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Cette décision de la Cour suprême américaine relance les craintes de « trucage » des midterms par Donald Trump

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International 25/08/2026 10:01 Actualisé le 25/08/2026 11:13

La Cour suprême a validé un décret de Trump visant à restreindre le vote par correspondance, relançant des accusations de « trucage » des élections par les démocrates.

Par Timothée Barnaud avec AFP

Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 3 août 2026.

JIM WATSON / AFP

Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 3 août 2026.

Une petite victoire pour Donald Trump dans sa lutte pour restreindre le vote par correspondance. La Cour suprême américaine, majoritairement conservatrice, a autorisé lundi 24 août et jusqu’à nouvel ordre l’entrée en vigueur d’un décret présidentiel en ce sens. De quoi créer des inquiétudes dans le camp démocrate, à un peu plus de deux mois des élections de mi-mandat.

Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux États américains de voter par correspondance. Le président américain affirme que de nombreux étrangers participent de cette manière au scrutin, bien que le phénomène soit extrêmement rare, selon les statistiques officielles.

Il fait également peser sur cette pratique l’une des raisons principales de sa défaite − qu’il ne reconnaît toujours pas − en 2020 face au démocrate Joe Biden.

Le président américain a donc signé le 31 mars un décret destiné à encadrer plus sévèrement le vote par correspondance. Concrètement, alors que l’organisation des élections incombe normalement aux États, cette décision ordonne aux services de l’immigration et de la Sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter, et au service des Postes de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes figurant sur cette liste.

Une suspension seulement sur la forme

Ce décret a fait bondir les démocrates qui se sont empressés de le contester en justice, accusant Donald Trump de vouloir s’approprier le contrôle des élections. Des États gouvernés par les démocrates étaient même parvenus à obtenir d’un tribunal fédéral de première instance la suspension de cette décision.

Mais, sans se prononcer sur le fond, la Cour suprême, contre l’avis des trois juges progressistes (sur neuf au total), a ainsi décidé de lever cette suspension, considérant notamment qu’elle cause un préjudice au gouvernement fédéral, contrairement aux États.

Cette décision « ne signifie pas que quelque mesure que le gouvernement prendra pour appliquer ce décret sera nécessairement légale. De ce point de vue, l’avenir le dira », précise néanmoins la Cour.

Les trois juges progressistes ont souligné leur désaccord avec cette décision, concluant au contraire que les États sont directement lésés par ces modifications significatives des règles électorales. « Cette décision viole des précédents bien établis et injecte inutilement du chaos et de l’incertitude dans les élections de mi-mandat à venir », a regretté Ketanji Brown Jackson, l’une de ces trois juges.

Les démocrates vont poursuivre les recours

Le camp démocrate est allé plus loin dans la critique, accusant l’administration Trump de vouloir « truquer » les élections de mi-mandat, qui s’annoncent très tendues. « Donald Trump souhaite compliquer le vote pour les Américains afin qu’ils ne puissent pas le tenir pour responsable de l’envolée des coûts, de la guerre illégale et de la corruption endémique », a dénoncé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

« Nouveau jour, nouvelle tentative de Trump de truquer les élections et de détruire notre démocratie », a écrit le gouverneur de Californie Gavin Newsom sur X, annonçant que son État intenterait une nouvelle action en justice. « Trump tente désespérément de truquer les règles du scrutin de 2026. […] Ce sont les États – et non Trump – qui organisent nos élections, et l’État de droit DOIT être respecté. Ce combat n’est pas terminé », a affirmé le sénateur démocrate de Californie, Alex Padillo.

L’administration Trump a de son côté évidemment célébré cette décision. « C’est une victoire majeure pour la sécurité des élections américaines. Il s’agit de mesures de bon sens qui protègent la sécurité des bulletins de vote par correspondance et garantissent que seuls les Américains élisent les dirigeants américains », a déclaré Lauren Bis, porte-parole de la Maison Blanche.

Cette mesure est néanmoins encore loin d’entrer définitivement en vigueur, la Cour suprême ne s’étant prononcée que sur la forme. Et tant mieux pour… Donald Trump lui-même : ce dernier a ainsi voté par correspondance pour la primaire républicaine de Floride il y a quelques jours. Une preuve que ce qui dérange peut-être le plus le président américain est le fait que des personnes ne votent pas pour lui.

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