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Ce que l’on sait de l’attaque à Trappes, qualifiée d’« attentat terroriste raciste » par Emmanuel Macron

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France 24/10/2026 07:19 Actualisé le 24/10/2026 08:10

Un homme de 39 ans a été interpellé et placé en garde à vue après une fusillade dans deux communes des Yvelines. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête.

Par Maxime Dhuin avec AFP

Ce que l’on sait de l’attaque à Trappes et à La Verrière, qualifiée d’« attentat terroriste raciste » par Emmanuel Macron. (photo d’illustration de policiers examinant l’un des lieux de l’attaque, le vendredi 23 octobre)

MUSTAFA YALCIN / Anadolu via AFP

Ce que l’on sait de l’attaque à Trappes et à La Verrière, qualifiée d’« attentat terroriste raciste » par Emmanuel Macron. (photo d’illustration de policiers examinant l’un des lieux de l’attaque, le vendredi 23 octobre)

Les circonstances doivent encore être établies par la justice, mais les termes « attentat terroriste raciste » ont déjà été posés par l’Élysée. La fusillade qui a fait un mort et cinq blessés, le vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, a plongé la France dans la stupeur. Un homme de 39 ans circulant en voiture a tiré sur plusieurs personnes, dans ces deux communes des Yvelines, au sud-ouest de Paris.

Interpellé et placé en garde à vue, le suspect a vu son domicile perquisitionné. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».

Comme Emmanuel Macron, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un « attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu sur place et a parlé d’« un crime terroriste » « extrêmement grave ». Alors que les investigations se poursuivent, Le HuffPost fait le point sur ce que l’on sait de cette attaque.

• Un « parcours meurtrier » équipé d’une arme automatique

Le suspect a été interpellé « à hauteur du restaurant Home Burger situé à Coignières » dans les Yvelines, à quelques kilomètres des lieux de l’attaque, a rapporté le Pnat à l’AFP, précisant qu’il a été « immédiatement » placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct. Les membres de la brigade anticriminalité (Bac) qui ont arrêté le tireur ont « très probablement – l’enquête le confirmera ou pas – interrompu » le « périple meurtrier » qui était « en cours », a affirmé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

Ce macabre « périple » a commencé peu après 10 heures lorsqu’un homme à bord d’une voiture, une « Renault Clio », ouvre le feu sur un véhicule où se trouvent une mère et sa fille, rapporte TF1, selon qui l’individu a ensuite tiré à proximité d’un square, faisant sa première victime. Il s’agit d’un homme de nationalité française, né en 2000, a fait savoir le Pnat.

Cinq blessés se sont ajoutés au bilan, à mesure que le tireur semait la terreur en plusieurs points de Trappes et de la Verrière. Parmi les personnes touchées, une petite fille de 12 ans. Elle a été atteinte de nombreuses balles et hospitalisée à Necker. L’état de santé des blessés « n’est – à cette heure – pas stabilisé », a communiqué le Pnat, cité par l’AFP.

Ce dernier a également indiqué qu’un « pistolet-mitrailleur de type Sten » a été découvert dans le véhicule du tireur, confirmant une information dévoilée par Le Parisien. L’arme automatique identifiée est interdite à l’acquisition et à la détention, a précisé pour sa part BFMTV. Des grenades de gaz lacrymogènes se trouvaient également dans la voiture.

• L’homme n’était pas fiché S et avait « piégé » son appartement

Le tireur a été « identifié comme étant Kévin T., né en 1987 », a fait savoir le Pnat en fin de journée. Plus tôt, plusieurs médias avaient indiqué qu’il n’était pas fiché S et seulement connu pour des faits de droit commun. Le Parisien et France 24 évoquent des faits de vol, de vol à l’étalage et des infractions liées aux stupéfiants. Cet individu est domicilié à Plaisir, une commune des Yvelines située non loin des lieux de l’attaque.

La perquisition de son appartement a révélé « la mise en place d’un dispositif de piégeage » du logement « au moyen de trois bouteilles de gaz et de fils électriques connectés à un minuteur », a expliqué le Pnat, cité par l’AFP. Cette information avait déjà été évoquée par Le Parisien, lequel précisait que le RAID et les démineurs avaient été dépêchés sur place pour perquisitionner les lieux à la mi-journée.

Ladite perquisition « nécessitant [la] présence » du suspect, « conformément aux dispositions du code de procédure pénale », l’homme « n’a pas pour l’heure été entendu par les enquêteurs », a fait savoir le parquet antiterroriste en fin d’après-midi. L’immeuble où résiste le tireur a dû être évacué et son quartier a été bouclé dans l’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP. La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée dans la zone, selon une source proche du dossier.

• Le tireur a « épargné des gens » en raison de leur couleur de peau

Le mobile raciste a rapidement été évoqué par le maire de Trappes, Ali Rabeh. Après avoir mentionné un tireur qui « avait envie de faire un carnage » et aurait « déambulé à l’aveugle », il a dénoncé dans l’après-midi un « attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe ».

L’édile de gauche a indiqué que « la personne décédée » dans sa commune est « d’origine africaine » tandis qu’un des blessés, en « urgence absolue », est « d’origine maghrébine ». De son côté, le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a affirmé à l’AFP que deux hommes de ménage « de type africain » avaient été blessés alors qu’ils nettoyaient une école. « C’est l’effroi, le traumatisme, un cauchemar », a déclaré l’élu local.

Les motivations du tueur ont aussi été exposées clairement par Emmanuel Macron, qui a évoqué un « attentat terroriste raciste ». En déplacement à Trappes en fin de journée, le chef de l’État a parlé d’un « tournant », son entourage cité par franceinfo soulignant qu’il s’agit du « premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans notre pays ».

Or « ce n’est malheureusement pas ’la première fois’ », qu’un tel attentat se produit en France, pointe Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), dont les pensées vont aussi « au père Jacques Hamel, égorgé en 2016 dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, à Jonathan, Gabriel et Arié Sandler ainsi qu’à Myriam Monsonego, assassinés en 2012 devant l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse ».

Le locataire de l’Élysée a justifié la qualification d’« attentat » par « une préméditation » de la part du suspect et par les « propos qu’il a tenus et qui ont été clairement consignés ». « Il a épargné des gens en raison de leur peau […] et il a assumé son acte », a ajouté Emmanuel Macron, appelant à ne « rien céder » et ne pas « baisser la tête » face aux « idées qui s’installent » et pourraient « justifier » de tels comportements.

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