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Ces habitants de Sardaigne vieillissent mieux et voici ce qui fait la différence

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Vivre jusqu’à cent ans en pleine forme n’est pas qu’une affaire de gènes chanceux ou d’huile d’olive versée à profusion. En Sardaigne, cette île italienne baignée de soleil qui abrite l’une des célèbres Blue Zones de la planète, un facteur longtemps resté dans l’ombre vient d’attirer l’attention : la personnalité. Curiosité, ouverture d’esprit, gestion des émotions… Les habitants de cette région du centre-est italien partagent des traits psychologiques bien particuliers qui semblent les aider à traverser les décennies sans plier. Une piste fascinante qui bouscule notre vision du vieillissement réussi et ouvre, pour chacun d’entre nous, des perspectives étonnamment concrètes.

Ce que vous allez apprendre :

  • Pourquoi les Sardes des Blue Zones vieillissent différemment de leurs voisins
  • Les traits de personnalité qui font la différence sur la longévité
  • Les habitudes quotidiennes à adopter pour un vieillissement épanoui

La Sardaigne, ce laboratoire à ciel ouvert de la longévité

Depuis le début des années 2000, une poignée de régions du monde intriguent les chercheurs par leur incroyable concentration de personnes très âgées et en bonne santé. On les appelle les Blue Zones. Elles sont au nombre de quatre : Okinawa au Japon, Ikaria en Grèce, Nicoya au Costa Rica, et bien sûr la Sardaigne, dans son centre-est montagneux. Ces territoires sont devenus de véritables laboratoires à ciel ouvert où l’on tente de percer le secret d’une vie longue et épanouie.

Longtemps, on a mis cette longévité sur le compte de l’alimentation, de l’activité physique quotidienne ou d’un patrimoine génétique favorable. Mais une question restait en suspens : et si la façon d’être, la manière d’aborder la vie, comptait tout autant ? C’est précisément ce que des travaux récents ont voulu explorer, en comparant les habitants de la Blue Zone sarde à ceux de zones rurales voisines, pourtant très proches géographiquement.

Ce que la personnalité change vraiment dans la façon de vieillir

Ce que la personnalité change vraiment dans la façon de vieillir Crédit : © Pexels

Pour y voir plus clair, un suivi a été mené auprès de 125 adultes âgés de 71 à 101 ans, vivant tous au sein de leur communauté, les uns dans la Blue Zone, les autres dans une région voisine hors de cette zone. Le résultat est frappant : les résidents de la Blue Zone se distinguent par des scores nettement plus élevés en ouverture à l’expérience. En clair, ils sont plus curieux, plus enclins à essayer de nouvelles activités, à s’aventurer hors des sentiers battus. Ils affichent également une meilleure compétence émotionnelle, cette capacité à comprendre et à réguler ses propres ressentis.

À l’inverse, un trait ressort comme le plus clairement associé à une moins bonne qualité de vie liée à la santé : le névrosisme, cette tendance à l’anxiété, à la déprime et au doute de soi. Là où l’ouverture, la conscienciosité et l’agréabilité vont de pair avec un meilleur bien-être psychologique, la propension à ruminer et à s’inquiéter pèse lourd sur le ressenti global. La personnalité ne serait donc pas un simple décor, mais bien un moteur du vieillissement réussi.

Onze heures par semaine qui changent tout

Cette ouverture d’esprit ne reste pas théorique : elle se traduit concrètement dans l’emploi du temps. Les habitants de la Blue Zone consacrent en moyenne 11,3 heures par semaine à des loisirs et à des activités mentalement stimulantes, comme la lecture ou le jardinage. Leurs voisins de la zone rurale hors Blue Zone, eux, n’y passent que 6,8 heures. Presque le double, donc, pour ceux qui vieillissent le mieux.

Ces occupations ne sont pas anodines. Qu’elles sollicitent le cerveau, le corps, ou les deux à la fois, elles entretiennent une forme d’élan vital. Bêcher son potager en cette saison estivale, se plonger dans un roman, apprendre quelque chose de nouveau : autant de gestes simples qui, additionnés semaine après semaine, façonnent un mode de vie tourné vers l’engagement plutôt que vers le repli. La différence ne se joue pas dans l’extraordinaire, mais dans une régularité tranquille.

Ce que nous pouvons tous retenir des centenaires sardes

La bonne nouvelle, c’est que ces enseignements ne sont pas réservés aux insulaires méditerranéens. Si l’on ne choisit pas son code génétique, on peut en revanche cultiver certaines dispositions. Rester curieux, oser de nouvelles activités, entretenir des liens agréables avec les autres et apprendre à mieux vivre ses émotions : voilà des leviers accessibles à tout âge. L’Organisation mondiale de la santé rappelle d’ailleurs que la qualité de vie relève avant tout de la perception qu’a chacun de sa place dans la vie.

Réserver quelques heures par semaine à ce qui nourrit l’esprit et le corps semble une piste modeste, mais redoutablement efficace. Loin des recettes miracles, les Sardes nous rappellent que bien vieillir tient peut-être surtout à la manière dont on habite ses journées. Et si le véritable élixir de longévité n’était finalement qu’une question de curiosité entretenue ?

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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