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« Chaque féminicide en est un de trop » : Labrie réagit à la promesse de Fréchette

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Christine Fréchette n'aura pas perdu de temps avant de se positionner en matière de lutte contre les féminicides. Elle veut aller de l'avant avec un projet de loi qui visera à les prévenir. La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, en avait fait la demande quelques heures plus tôt, mardi matin, dans une lettre ouverte, avec l'appui de quelque 600 personnalités. Plusieurs Estriens font partie du lot, dont la politicienne Manon Massé, l’animateur Jean-Philippe Dion et la députée de Sherbrooke Christine Labrie.

Évidemment, chaque féminicide en est un de trop. Ce dont on parle un peu moins souvent, c'est toutes les tentatives de féminicide dans ces femmes qui sont victimes, par exemple, d'étranglement, de violence physique extrêmement grave et qui échappent de près à la mort, malheureusement, souligne Mme Labrie.

Depuis le début de 2026, neuf féminicides ont été commis au Québec.

Le regroupement demande une loi Gabie Renaud – du nom de cette femme tuée l’an dernier à Saint-Jérôme par son conjoint, un multirécidiviste en matière de violence conjugale – qui permettrait aux femmes ou à leurs proches de vérifier si leur conjoint a déjà fait l’objet de plaintes ou de signalements pour violence conjugale.

Les antécédents judiciaires difficiles à trouver sont publics, mais les femmes doivent prendre des décisions éclairées, estime Ruba Ghazal. Cette proposition s’inspire de la loi Clare, en place ailleurs au Canada.

Ça pourrait faire toute la différence pour des personnes qui voient des drapeaux rouges se lever, mais qui se demandent si ça vaut la peine de poursuivre une relation, explique Christine Labrie.

[Christine Fréchette] en avait parlé pendant la course, le fait qu'elle revienne là-dessus aujourd'hui, dans son discours, est de très bon augure.

Pour Christine Labrie, la sécurité doit primer sur tout lorsqu’il est question d’un projet comme celui-ci, mais l’objectif demeure d’outiller les femmes afin qu’elles puissent faire des choix éclairés.

J'ai vu des policiers en commission parlementaire nous dire à quel point ils trouvent ça difficile parfois d’eux-mêmes connaître les antécédents quand ils intervenaient à la suite d’un appel, par exemple, pour une plainte de bruit ou qui sont témoins de situations de violence. Ils ne peuvent pas le dire à la personne qu'elle serait plus en sécurité si elle faisait ses valises et qu'elle partait, témoigne la députée.

Elle conclut en ajoutant qu’il est aussi impératif d’ajouter des places en maisons d’hébergement. D'ailleurs, Madame Fréchette a pris un engagement là-dessus, il va falloir qu'elle aille de l'avant parce que ce n'est pas tout de prendre une décision de quitter une relation. Il faut pouvoir le faire de manière sécuritaire.

Des réactions nuancées

Pour Julie Dionne, porte-parole de la Collective Pas une de plus, cette demande de Ruba Ghazal et des centaines d’autres ne représente pas que du positif.

Le moyen n'est pas mauvais, au sens où ça ajoutera un moyen à l'arsenal qui existe déjà, mais on pense que ce n'est pas le moyen de s'attaquer au problème. Personnellement, j'ai comme un petit malaise à laisser reposer sur les épaules des femmes la responsabilité de vérifier les antécédents de toutes les personnes qu'elles côtoient.

Je suis pour cette loi-là, je veux juste être très clair, mais je ne pense pas que c'est le moyen qu'il faut mettre en place pour régler ce problème-là. Ça nous prend vraiment une action beaucoup plus large.

Mme Dionne estime que c’est toujours bénéfique de voir autant de personnalités publiques appuyer la cause.

Pour les personnes qui sont en situation où elles vivent de la violence dans leur entourage, ou elles trouvent qu'elles sont à risque, ça envoie un message d'appui de la société parce que c'est assez difficile comme position, comme posture.

En ce moment, nos services publics sont en train de s'effondrer complètement. On demande à des femmes de prendre des mesures, mais il n’y a plus de places en maison, les demandes ont explosé. Il n'y a pas de logement pour se replacer. Il faut être capable de sortir du milieu, de se trouver un logement. Après ça, il y a des gens qui ont besoin de retourner aux études, énumère-t-elle.

Quand on n'a pas de filet social, les gens les plus vulnérables se retrouvent prisonniers de cette situation-là, puis ça multiplie les risques.

Elle salue toutefois la demande du regroupement pour la création d’un ministère des Droits des femmes et de l’Égalité. En ce moment, la question est gérée par le Secrétariat à la condition féminine, qui relève du Conseil du trésor.

Elle estime que ce serait d’avoir quelqu'un qui a un réel pouvoir pour prendre des décisions, influencer les décisions de ses collègues aussi, puis être capable de voir les impacts systémiques des décisions qui sont prises.

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