A la fin de l’été 2026, des plaisanciers ont aperçu une structure surprenante dans un lac artificiel en Colombie-Britannique. S’étalant sur environ un hectare, cette île à la dérive est recouverte d’arbres. Comment est-elle apparue ?
Une île grande comme deux terrains de football
Le réservoir Williston est un lac artificiel résultant de la construction, en 1968, du barrage W.A.C. Bennett sur la rivière Peace River, en Colombie-Britannique (Canada). Loin d’être un simple plan d’eau, ce réservoir n’est autre que la plus grande masse d’eau douce de la province et le septième plus grand lac artificiel au monde en volume. Couvrant une superficie gigantesque de 1 761 kilomètres carrés, le réservoir Williston a fait parler de lui récemment dans le cadre d’une étonnante découverte.
Comme le révélait la chaine CBC News dans un article du 29 aout 2026, des plaisanciers ont aperçu une étrange structure au milieu du lac. Il s’agit d’une île couvrant 9 800 mètres carrés – 70 mètres de large pour 140 mètres de long (quasiment un hectare), soit autant que deux terrains de football. Or, celle-ci a la particularité de supporter une véritable forêt d’arbres apparemment intacte.
« C’était un spectacle incroyable, je n’avais jamais rien vu de pareil en 40 ans de vie ici. », a déclaré Rocky Avery, un des plaisanciers canadiens ayant découvert l’île et publié une vidéo sur les réseaux sociaux.
Crédit : Rocky Avery sur Facebook
Un phénomène naturel…
En charge de la gestion du réservoir, la société d’état BC Hydro a d’abord cru à une plaisanterie. Cependant, des ingénieurs ont assez confirmé la présence de l’île à l’aide de l’imagerie satellite. Un moment de suspens a toutefois été observé, puisque l’île a disparu des radars avant de réapparaitre quelques jours plus tard. En effet, l’île a effectué un déplacement d’une trentaine de kilomètres vers le nord-ouest, témoignant d’un fait surprenant : la structure est à la dérive.
Si la nouvelle parait tout à fait spectaculaire, il s’agit d’un phénomène purement naturel. Effectivement, la structure n’est autre qu’une île flottante à base de bois – ou embâcle géant – une conclusion partagée entre les responsables de BC Hydro et Natalie Kramer Anderson, géomorphologue fluviale travaillant notamment pour l’ONG Gorge Ecology Outdoors. Interrogée par le magazine National Geographic, l’intéressée a expliqué le processus de formation de la structure.
Selon elle, des arbres tombés dans le réservoir – ou les rivières environnantes – se sont accumulés dans une baie abritée, générant un immense radeau de bois flotté. Ensuite, ces troncs ont subi une décomposition en surface, permettant à de la mousse, de la végétation ainsi que de nouveaux arbres d’y prendre racine et donc, de former une couche de sol. Finalement, une montée des eaux récente – ou de forts vents – a certainement arraché la masse de son point d’ancrage, transformant cette dernière en île à la dérive.
… de plus en plus rare
Il faut savoir que le phénomène d’îles flottantes à base de bois est devenu extrêmement rare aujourd’hui, au point que les scientifiques les qualifient désormais de « fantômes du passé ». Cette disparition progressive n’est d’ailleurs pas un hasard, résultant directement de l’impact des activités humaines sur les cours d’eau. En cause notamment, la multiplication des barrages hydroélectriques, le nettoyage systématique des voies navigables ainsi que l’exploitation forestière intensive et industrielle.
Sans grande surprise, l’événement a suscité l’engouement de nombreuses personnes. Rapidement, les autorités de la province canadienne ont publié des avertissements stricts pour éviter que des plaisanciers s’approche de l’île ou tentent de monter dessus. Il faut dire la structure, composée de débris ligneux et de troncs instables, peut se déchirer à tout moment ou se retourner subitement sous l’effet des vagues, ou d’éventuelles tempêtes de vent. Autrement dit, l’île est considérée comme étant très dangereuse.


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