Le mot vient d’arriver dans nos bureaux: workslop, de slop, la pâtée. Du contenu généré par IA, lisse, structuré, et vide. Un rapport de douze pages qui ne décide rien. Un e-mail de synthèse qui synthétise un e-mail. Sa signature: il a l’apparence exacte du travail, sans qu’aucun travail n’ait eu lieu.
Le mécanisme est simple et c’est ce qui le rend redoutable. Produire du workslop prend vingt minutes. Le recevoir coûte deux heures: lire, comprendre que ça ne dit rien, vérifier, reformuler la question, relancer. Une étude de l’Université Stanford et BetterUp de l’automne dernier chiffrait le phénomène: quatre employés sur dix en avaient reçu dans le mois, près de deux heures perdues à chaque fois. L’IA n’a pas supprimé le travail. Elle l’a déplacé vers celui qui reçoit, sans le prévenir.


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