 2022. Le Danemark, l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce ont franchi, vendredi 4 septembre, une première étape vers la création de centres de retour pour les demandeurs d’asile déboutés, et se sont fixés pour objectif de conclure un accord avec un pays tiers au début de l’année prochaine.
« Vers le Nouvel An, nous espérons être parvenus à un accord de principe avec un pays partenaire situé en dehors de l’Union européenne » pour l’installation d’un « hub de retour », a déclaré le ministre de l’intégration danois, Morten Bodskov, dont le pays est prêt à procéder à des renvois dès l’année prochaine. Ces hubs pourraient accueillir les demandeurs d’asile déboutés qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays d’origine.
Aucun pays tiers n’a été mentionné lors de la conférence de presse organisée dans la capitale danoise. Pour l’instant, l’Ouganda et surtout le Rwanda sont considérés comme des destinations possibles. Ce dernier pays a confirmé, en août, avoir entamé des « discussions préliminaires » avec plusieurs Etats européens, sans préciser lesquels. Un précédent gouvernement danois avait engagé des négociations directes avec Kigali, avant d’y renoncer pour trouver une solution européenne.
« Lorsque nous avons lancé ce débat, il n’était pas partagé par tout le monde. On s’en est moqué, on disait que c’était totalement irréaliste, et on affirmait aussi que c’était en conflit direct avec toutes les obligations internationales qui sont les nôtres », a rappelé M. Bodskov. « Et, aujourd’hui, nous en sommes là », s’est-il félicité.
Les cinq pays ont assuré que ce modèle contribuerait à rendre le système migratoire plus « humain ». D’après ses principes, il « sera également un outil pour briser le modèle économique de cyniques passeurs de migrants qui exploitent des personnes vulnérables risquant leur vie lors de voyages périlleux vers l’Europe ».
Ces centres de retour ne seront pas des « camps », a assuré M. Bodskov. « Il s’agit d’offrir une nouvelle chance aux migrants en situation irrégulière qui ne peuvent pas retourner aujourd’hui dans leur pays d’origine et n’ont aucune légitimité juridique pour rester dans notre pays », a-t-il ajouté.
« Renoncement aux valeurs fondamentales de l’Union »
A son arrivée à la réunion, le ministre grec de l’immigration et de l’asile, Thanos Plevris, a confirmé que « des discussions, qui en sont à un stade avancé, [avaient] déjà eu lieu avec différents pays hors UE ».
Le Parlement européen a approuvé en juin un règlement sur les retours de demandeurs d’asile déboutés, incluant la possibilité pour les Etats membres de conclure des accords afin d’ouvrir des centres de rétention hors des frontières de l’Union.
Ce règlement destiné à accélérer les expulsions suscite l’inquiétude de défenseurs des droits humains. Le Conseil de l’Europe, garant du respect des droits humains, a envoyé des lettres aux commissaires chargés de la politique migratoire de ces cinq Etats membres de l’Union pour leur soumettre des recommandations liées à ces centres. La législation n’a d’ailleurs pas fait l’unanimité au sein des Vingt-Sept. Emmanuel Macron l’a jugée inefficace et non conforme aux valeurs de l’Europe.
Pour l’eurodéputée écologiste Melissa Camara, « la réunion qui s’est tenue à Copenhague marque une étape de plus dans le renoncement aux valeurs fondamentales de l’Union européenne et au bafouement de la dignité des personnes exilées ».
« Les tentatives précédentes de créer des centres de renvoi sous diverses formes se sont révélées extraordinairement coûteuses, engluées dans des obstacles administratifs et juridiques, et n’ont finalement pas réussi à influer sur les décisions et les comportements des demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière », rappelle pour sa part relevé l’ONG Danish Refugee Council.
Le Royaume-Uni a dû renoncer à un dispositif similaire qui prévoyait d’expulser des immigrés en situation irrégulière au Rwanda, tandis que les centres gérés par l’Italie en Albanie se sont heurtés à des recours juridiques et à une mise en œuvre lente.
Le Monde avec AFP


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