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Centraide s’associe à l’industrie minière pour lancer un fonds d'investissement social en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec. Cette initiative unique au Canada a pour but de renforcer le tissu social des deux régions à court, moyen et long terme.
À terme, Centraide souhaite capitaliser un total de 15 M$ d’ici dix ans avec ses partenaires miniers dans le Fonds d’investissement social de l’industrie minière (FISIM).
C’est l’aboutissement d’un travail de deux ans et demi qu’on fait chez Centraide ATNQ avec des partenaires de l’industrie minière. Au cours des dernières années, on a délaissé l’approche charitable pour agir vraiment à titre d’investisseur social plus stratégique, explique Mélanie Perreault, directrice Développement et partenariats chez Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec.
Déjà partenaires dans différents événements, Centraide et l’industrie minière ont voulu pousser plus loin leur collaboration.
On cherchait comment on pouvait développer un partenariat encore plus structurant. Quelque chose qu'on pourrait ancrer dans une perspective de pérennité et qui répondrait aux ambitions des deux parties, autant chez Centraide qu'au sein de l'industrie.
On s'est dit : “Pourquoi on ne se mobiliserait pas pour donner les moyens à Centraide d'avoir une capacité plus importante de pouvoir investir dans la communauté maintenant et pour l'avenir?“ Par un fonds de dotation comme celui-là, on vient réinjecter, le moment venu, 5 % minimum dans la communauté par année. Et ultimement, s'il y a des enjeux ou de plus grands bouleversements, Centraide aura les moyens aussi de pouvoir investir davantage, précise Mme Perreault.

Mélanie Perreault, directrice Développement et Partenariats chez Centraide Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Ainsi, quand il atteindra 15 M$, le FISIM générera au moins 750 000 $ d’intérêts par année, somme qui sera réinvestie dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en Abitibi-Témiscamingue et dans le Nord-du-Québec.
Annuellement, nous aurons une rencontre, un moment privilégié où l’on va se réunir avec les membres fondateurs, l’UQAT et ses observatoires ainsi que certains élus pour voir comment performe notre fonds et ouvrir le dialogue sur les enjeux sociaux de l’heure, les priorités des communautés. Pas pour choisir l’attribution des fonds à des projets spécifiques, ça c’est le core business de Centraide, mais d’orienter ensemble, ajoute Mélanie Perreault.
Des membres fondateurs
Déjà une quinzaine de membres fondateurs issus du monde minier se sont engagés à contribuer 3 M$ sur 5 ans au FISIM. On y retrouve des entreprises minières comme Agnico Eagle, Dhilmar Mine Éléonore, Eldorado Gold Québec et Iamgold Westwood, mais aussi des sociétés juniors d’exploration, des fournisseurs et des consultants.

Le Fonds d'investissement social de l'industrie minière a été présenté à plusieurs représentants du milieu minier, des élus et des partenaires, mercredi, à Val-d'Or.
Photo : Gracieuseté - Centraide ATNQ
La minière Troilus Gold, présente dans le Nord-du-Québec, est partenaire fondateur du FISIM dans la plus grande catégorie, soit Leader du territoire.
On est très très sensible à la cause parce que ce sont des petites communautés à Chibougamau, Chapais et Mistissini. Lorsqu'une minière comme la nôtre arrive dans un milieu comme celui-là, ça a souvent des impacts sociaux majeurs. On met une pression plus grande sur le milieu, sur bien des services aussi. Et puis ça génère des enjeux des fois ou des difficultés sociales qui n'existaient pas avant qu'on arrive dans le milieu, reconnaît Daniel Bergeron, vice-président Relations gouvernementales et Projets spéciaux chez Troilus Gold.
C'était un réflexe naturel pour nous. C'est des petites communautés. On connaît bien les organismes communautaires. Puis ils sont soutenus, pour la majeure partie d'entre eux, par Centraide.
Ce partenariat permettra aussi aux entreprises minières de remplir plus facilement leurs obligations sociales prévues dans la Loi sur les mines.
Tout au long de la durée de vie de la mine, on met un dépôt pour le plan de fermeture, des sommes quand même importantes pour l'environnement. Et maintenant, depuis je dirais une année ou deux, ce règlement n'est plus juste lié à l'environnement, il est lié également à déposer ou investir des sommes sur le plan social à la fin de la durée de vie de la mine, précise M. Bergeron.
De grands besoins
Impliqué au sein de Centraide avant d’être élu maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau a vu le projet évoluer. Aujourd’hui président de la Conférence des préfets, il s’est dit très ému de voir le FISIM voir le jour.

Gilles Chapadeau, maire de Rouyn-Noranda et président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On a de grands besoins sur l'ensemble du territoire. Je peux en témoigner au nom de mes collègues de la Conférence des préfets. Donc ça va aider dans les missions de l'État pour lesquelles on n'a pas toujours les ressources nécessaires. De voir qu'il y a une mobilisation des entreprises minières qui participent au développement économique, et maintenant au développement socio-économique de nos communautés, j’en suis très heureux, confie M. Chapadeau.


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