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La députée conservatrice de Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, a déposé mercredi à l'Assemblée nationale son projet de loi pour protéger les circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure. Alors qu'il reste à peine huit jours de travaux parlementaires, le gouvernement devra faire vite s'il souhaite bel et bien protéger le poids politique de la péninsule gaspésienne.
Ce projet de loi vise à octroyer un statut d’exception aux deux comtés gaspésiens, au même titre que celui des Îles-de-la-Madeleine, puisque la population est inférieure à la moyenne ciblée par la Commission de la représentation électorale.
Le projet de loi assure également le maintien des délimitations actuelles des circonscriptions de Rimouski et de Matane-Matapédia, mais consent à supprimer la circonscription montréalaise d'Anjou–Louis-Riel tel que proposé dans la nouvelle carte électorale.
Maïté Blanchette Vézina suggère ainsi de faire passer le nombre de comtés de 125 à 126.

Le Parti conservateur du Québec souhaite d'abord maintenir le poids politique de la Gaspésie et non celui de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
En point de presse, Mme Blanchette Vézina, aux côtés de son chef Éric Duhaime, a affirmé mercredi que le système électoral doit tenir compte de l'immensité du territoire et de l'importance de la proximité avec les citoyens.
Unanimement, tous les partis ont convenu que c’était la Gaspésie et la région du Québec qui ont un déficit de représentation démocratique, dit-elle.
Ce qui est proposé par la CAQ et soutenu par l’ensemble des parlementaires, c’est surtout une protection de leurs intérêts à Montréal. Nous, on a fait un projet de loi qui protège réellement la Gaspésie.
La députée de Rimouski souhaite que les parlementaires conservent la vision initiale qui avait fait consensus à l'Assemblée nationale pour protéger d’abord le poids démocratique de la Gaspésie, sans magouillage servant des intérêts partisans.

La carte électorale, telle que proposée par la Commission de la représentation électorale, ferait perdre une circonscription à la région gaspésienne. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
De plus, Mme Blanchette Vézina estime que le projet de loi 3, déposé par le ministre responsable des institutions démocratiques du Québec, ne respecte pas le récent jugement de la Cour suprême et les recommandations du Directeur général des élections.
Le projet de loi caquiste vise à ajouter deux circonscriptions en maintenant celle de Bonaventure et d'Anjou–Louis-Riel, ce qui ferait ainsi passer le nombre de députés de 125 à 127.
J’ai dénoncé à plusieurs reprises que les parlementaires négocient en vase clos une carte électorale, affirme la députée conservatrice. D'ailleurs, le DGE a indiqué que ce n'était pas la bonne procédure. Puis, je serais très surprise que ce projet de loi passe le test des tribunaux, en toute franchise, en plus d'une adoption en catimini sans débat public. Pour moi, c'est inacceptable et ça ne règle même pas le problème de la Gaspésie.
Plus que huit jours de travaux parlementaires
L’étude des crédits budgétaires a monopolisé les travaux parlementaires des dernières semaines, mettant en veille l’étude détaillée des projets de loi.
Les travaux intensifs de l'Assemblée nationale s'amorceront mardi pour une durée totale de huit jours. La session parlementaire, la dernière avant les élections générales de l’automne, prendra fin le 12 juin.
Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite faire adopter de nombreux projets de loi et devra, pour ce faire, en prioriser certains. Considérant que le député indépendant Youri Chassin a fait dérailler l’adoption accélérée du projet de loi 3, ce dernier devra, pour cheminer, être appelé en commission parlementaire au stade de l'étude détaillée pour être éventuellement adopté.
Si les députés échouent à protéger les circonscriptions de l'Est-du-Québec dans ces délais, la carte électorale ayant notamment pour effet de fusionner les comtés de Bonaventure et de Gaspé entrera officiellement en vigueur à la mi-juillet.

La députée caquiste de Bonaventure et ministre de la Famille, Catherine Blouin, indique s'en remettre au travail du ministre Jean-François Roberge dans le dossier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La députée caquiste de Bonaventure et ministre de la Famille, Catherine Blouin, a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada. Dans une déclaration écrite, l’élue affirme que la préservation des circonscriptions de la Gaspésie est un enjeu très important pour elle et les citoyens qu’elle représente.
Le travail transpartisan est essentiel et je souhaite laisser l’espace nécessaire à mon collègue, le ministre Jean-François Roberge, afin de permettre de poursuivre avec les différentes formations politiques de façon constructive, écrit-elle. Notre volonté demeure la même, que toutes les régions et leurs réalités soient bien représentées.
Radio-Canada a soumis des questions au ministre Roberge pour en savoir davantage sur le degré de priorité qui sera accordé au projet de loi 3 d'ici la fin de session parlementaire et valider si l'abandon du projet de loi était une option, considérant le nombre élevé de pièces législatives que souhaite faire adopter le gouvernement.
Pour l’instant, on n’a pas de nouvelles informations à donner, écrit par courriel l'attachée politique du ministre Roberge, Anne-Sophie Bonneau. On continue le travail transpartisan avec les autres groupes parlementaires.

Mathieu Lapointe est maire de Carleton-sur-Mer, préfet de la MRC Avignon et président de la Table des préfets des MRC de la Gaspésie. Il est aussi le conjoint de la députée Catherine Blouin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
De son côté, le président de la table des préfets des MRC de la Gaspésie garde espoir qu’un projet de loi soit adopté avant la fin de la session parlementaire.
Selon Mathieu Lapointe, le projet de loi caquiste a plus de chances d’être celui qui sera poussé par le gouvernement, étant donné qu’il a déjà rallié une majorité de parlementaires.
Il faut que ce projet de loi soit priorisé, dit-il. Il faut maintenir la pression. On demeure [optimistes] qu’on puisse garder nos deux circonscriptions en Gaspésie.


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