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Connu pour avoir été premier ministre et candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin n’a pas seulement capté les projecteurs pour ses discours politiques.
De son propre aveu à la presse en 1999, Lionel Jospin était un «austère», mais un «austère qui se marre». À l’annonce de la mort de l’ancien premier ministre socialiste sous la présidence de Jacques Chirac (1997-2002), dimanche 22 mars à 88 ans, de touchantes archives ont refait surface et laissent entrevoir une personnalité plus souple qu’il n’y paraissait.
L’homme des 35 heures, du PACS et de la couverture maladie universelle avait d’autres cordes à son arc que la politique, et a quelques fois accepté de les partager avec la France entière. En 1984, alors premier secrétaire du Parti Socialiste, il avait conquis le public de l’émission «Carnaval !», diffusée sur TF1, en poussant la chansonnette à l’invitation de Patrick Sébastien. «Parce qu’il a beaucoup, beaucoup d’humour, il a accepté de le faire. Vous vous êtes aperçus que depuis quelque temps, Yves Montant faisait de la politique», avait précisé le présentateur faisant référence à la participation du chanteur à l’émission de vulgarisation économique «Vive la crise» diffusée quelques semaines plus tôt sur Antenne 2. «Alors il était tout à fait naturel que monsieur Jospin très sérieusement nous chante une chanson d’Yves Montant qui s’appelle Les feuilles mortes».
Une main dans la poche du pantalon de son costume croisé et l’autre tenant un micro à fil, droit comme un i, il entonne le refrain d’une voix mélodieuse et plutôt juste - «C’est une chanson qui nous ressemble. Toi, tu m’aimais et je t’aimais. Nous vivions tous les deux ensemble» - et se dandine au rythme des applaudissements du public. «Une autre ! Une autre !» scande la foule debout, sitôt a-t-il terminé sa prestation. «Ça va faire plaisir à tous ceux qui aiment la chanson et ça prouve qu’il y a beaucoup de gens qui ne se prennent pas au sérieux, réagit le présentateur. Vous avez eu le trac hein.» Et Lionel Jospin de répondre, imperturbable «Oui oui, tout à fait».
«Tout petit acteur de trois minutes»
Star d’un soir du petit écran, Lionel Jospin s’est aussi essayé au cinéma. Huit ans après avoir quitté la scène politique après son échec au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, l’ancien premier ministre a accepté de jouer son propre rôle dans «Le Nom des gens», réalisé par Michel Leclerc en 2010. Un film dans lequel une jeune femme de gauche séduit des hommes de droite pour les convertir à ses idées politiques. «Ça se voyait qu’il était content de faire une bêtise», s’est souvenu jeudi 26 mars sur France Info l’actrice Sara Forestier, qui interprétait le rôle principal dans le film. «Il était stressé avant la scène et on a tout fait pour que ce soit joyeux. Et franchement, on s’est assez marrés». Selon l’actrice, il voyait sa participation comme un «adieu fait aux gens» après un «triste au revoir en politique».
Lionel Jospin était même venu défendre le film lors du festival de Cannes la même année. «C’est une deuxième visite : j’y suis venu il y a dix ans presque jour pour jour comme premier ministre, et là je viens comme un tout petit acteur de trois minutes dans un film qui s’appelle le nom des gens», avait-il déclaré dans une interview sur place au Parisien. Soucieux de ne pas paraître trop satisfait de lui-même, il avait ajouté : «Je trouvais que la seule justification d’être dans un film pour jouer mon rôle, c’était d’être un peu dans l’autodérision et l’ironie à propos de moi-même».
«Bon joueur de niveau modeste» de Basket
Dans son livre Lionel raconte Jospin (publié au Seuil en 2013), il est aussi revenu sur une autre passion : celle du ballon orange. «J’ai d’abord été goal au foot. C’est peut-être en jouant avec les mains que je suis arrivé au basket. Ce sport a été une grande passion», écrit-il, selon le site Actu.fr. Passion qui a accompagné ce «bon joueur de niveau modeste» toute sa vie. Selon le magazine français So Foot, ce fils d’enseignant protestant et militant à la SFIO (ancêtre du PS), avait représenté la France en 1962 lors d’une compétition interalliée de l’OTAN, lors de son service militaire.
En 1984, alors premier secrétaire du parti socialiste, il participe à un match amical réunissant plusieurs générations de basketteurs meldois pour le baptême du gymnase Fontaine à Meaux, où il a joué étant plus jeune. En débardeur rentré dans un short court rouge, tenue emblématique des années 1980, il inscrit deux paniers et remporte le match avec le (modeste) score de 28-22, raconte Le Parisien . À la fin de sa vie, il suivait particulièrement le prodige français Victor Wembanyama, jusqu’à se rendre à Levallois pour l’applaudir à ses débuts, puis à suivre ses matchs nocturnes avec les Spurs de San Antonio, son «club américain de cœur».


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