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Avant que l’identité du candidat du RN soit connue, le parti caracolait en tête des intentions de vote. Condamnée mais candidate, Marine Le Pen ne fait pas mentir cette dynamique à 10 mois du premier tour.

FRED TANNEAU / AFP
Marine Le Pen, tout sourire le 8 juillet 2026, au premier jour de sa campagne présidentielle, malgré sa condamnation en appel.
Une (double) condamnation, et alors ? Reconnue coupable en appel dans le procès des assistants parlementaires du Front national mais malgré tout éligible, Marine Le Pen a annoncé dans la foulée sa quatrième candidature à la présidentielle. La décision a outré le reste de la classe politique et pour son premier déplacement de campagne ce 8 juillet, la candidate du RN a été reçue avec des casseroles. Mais tout cela n’affecte pas les électeurs du parti d’extrême droite.
Selon une enquête Ifop pour LCI et Le Figaro réalisée entre le 7 juillet à 20h, moment de l’annonce de sa candidature après sa condamnation, et ce mercredi 8 juillet, Marine Le Pen gagne quatre points dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Elle est désormais sondée à 36 % contre 32 %, selon la même enquête réalisée mi-juin.
Un sondage Toluna pour RTL publié ce mercredi soir reflète une progression similaire. Marine Le Pen récolte 35 % des intentions de vote, alors que dans l’enquête précédente du 29 mai, le RN - représenté par elle ou Jordan Bardella - était donné à 32 %. Ceci, malgré la double reconnaissance de sa culpabilité pour détournement de fonds publics - elle demeure présumée innocente, dans l’attente de l’arrêt de la Cour de cassation.
Les électeurs du RN majoritairement satisfaits de sa candidature
Le choix de Marine Le Pen d’être candidate l’a aussi obligé à revenir sur au moins deux de ses paroles. D’une part, son refus de faire campagne sous bracelet électronique, désormais évacué par la suspension des peines induites par son pourvoi en Cassation. Mais surtout, Marine Le Pen se voit renvoyée à ses propres contradictions, alors qu’elle s’est longtemps dépeinte comme irréprochable face à une classe politique marquée par « les affaires ». En 2003 elle se présentait ainsi comme le porte-voix des « Français (qui) en ont marre de voir des élus qui détournent de l’argent ». Avant de réclamer en 2013 l’inéligibilité à vie pour les élus condamnés dans le cadre de leurs fonctions. Si elle avait abouti, cette demande aurait mis un terme à sa carrière politique.
Pas de quoi chambouler les cadres, ni les électeurs, à en croire nombreuses études. La candidature de Marine Le Pen est effectivement approuvée par les sympathisants du RN à 67 %, dans une autre étude Odoxa-Backbone pour Le Figaro et à 68 % dans celle conduite par Elabe pour BFMTV. Les deux instituts notent que 32 % à 37 % de ces électeurs considèrent que Marine Le Pen a tort de se présenter.
Fait notable dans les enquêtes Ifop et Toluna, le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon est le seul avec Marine Le Pen, à progresser dans les intentions de vote du premier tour, avec deux points supplémentaires. À l’inverse, Édouard Philippe perd un point (19 %) dans le sondage Ifop et Gabriel Attal stagne à 15 dans une configuration où il est le seul prétendant héritier de la macronie.


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