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Économie 14/08/2026 12:31 Actualisé le 14/08/2026 13:33
Un cybercriminel s’est attaqué cet été au système d’information du fisc et au Serveur professionnel de données cadastrales. Deux à trois millions de Français pourraient être concernés.
Par Vincent Gibert avec AFP

LAGEAT PERROTEAU / Hans Lucas via AFP
Devant un Centre des Finances publiques, dans le 9e arrondissement à Paris, le 18 octobre 2024. (photo d’illustration)
Le communiqué du ministère de l’Action et des Comptes publics est tombé jeudi 13 août, dans la soirée. Le système d’information du fisc a été victime fin juin d’un « accès illégitime », permettant « la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels », annonce celui-ci.
Plus récemment mais sans date précise donnée à ce stade, dans une autre cyberattaque revendiquée par le même pirate, c’est le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC) de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) qui a spécifiquement été ciblé. De deux à trois millions de personnes seraient concernées par cette cyberattaque en deux temps.
Ce n’est pas la première fois que Bercy est attaqué en ligne par des pirates après, déjà, un acte malveillant en début d’année ciblant le fichier Ficoba, qui recense l’ensemble des comptes bancaires ouverts en France. Ci-dessous, Le HuffPost fait le point sur chaque élément à connaître de ces deux nouveaux cas de piratage massifs.
· Comment s’est déroulé le piratage visant impots.gouv.fr ?
Selon le site spécialisé French Breaches, qui documente les cyberattaques commises en France, le cybercriminel, sous le pseudonyme ZeroBytes, a laissé le 12 août un message sur un forum de hackers revendiquant l’intrusion. Pour y parvenir, il a compromis des serveurs internes et obtenu un accès à un VPN donnant accès à un outil interne de recherche sur les particuliers et les professionnels.
« Mercredi, un acteur malveillant a revendiqué un accès illégitime au système d’information de la Direction générale des Finances publiques, intervenu fin juin 2026, après une usurpation d’identité, explique Bercy dans son communiqué. Les premières investigations confirment que cet accès, qui avait été coupé fin juin dans le cadre du contrôle opéré, a néanmoins permis la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels. »
Toujours selon FrenchBreaches, il s’agirait du même cybercriminel déjà derrière plusieurs piratages en France, notamment ceux visant Intermarché et la Fédération française de handball durant les dix premiers jours de ce mois d’août.
· Qui sont les victimes ?
Bercy ne donne aucun ordre de grandeur du nombre de victimes. Mais French Breaches faisait cependant état jeudi matin sur son site de 678 437 personnes qui seraient concernées, dont 392 867 particuliers et 285 570 professionnels, et sur X que « le fichier serait désormais en vente pour plusieurs milliers d’euros ».
· Comment s’est déroulé le piratage visant le Serveur professionnel de données cadastrales ?
« Une nouvelle fuite liée à la DGFiP », concernant cette fois « près de deux millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France, est revendiquée », a indiqué jeudi soir un responsable de French Breaches par mail à l’AFP. D’après le site spécialisé, il s’agit toujours du cybercriminel ZeroBytes.
· Qui sont les victimes ?
French Breaches faisait état ce vendredi matin sur son site de 252 149 lignes de données fiscales recueillies par le cybercriminel. Mais, étant donné qu’une même ligne peut contenir plusieurs titulaires, le pirate revendique que son extraction de données concerne un total d’exactement 2 041 778 personnes. Il précise aussi que son extraction de données serait incomplète et affirme que le système pourrait contenir des informations concernant environ 20 millions de citoyens, toujours selon French Breaches.
· Comment savoir si vous êtes une victime ?
Selon le communiqué de Bercy, « les usagers concernés recevront une information individuelle précisant les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter ». Contacté par Le HuffPost ce vendredi matin, le ministère de l’Économie n’était pas en mesure de donner encore de date sur l’envoi des mails d’information pour les particuliers touchés.
· Quelles données ont été piratées ?
Pour le premier piratage, visant le site des impôts, plusieurs catégories d’informations personnelles et fiscales sont concernées : nom, prénoms, identifiants, date et lieu de naissance, adresse, téléphone, email, situation familiale, nombre de personnes à charge, nombre de parts fiscales, revenu fiscal de référence ou encore taux de prélèvement à la source.
Pour le second piratage, visant les propriétaires de biens, il s’agit de ces données : nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, adresse, identifiant foncier, département et commune, section et numéro de parcelle cadastrale, informations relatives aux droits détenus sur la parcelle et association entre plusieurs titulaires d’un même bien.
· Quels risques pour les personnes concernées ?
La récupération des données à des fins criminelles peut ensuite servir, entre autres, à du phishing ciblé pour des arnaques ou des usurpations d’identité.
· Comment réagit Bercy ?
Bercy avait de son côté souligné qu’à la suite de la revendication de l’attaque du mois de juin, « la DGFiP a immédiatement mis en œuvre de nouvelles mesures de restriction permettant d’y mettre fin et de prévenir de nouveaux accès illégitimes », sans faire allusion à cette possible nouvelle fuite, et « des investigations approfondies se poursuivent afin de déterminer précisément les données et le nombre d’usagers concernés ».
« Les équipes de la DGFiP en charge des systèmes d’information sont pleinement mobilisées, en lien avec les services des ministères économiques et financiers, notamment le service du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu’avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) », assure le texte.
Enfin, comme c’est systématiquement le cas dans ce type de piratage, la DGFiP « notifiera l’incident à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l’avancée des investigations ».


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