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Cet artiste franco-albertain met la culture ukrainienne à l’honneur pour Pâques

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Depuis plus de 40 ans, l’artiste Paul Gagné entretient une passion pour les pysanky, des œufs de Pâques décoratifs populaires dans la culture ukrainienne.

D’héritage franco-albertain, il explique que son désir de se lancer dans leur confection est né de son union avec son épouse, Ukrainienne de troisième génération.

Elle achetait ces œufs d'une dame qui les fabriquait, et je me suis dit, pourquoi est-ce que je ne les ferais pas moi-même?, raconte-t-il.

Armé de patience, de curiosité, et de quelques livres d’instruction, l’artiste s’est enseigné de manière autodidacte à maîtriser la technique nécessaire pour réaliser ces œufs traditionnels.

Ce n'étaient pas les œufs qu’on avait chez nous, qui étaient en chocolat ou qu’on faisait bouillir pour manger. Ils sont très uniques, alors j’ai voulu comprendre comment s’y prendre pour les faire.

Paul Gagné est assis à une table avec un pysanky à la main.

Le processus de confection des pysanky peut prendre de 12 à 15 heures, selon l'artiste Paul Gagné.

Photo : Radio-Canada

Les pysanky, œuvres de grande minutie, sont profondément ancrés dans la tradition. Chaque symbole et chaque couleur ont une signification qui leur est propre.

Le blanc représente la pureté; le noir, nos ancêtres; et le rouge, la joie. On retrouve des croix, qui représentent la chrétienté, soutient-il.

Deux mains tiennent un oeuf de Pâques traditionnel.

Chaque motif et chaque couleur ont une signification qui leur est propre.

Photo : Radio-Canada

Même si l’on pourrait croire que les détails sont peints à la main, leurs motifs sont plutôt issus d’une technique de gravure à la cire.

On appelle ça "écrire" les œufs, plutôt que les peindre. Le mot pysanky vient d’ailleurs du mot ukrainien pour écrire, pysaty, souligne-t-il.

Une fois la cire blanche appliquée sur la coquille d’un œuf cru, ce dernier subit plusieurs étapes de teintures, passant du jaune, à l'orangé, au rouge et puis au noir.

L'œuf est ensuite vidé, puis mis dans un four pour que la cire fonde et que les motifs soient révélés.

Quelques unes des œuvres de Paul Gagné.

Quelques unes des œuvres de Paul Gagné.

Photo : Radio-Canada / Eve Côté

Cette tradition demande un travail de précision de longue haleine : selon Paul Gagné, il faut compter au moins 12 heures pour décorer chaque œuf.

Pour l’artiste, les pysanky sont aussi une façon de préserver l’héritage culturel de la diaspora ukrainienne.

En Ukraine, évidemment, il se passe beaucoup de choses. C'est difficile de maintenir sa culture quand on cherche à se sauver et à [survivre]. Alors on veut que la culture vive, et comme ce n’est pas possible là-bas, on la fait vivre ici.

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