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Culture 01/03/2026 09:00 Actualisé le 01/03/2026 11:24
Entre la pression au mariage, l’ambiance des rallyes et les méchantes mamans, la romance d’époque de Netflix a perdu en modernité et n’est plus à notre goût.

LIAM DANIEL/NETFLIX
Yerin Ha et Luke Thompson, ici dans « La Chronique des Bridgerton » sur Netflix.
Ouf. La saison des mariages est (enfin) terminée. Du moins, pour la famille la plus convoitée de Londres. Ce jeudi 26 février, les quatre derniers épisodes de la quatrième saison de La Chronique des Bridgerton ont été mis en ligne sur Netflix, clôturant ainsi le tour devant l’autel d’un des fils de la fratrie, le beau Benedict.
Lui qui, jusque-là trouvait son plaisir dans le libertinage (avec des femmes ou des hommes), les fêtes alcoolisées et l’ambiance « underground » du Londres victorien, a tourné le dos à ses principes en opérant un retour dans la société ultra-codifiée les deux pieds en avant. La raison ? Un gros, très gros coup de foudre.
L’élue de son cœur s’appelle Sophie. Il l’aime. Elle aussi. Mais un problème de taille les empêche de vivre leur amour au grand jour. Lui est un noble. Elle, une servante (enfin, en partie). Des bâtons dans les roues, ils vont en trouver sur leur route, avant de pouvoir se dire « oui », contre l’avis de leurs nombreux détracteurs.
L’obsession du mariage
Ode à l’amour appelant à faire doucement fi des conventions et des barrières entre les classes sociales, cette nouvelle saison de la superproduction des studios de Shonda Rhimes recycle sa bonne vieille formule : une dose de progressisme dans un univers conservateur. Assez pour vaincre ce petit monde rétrograde ? Pas à notre goût.
À Mayfair, femmes et hommes ne pensent qu’à une chose : se marier. Et ce, y compris chez les enfants. Hyacinthe, la benjamine du groupe, n’est pas encore en âge de faire son entrée sur « le marché », mais s’y prépare déjà d’arrache-pied. Entre son apprentissage des bonnes manières et de la danse, l’adolescente en est même obsédée.
Oubliez les rallyes français, ces événements privés durant lesquels des jeunes d’ascendance noble sont réunis par leurs familles pour favoriser des unions de même rang. Dans La Chronique des Bridgerton, il faut parler de « préambule », du nom d’un bal pour enfants, qui trinquent à la limonade sous le haut patronat des parents.
Les méchantes mamans
Si chez nous ces clubs privés nés en 1950 favorisent aujourd’hui surtout la constitution d’un réseau professionnel, sur Netflix le mot d’ordre reste la bague au doigt. Cette saison, la pression s’accroît avec tout ce qu’il est possible de désagréable à voir : l’instauration de rivalités féminines et des mariages forcés à peine dénoncés, comme celui de Cressida Cowper.
Un climat poussiéreux entretenu par les matriarches de chaque maison. À gauche, on a Violet Bridgerton : maman poule trop sympa avec ses enfants, sauf ceux qui s’éloignent de la norme. À droite ? La méchante Araminta Penwood, prête à tout pour marier ses deux filles par argent, au risque de dissimuler la présence sur le testament de son feu mari d’une troisième héritière.
Personne ne leur résiste, pas même l’épicurien et oisif Benedict, en passe de devenir l’un des plus mornes personnages de la bande. Quid d’Éloïse, dont les attaques répétées contre ses idées féministes au fil de la saison semblent être sur le point de la faire abdiquer au nom de l’amour ? Tout le monde doit rentrer dans le rang. Nous, on en sort.


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