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Considérées comme une source potentielle mais encore peu étudiée de microplastiques domestiques, les éponges de cuisine ont fait l'objet d'une étude publiée dans la revue Environmental Advances. Les chercheurs ont voulu quantifier les particules libérées pendant la vaisselle et analyser leurs effets environnementaux à travers une analyse du cycle de vie.
Pour cela, l'équipe a combiné tests en laboratoire et science participative. Des ménages volontaires en Allemagne et en Amérique du Nord ont utilisé trois types d'éponges dans leur routine quotidienne. Chaque éponge a été pesée avant et après usage afin de mesurer la perte de matière.
En parallèle, les scientifiques ont reproduit les contraintes mécaniques du lavage à l'aide d'un dispositif automatisé baptisé « SpongeBot », capable de simuler les frottements subis par les éponges lors du nettoyage de la vaisselle.
Les trois types d’éponges étudiés (de gauche à droite, EU-con, AM-con et EU-org) présentent des couches de matériaux différentes et des proportions de plastique variables : 59,3 % pour EU-con, 41,9 % pour AM-con et 15,9 % pour EU-org. © Environmental Advances (2026)
Jusqu’à plusieurs grammes de microplastiques par an
Les résultats montrent que toutes les éponges testées libèrent des microplastiques au fil de leur utilisation. Selon leur composition, la quantité relâchée varie d'environ 0,68 à 4,21 grammes par personne et par an. Les modèles contenant moins de plastique en libèrent nettement moins.
À première vue, ces quantités semblent modestes. Mais extrapolées à l'échelle d'un pays comme l'Allemagne, elles pourraient représenter jusqu'à 355 tonnes de microplastiques par an si certains types d'éponges étaient utilisés dans chaque foyer.
Extrapolées à l’échelle d’un pays comme l’Allemagne, ces quantités pourraient représenter jusqu’à 355 tonnes de microplastiques par an
Une grande partie de ces particules est toutefois retenue dans les stations d'épuration. Malgré cela, plusieurs tonnes pourraient chaque année atteindre les milieux aquatiques ou les sols.
L’eau, principal impact environnemental du lavage
L'étude révèle cependant un résultat surprenant. L'impact environnemental du lavage de la vaisselle provient surtout de l'eau utilisée. Selon l'analyse du cycle de vie réalisée par les chercheurs, entre 85 et 97 % de l'impact environnemental total est lié à la consommation d'eau, bien plus qu'aux émissions de microplastiques.
Les chercheurs identifient néanmoins plusieurs pistes pour réduire l'empreinte environnementale de cette tâche quotidienne : utiliser moins d'eau, privilégier des éponges à faible teneur en plastique et les conserver plus longtemps afin de limiter la consommation globale de ressources.


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