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La campagne Mars Bleu 2026 rappelle une réalité encore trop méconnue : le cancer colorectal évolue longtemps sans provoquer de symptômes. Lorsqu'il est découvert tardivement, les traitements deviennent plus lourds. Mais détecté à un stade précoce, il se guérit dans 9 cas sur 10. Le paradoxe ? Le dépistage existe, il est simple, gratuit et réalisable à domicile en quelques minutes... mais beaucoup de personnes hésitent encore à le faire, souvent par appréhension ou parce qu'elles ne se sentent pas concernées.
Une nouvelle étude clinique d'envergure publiée dans Nature Medicine vient pourtant confirmer un point essentiel : le dépistage permet non seulement de détecter davantage de cancers précoces, mais aussi d'identifier des lésions avant qu'elles ne deviennent cancéreuses.
Deux stratégies de dépistage comparées à grande échelle
Pour mieux comprendre l'efficacité des méthodes de dépistage, les chercheurs ont analysé les données de plus de 278 000 personnes âgées de 60 ans dans le cadre de l'étude suédoise Screesco, lancée en 2014. Les participants ont été répartis en trois groupes :
- un groupe invité à réaliser une coloscopie ;
- un autre invité à effectuer des tests immunologiques fécaux (appelés FIT) ;
- un troisième sans dépistage (groupe témoin).
Le test FIT consiste à rechercher des traces invisibles de sang dans les selles, un signe qui peut révéler la présence de lésions ou d'un cancer débutant. En cas de résultat positif, une coloscopie est ensuite proposée pour confirmer le diagnostic.
Comme l'explique Marcus Westerberg, auteur principal de l'étude : « Les résultats montrent que les deux types de dépistage permettent de détecter davantage de cancers à un stade précoce (...) ce qui est une bonne nouvelle car un cancer diagnostiqué précocement peut souvent être traité avec succès. »
Autre point important : le dépistage ne sert pas uniquement à détecter les cancers déjà présents. Il permet aussi de repérer des adénomes, des polypes considérés comme des lésions précancéreuses, qui peuvent être retirés avant qu'ils n'évoluent.
Le test immunologique fécal (FIT), réalisé à domicile, permet de détecter des traces de sang invisibles à l’œil nu. Selon l’étude, cette stratégie permet d’identifier davantage de cancers à un stade précoce. © Ming, Adobe Stock
Le test de selles pourrait aussi avoir un effet préventif
À la fin de la période d'observation, les chercheurs ont constaté une baisse des cancers colorectaux avancés dans les groupes ayant bénéficié d'un dépistage.
Les résultats les plus marquants concernent le groupe ayant réalisé les tests FIT. Dans ce groupe, 0,61 % des participants ont développé un cancer colorectal, contre 0,73 % dans le groupe sans dépistage.
Pour Anna Forsberg, co-auteure de l'étude et responsable du programme Screesco, ces résultats pourraient traduire un véritable effet préventif : « Nous pouvons démontrer que les cas de cancers avancés tendent à diminuer (...) ce qui pourrait refléter un effet préventif du dépistage grâce à l'élimination des lésions précurseures. »
Les chercheurs ont également examiné les risques liés à l'augmentation des coloscopies. Quelques effets indésirables ont été observés, comme des saignements digestifs ou des thromboses, surtout durant la première année. Mais ces complications restent rares et la mortalité globale était similaire dans tous les groupes.
Cancer colorectal : ces résultats confirment l’intérêt du dépistage précoce
Les participants continueront à être suivis jusqu'en 2030 afin de déterminer si ces stratégies de dépistage permettent aussi de réduire la mortalité à long terme liée au cancer colorectal.
Les scientifiques espèrent ainsi confirmer que ces programmes ne se contentent pas de diagnostiquer plus tôt, mais qu'ils sauvent également davantage de vies.
Ces résultats viennent renforcer un message central de Mars Bleu : le dépistage reste aujourd'hui l'une des armes les plus efficaces contre le cancer colorectal. Simple, gratuit en France pour les personnes de 50 à 74 ans, le test de selles peut littéralement faire la différence entre un cancer détecté tardivement et une lésion traitée avant même l'apparition de symptômes.
Un rappel essentiel, ce cancer reste l'un des plus fréquents, mais aussi l'un des plus évitables grâce à la prévention.


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