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Charles Milliard, heureux dans les deux langues

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Pendant que s’ouvre, vendredi à Sherbrooke, le conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ), son chef, Charles Milliard, plaide pour une cohabitation harmonieuse entre francophones et anglophones au Québec.

Dans l’ancien bastion de Jean Charest, 450 militants libéraux sont attendus pour le premier rassemblement avec leur chef, outre celui qui a suivi sa victoire, à la mi-février. L’ordre du jour de l’événement paraît dépouillé, si ce n’est une discussion sur l’économie, thème cher au PLQ.

Le conseil général est une occasion pour M. Milliard de fouetter ses troupes en prévision du scrutin de l’automne. La fin de semaine pourrait aussi placer le chef non élu à l’avant-scène, lui qui retient moins l’attention médiatique que son chef parlementaire, André Fortin. Ce dernier se mesure chaque semaine à la première ministre, Christine Fréchette, devant les caméras de l’Assemblée nationale, où il l’a notamment mise dans l’embarras en lui faisant reconnaître qu’elle ignorait le montant de la dette.

Dans les dernières semaines, M. Milliard s’est surtout fait remarquer pour sa volte-face sur l’utilisation de la clause dérogatoire pour protéger la loi 96 sur le français. Le 16 avril, il a rompu avec la position de son parti en disant vouloir mettre la loi sur la langue française à l’abri des tribunaux. Il est revenu sur ses propos le lendemain, affirmant vouloir d’abord apporter des changements à la loi, pour ensuite juger de la pertinence d’utiliser — ou non — la clause dérogatoire.

« Trois ou quatre » mécontents

En entrevue avec Le Devoir, le chef du PLQ nie avoir changé d’idée. « Je sais plus comment vous le dire, mais ce n’est pas la réalité. S’il y a trois ou quatre personnes qui appellent des journalistes pour dire qu’ils ne sont pas contents : bienvenue en politique ! C’est ça, la vie », lance-t-il.

M. Milliard conteste aussi les informations voulant qu’il ait revu sa position en raison de la pression exercée par des membres de son propre parti. « Si ça a dérangé trois ou quatre personnes, je veux dire… il y a des extrémistes partout, dans tous les sujets », laisse-t-il tomber.

Il promet un plan de promotion et de protection de la langue française « avant le début de l’été ». Sourire en coin, il rappelle que cette saison commence le 21 juin.

« Pour moi, la protection du français, ce n’est pas d’utiliser la clause ou pas. C’est : c’est quoi, les mesures ? Et quels résultats ça va donner ? Les anglophones du parti, tout comme les francophones, sont tout à fait en accord avec ça. On va le voir au conseil général en fin de semaine, si la question se pointe », ajoute-t-il.

Le plan, attendu depuis longtemps, cause « zéro » tensions à l’intérieur du parti, assure-t-il. « Moi, je suis chef du Parti libéral du Québec. Je vais être le défenseur de la langue française. Mais il y a des choses qu’on veut faire différemment de la CAQ, et Dieu merci, parce qu’ils n’ont pas livré les résultats pour améliorer la quantité et la qualité du français au Québec. On a des meilleures mesures qu’eux », promet-il.

L’exemple bilingue de Bishop’s

Après sa défaite dans la course à la chefferie libérale remportée par Pablo Rodriguez, Charles Milliard avait intégré, en août 2025, l’Université Bishop’s à titre de cadre supérieur en résidence. Dans l’établissement anglophone de l’arrondissement Lennoxville, à Sherbrooke, il dit avoir été charmé par la cohabitation des deux langues officielles du Canada.

« Le français occupe une très grande place à Bishop’s. Ça, c’est très méconnu. Moi, dans mes classes, l’automne passé, je dirais que 60 à 65 % des étudiants, ce sont des francophones [qui voulaient apprendre] dans une deuxième langue », relate-t-il.

L’université en anglais a donc agi comme un « outil de développement linguistique » pour ces jeunes. « Pendant les pauses […], on parlait toujours en français. Mais, quand la cloche sonne, c’est une université anglophone, donc on parle en anglais, tout le monde avec son accent », illustre-t-il. M. Milliard a vu dans le choix de ses étudiants « un passeport pour plus de portes ouvertes ».

Candidat dans la circonscription d’Orford, il s’est lui-même installé à North Hatley, une municipalité d’environ 700 résidents située à une vingtaine de kilomètres au sud de Sherbrooke. « D’après moi, il y a 350 francophones, 350 anglophones, observe-t-il. C’est vraiment un village qui représente ces deux réalités-là : tout le monde parle français et anglais. C’est quand même assez impressionnant, cette réalité-là, qui est méconnue. »

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