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Le conservateur Chris Philp donnait une interview à la BBC depuis un bateau de pêche dans la Manche lorsque plusieurs détonations venant d’un navire français ont retenti.
Dix-sept coups de feu en 7 secondes. Un journaliste de la BBC interrogeait le député britannique Chris Philp au sujet des traversées de personnes migrantes dans la Manche lorsque les deux hommes ont été interrompus par une série de détonations venant d’un navire de la Marine française, ce mardi 28 juillet en milieu de matinée.
Le député conservateur, également secrétaire d’État à l’Intérieur du cabinet fantôme, avait pris la mer en direction des côtes françaises pour dénoncer l’inaction de Paris, selon lui, dans la lutte contre les traversées illégales. « Il y a derrière moi un navire de l’armée française et un énorme canot pneumatique rempli de migrants illégaux qui vient juste de quitter les côtes françaises, raconte-t-il dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux. Un petit bateau de l’armée française va à sa rencontre, mais ni lui ni le navire ne font quoi que ce soit pour arrêter le canot. »
L’élu était accompagné d’un journaliste de la BBC pour donner une interview depuis le bateau de pêche sur lequel il avait embarqué. C’est à ce moment-là, alors qu’il répondait à une question, que des coups de feu ont retenti, comme on peut l’entendre dans une vidéo postée par le député et visible ci-dessous. Sur une capture d’écran partagée par la BBC, on distingue un patrouilleur, casque antibruit sur les oreilles et arme à la main, tirer vers la mer dans une direction opposée à la caméra.
« On aurait dit des tirs de semonce ou une tentative d’intimidation », assure Chris Philp. « Aucun exercice n’avait été annoncé (..) Il pourrait s’agir de tirs de semonce », abonde de son côté le capitaine du bateau de pêche, interrogé par le député lui-même dans sa vidéo. Même son de cloche du côté du journaliste de la BBC Michael Keohan, qui confirme « qu’aucune alerte » n’avait été donnée par le navire français, situé à environ 300 mètres d’eux selon lui.
« Le gabarit de sécurité a été respecté »
Interrogée par Le HuffPost, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord assure que toutes les précautions ont été prises et que les Britanniques n’étaient pas visés par les tirs. Le Flamant, un patrouilleur de service public (PSP), n’était alors « pas engagé dans une opération de surveillance d’embarcation de migrants », comme le laisse entendre le député britannique dans l’une de ses vidéos, et procédait « à un exercice de tir à l’arme de poing au large du cap de Gris-Nez » dans le Pas-de-Calais, explique-t-elle.
Une démarche régulière, qui « fait partie de l’activité normale d’un bâtiment en opérations », afin de garantir le « haut niveau d’opérabilité » des unités de la Marine nationale « dans le contexte international actuel ».
« Les signaux réglementaires tels que prévus par les normes internationales pour cet exercice de tir ont été arborés, et le gabarit de sécurité a été respecté », assure la préfecture, qui ajoute que l’exercice était « sans lien avec la présence d’un navire britannique dans la zone, qui se trouvait hors de portée des tirs ».
Une version jugée « pas crédible » par Chris Philp qui estime que la Marine a voulu le faire taire sur le sujet de l’immigration. « Ils ont tiré lorsqu’ils étaient au plus près de nous », insiste-t-il sur X. Cité par la BBC, le ministère de l’Intérieur britannique précise être « en contact avec les autorités françaises pour comprendre le contexte complet de cet incident ».


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