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Ce nouveau selfie de Perseverance dans le Far West martien cache une découverte géologique bien plus importante

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Après cinq ans dans le cratère Jezero, le rover Perseverance vient d’en franchir le bord pour la première fois. Il s’est arrêté pour un selfie en 61 prises dans ce que la NASA appelle le « Far West » martien — puis a tourné ses instruments vers des roches potentiellement plus anciennes que tout ce qu’il avait étudié jusqu’ici, capables de renseigner sur les origines mêmes de Mars.


Ce que vous allez apprendre

  • Pourquoi quitter le cratère Jezero représente une étape majeure dans la mission Perseverance
  • Comment un selfie martien en 61 images et une heure de mouvements robotiques est techniquement possible
  • Ce que les roches du « Far West » martien pourraient révéler sur l’histoire géologique de toute la planète

Cinq ans dans un cratère, puis un pas de plus

Le cratère Jezero a été choisi comme site d’atterrissage de Perseverance pour une raison précise : les images orbitales y révélaient un ancien delta fluvial, preuve qu’un lac remplissait ce bassin il y a environ 3,6 milliards d’années.

Cinq ans d’exploration ont confirmé cette hypothèse et produit des découvertes majeures — notamment la détection de possibles biosignatures dans une roche surnommée « Chutes Cheyava », dont l’interprétation reste débattue mais dont les implications seraient considérables si elles se confirmaient.

Puis Perseverance a gravi 500 mètres de dénivelé en trois mois et demi pour atteindre le bord du cratère. Et il l’a franchi.

Un selfie en 61 prises, une heure de travail robotique

Avant de se remettre au travail, le rover a marqué l’occasion à sa façon.

La caméra WATSON, fixée au bout du bras robotique de Perseverance, n’a pas été conçue pour les autoportraits — elle est destinée à photographier les roches en gros plan pour analyse. Mais avec quelques adaptations ingénieuses, elle permet de réaliser des selfies composites.

61 images individuelles. Une heure de déplacements précis du bras entre chaque prise. Un chevauchement minutieux calculé pour effacer le bras de la photo finale lors de l’assemblage. Le résultat : une image complète du rover posé dans ce que l’équipe appelle le « Far West » martien, avec le rebord du cratère Jezero en arrière-plan.

Des roches qui précèdent Jezero lui-même

La zone baptisée « Lac de Charmes » où évolue désormais Perseverance intéresse les géologues planétaires pour une raison précise : les roches qui s’y trouvent sont probablement antérieures au cratère Jezero lui-même.

Ces « impactites » — roches produites ou transformées par l’impact météoritique qui a créé le cratère — et ces formations primitives pourraient renseigner sur l’état de Mars avant que Jezero n’existe. Une fenêtre temporelle encore plus reculée que tout ce que le rover avait pu examiner jusqu’ici.

Un affleurement baptisé « Arathusa » a déjà été prélevé et analysé. La prochaine cible est une zone nommée « Gardevarri », où des roches contenant de l’olivine — minéral se formant dans du magma en refroidissement lent — ont été repérées depuis l’orbite.

Crédit : NASA /JPL-Caltech/MSSS
Selfie de Perseverance, prise le 11 mars 2026.

Ce que le magma primitif de Mars peut nous apprendre

L’olivine n’est pas un minéral anodin dans ce contexte. Sa présence dans des roches très anciennes pourrait indiquer qu’elles proviennent des profondeurs de la croûte martienne — voire d’un océan de magma qui aurait recouvert Mars dans ses premiers millions d’années.

« Ces roches pourraient nous apporter des informations applicables à l’ensemble de la planète« , explique Katie Stack Morgan, responsable scientifique du projet. « Sur l’existence d’un océan de magma sur Mars et sur les conditions initiales qui ont permis à cette planète de devenir habitable. »

La question de la vie sur Mars — posée depuis l’atterrissage de Perseverance — se double désormais d’une question plus fondamentale encore : dans quel état était cette planète avant que les conditions de la vie ne soient théoriquement réunies ?

Le programme Mars Sample Return, qui devait rapatrier les échantillons collectés par Perseverance, a été abandonné en début d’année. Les tubes remplis de roches martiennes attendent donc toujours leur retour sur Terre. Mais le rover continue de creuser, d’analyser et d’avancer — désormais dans un territoire que personne n’avait encore foulé.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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