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Jugé pour avoir agressé une boulangère au couteau à Clermont-de-l'Oise, l'homme s'est présenté ivre au tribunal de Beauvais, ce lundi 24 août 2026, jour de son audience.
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Par Léa Mosco Publié le 26 août 2026 à 6h08
Une audience de comparution immédiate vraiment pas comme les autres s’est déroulée au tribunal judiciaire de Beauvais (Oise) ce lundi 24 août 2026. Un homme de 39 ans devait être jugé pour avoir agressé une boulangère et des passants à Clermont en faisant usage d’un couteau, le tout en étant fortement alcoolisé. Mais avant et pendant son procès, les choses ne sont pas déroulées comme prévu.
Il arrive alcoolisé au tribunal
En effet, à son arrivée devant les portes du tribunal, le prévenu se montre alcoolisé. En le croisant devant le bâtiment, celui-ci a tout simplement demandé s’il pouvait rentrer avec sa bouteille d’alcool dans l’établissement en la cachant sous son t-shirt. Ce qui lui serait évidemment refusé.
Il explique devoir passer devant la juridiction pour avoir « agressé des passants dans la rue » et « être rentré dans une boulangerie pour prendre la caisse ». Des faits qui, selon lui, sont tout à fait « banals et pas trop graves ».
Étant en totale incapacité de pouvoir assister à son audience du fait de son importante alcoolisation, il a autorisé le tribunal à le juger en son absence. Sa bouteille de rosé à bas prix, quant à elle, a été retrouvée entièrement vide dans un cendrier, à la sortie du tribunal.
Une lame de 20 cm sous le t-shirt
Le jour des faits, le 3 juillet dernier, l’homme déambule dans un état d’ébriété avancé. Son seul objectif : trouver de l’argent et des cigarettes. Il accoste un groupe de jeunes mineurs mais ceux-ci refusent de lui donner des cigarettes. Face à cela, il soulève son t-shirt pour dévoiler le manche d’un couteau de cuisine, doté d’une lame de 20 centimètres !
La tension monte lorsqu’il pénètre dans la boulangerie où il tente de s’emparer de l’argent de la caisse. Face à la résistance de la commerçante, celui-ci lui aurait dit « Je connais ton adresse, je vais venir te tuer. »
Un homme « déshumanisé » par les addictions
Lors de son audition, le prévenu peine à s’expliquer. Au moment des faits, il était sous l’emprise d’une dizaine de cachets de Seresta et d’une forte dose d’alcool. Il affirme ne se souvenir de rien et croire la parole des témoins. « Si les gens disent que j’ai fait ça, c’est que ça doit être vrai » lâche-t-il. Consommateur de stupéfiants et de drogues dures depuis l’âge de 15 ans et souffrant d’un début de cirrhose, il ne cache pas son souhait d’aller en prison, persuadé que cela « le fera arrêter de boire ».
Pour l’avocate de la défense, ce dossier relève d’une profonde pathologie médicale.
C'est un homme déshumanisé, détruit, il ne tient pas debout car il boit. Il n'a aucun ressort psychologique et psychique. A 39 ans, son corps est usé notamment avec sa fibrose. L'alcool n'est pas une excuse mais un élément aggravant de sa propre déchéance. Il n'a aucune conscience de ce qu'il fait.
Un comportement jugé trop dangereux par la procureure
Pour la représentante du ministère public, la clémence n’a pourtant plus sa place. Soulignant le caractère « extrêmement dangereux » et le comportement « imprévisible » du prévenu, le parquet rappelle qu’il a menacé d’égorger quiconque appellerait la police. Enfin, la procureure rappelle que Jérôme a déjà été condamné le 3 juin 2026, soit un mois avant les faits, à un sursis probatoire pour des violences.
Estimant que cet avertissement n’a pas suffi et qu’il a déjà « la justice derrière lui », elle requiert une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire renforcé pendant deux ans, avec mandat d’arrêt et la révocation totale de son précédent sursis.
Après délibération, le tribunal a tranché en deçà des réquisitions de la procureure. Il sera finalement condamné à six mois d’emprisonnement ferme avec mandat d’arrêt. Une peine qui le met, pour un temps, à l’écart des rues de Clermont, en espérant que cette incarcération amorce un sevrage vital.
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