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Un employé du château de Chevreuse (Yvelines) a été condamné après avoir agressé une enfant de 10 ans venue visiter en famille. Son procès a levé le voile sur un profil inquiétant.
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Par François Desserre Publié le 10 juil. 2026 à 22h04 ; mis à jour le 10 juil. 2026 à 22h05
Elle ne gardera pas un bon souvenir de sa visite au château de Chevreuse. Une enfant de 10 ans y a subi une agression sexuelle le 7 juin 2026.
L’homme mis en cause a été présenté le vendredi 10 juillet 2026 au tribunal de Versailles. Les propos qu’il a tenus pendant l’audience n’ont rassuré personne.
Le dimanche en question, une famille se présente à la Madeleine. Le vendeur de souvenirs se montre plutôt sympathique. Il n’y a pas grand monde. Alors il propose de visiter un peu plus que ce que le public a le droit de voir. Même si ce n’est pas son rôle.
Il emmène la petite famille dans les immenses caves. L’ambiance est étrange. Tout le monde progresse avec la lumière de son téléphone. Et puis, exceptionnellement, il propose d’aller dans une tour qui est interdite aux visiteurs.
Il a commencé dans l’escalier
C’est là, dans l’escalier, qu’il va mettre une première fois sa main sur les fesses de la petite. Et une deuxième fois en redescendant. Et une troisième fois dehors, alors que les parents choisissent un pot de confiture dans la boutique de souvenirs.
En montrant le panorama donnant sur la ville, il pose plus longuement sa main sur les fesses de l’enfant, en faisant un mouvement circulaire. Elle le racontera plus tard à ses parents en dégustant une glace dans le centre.
« Toucher un p’tit cul, ça fait plaisir »
Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq. La juge compte dans le silence de la salle d’audience. Le temps semble s’allonger. « Et bien vous voyez. Ce temps, c’est celui que vous avez utilisé pour agresser une enfant, une enfant qui ne connaît pas encore la sexualité. »
Les mains jointes devant lui, la tête penchée, les épaules en avant, le dos courbé, l’homme de 37 ans doit s’expliquer.
« Sur le coup, c’était un peu d’adrénaline. J’avais juste envie de toucher ses fesses. Elles étaient jolies et musclées. Toucher un p’tit cul, ça fait plaisir. »
La présidente le reprend : « De l’adrénaline ! Mais c’est une enfant ! Et vous savez comment on appelle un homme qui s’en prend à une enfant ? »
Dans son sweat taché et délavé, l’homme met du temps à répondre. « Un pédophile… Mais ça n’a duré que 5 secondes. Je voulais juste être un peu affectueux. Je suis tombé bien bas. »
« C’est l’ambiance envoûtante du château »
L’affaire ne serait pas si compliquée s’il n’y avait le reste. Car plusieurs fois, l’homme a été signalé rôdant près des écoles de Dampierre-en-Yvelines et de Lévis-Saint-Nom.
Dans un centre, il a été remarqué pour se promener en slip en toquant aux portes de ses collègues. Il a d’ailleurs postulé maintes et maintes fois pour travailler avec des enfants. Il a toujours essuyé des refus.
Et puis, il y a aussi une exhibition et son addiction pour la pornographie. Les gendarmes ont découvert des recherches ramenant aux adolescentes. « J’ai rien fait d’illégal pour ça ! C’est pas du dark net ! » C’est une vision des choses.
L’homme est étrange. Il a exprimé aux militaires son inquiétude. « Je ne veux pas que l’on ruine ma vie pour quelque chose de pas très grave. J’ai juste touché quelqu’un par-dessus les vêtements. C’est l’ambiance du château. Elle est envoûtante. Je crois qu’un vieux descendant est venu dans ma tête. »
Déjà, pendant les Jeux olympiques
Le tribunal plonge dans les oubliettes. L’homme se dit ouvert « à tous les sexes et tous les âges. » Il raconte une vie affective désertique depuis deux ou trois ans ; « même si je suis plutôt beau. » Et il relate une scène qui ne va faire frémir.
« Un jour, pendant les JO, j’ai croisé une fille allemande au château. Elle était blonde. Et elle m’a regardé en me provoquant. C’est là que j’ai eu l’idée pour la première fois. »
La présidente s’intéresse un peu plus à cette déclaration : « Mais elle avait quel âge ? »
L’homme hésite. « Elle était grande. Je ne sais pas… Elle s’est assise en tailleur devant moi. Elle devait avoir 12 ans. » Silence dans la salle. « J’ai découvert la sexualité tôt, agressé par un voisin. »
« Il doit être éloigné de la société »
Dans ses réquisitions, le parquet ne va pas y aller par quatre chemins.
« Il a adopté un comportement organisé et réfléchi. Les visites, ce n’est pas son travail. Il doit encaisser les entrées et vendre les souvenirs. Là, il s’est organisé pour agresser cette petite fille. Et il raconte tout cela sans affect. Il doit être, à ce stade éloigné de la société. »
La magistrate réclame une peine de 15 mois de prison, dont 10 mois avec incarcération. « Je suis sidéré. Vous n’avez qu’à me tirer une balle », soutient alors l’homme, coupant la parole de la magistrate.
Après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé une peine de 24 mois, dont 6 mois issus d’une révocation pour l’exhibition. Le tout avec incarcération immédiate. Son nom a été porté au fichier des délinquants sexuels. Il lui est désormais interdit d’exercer une activité en lien avec des mineurs. Et d’approcher le château de Chevreuse.
Lorsqu’il sera libéré, il devra s’astreindre à un suivi sociojudiciaire pendant 5 ans. Sinon, il repartira 3 ans en prison.
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