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Certaines pancartes interdites en manifestation, Laurent Nuñez à la peine pour justifier certains cas

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Dans un échange organisé à la rédaction du « Parisien », le ministre de l’Intérieur s’est retrouvé face à un lycéen qui s’est retrouvé dans ce cas lors d’une manifestation.

Des pancartes photographiées dans les manifestations lycéennes en France, entre les 6 et 13 octobre 2026.

AFP

Des pancartes photographiées dans les manifestations lycéennes en France, entre les 6 et 13 octobre 2026.

À l’approche de la grande journée de mobilisation du 17 octobre, fédérant des revendications multiples des gilets jaunes aux lycéens, Laurent Nuñez multiplie les apparitions médiatiques. Sur le plateau de Télématin sur France 2 ce vendredi 16 octobre, il a notamment confirmé que les grenades assourdissantes, dont l’usage a été suspendu « pour le mouvement lycéen », pourront être utilisées samedi en cas de « violences urbaines extrêmement graves ».

La veille, le ministre de l’Intérieur se trouvait cette fois face à sept lycéens âgés de 15 à 17 ans, dans le cadre d’un échange organisé par Le Parisien. L’une des questions a porté sur l’interdiction de certaines pancartes lors de précédentes manifestations lycéennes, comme celle du 6 octobre à Paris. Un constat fait par Radio Nova, qui avait publié le lendemain une vidéo où l’on pouvait voir des pancartes confisquées par les forces de l’ordre.

Dans la manifestation parisienne du 8 octobre, Mediapart avait aussi pu observer le même manège, notamment pour une pancarte où il était écrit « On vise le bac, la BAC nous vise ». « À sa lecture, un policier s’en empare, puis s’en va la ranger dans un local de la RATP, où d’autres cartons griffonnés gisent par terre », racontait un journaliste du média d’investigation en reportage.

« Des forces de l’ordre filtrent et parfois confisquent les pancartes à l’entrée des manifestations. Est-ce vous qui avez donné ces instructions ? », demande ainsi à Laurent Nuñez l’une des lycéennes du panel du Parisien, Éléonore.

« C’était un bout de carton »

« Ce n’est pas moi qui ai donné ces instructions. Une pancarte, cela relève de la liberté d’expression. Mais il y a des pancartes qui peuvent être diffamantes, insultantes, voire pire, apologiques. Certains mouvements font l’apologie du Hamas, d’autres utilisent des pancartes avec des messages antisémites ou racistes. Ce sont ces propos que l’on traque. C’est une mesure de police administrative qui vise à éviter une infraction », argumente alors le ministre de l’Intérieur.

« Donc, effectivement, certains policiers ou gendarmes ont effectué des contrôles et ont retiré certaines pancartes qui sont aussi collées à des bâtons en bois, qui peuvent servir d’arme », ajoute-t-il.

Le moment plus embêtant pour le ministre arrive juste après, quand Adham lui raconte avoir vu sa pancarte confisquée par un policier lors d’une manifestation à Herblay dans le Val-d’Oise. Dessus, il y était écrit : « Toujours fâché, jamais facho ». Pour le lycéen, « c’est une censure ».

« Je suis assez d’accord. Oui, je ne vois pas… », répond alors Laurent Nuñez, qui lui demande ensuite : « alors après, après, tu as une autre hypothèse - je ne veux pas défendre à tout prix ce qui a été fait -, mais tu as une autre hypothèse, c’est que la pancarte, c’était quelque chose qui peut (blesser)… Elle était grande ? » « C’était un bout de carton », selon Adham. « Alors non, non ce n’est pas normal. Ce n’est pas normal. Parce que des fois non, des fois attention, dans les manifs, quand il y a un bout de bâton, un truc, ça peut être une arme tranchante, ce n’est pas normal. Je suis d’accord », convient finalement le ministre.

Selon les estimations des autorités, environ entre 70 000 et 140 000 personnes devraient manifester ce samedi en France.

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