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L'enquête publique relative au projet de construction à Fouju d'un campus data centers dédié à l'IA se clôturera la 30 mai 2026. Les opposants au projet alertent la population.
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Par Maxime Berthelot Publié le 18 mai 2026 à 18h00
Ils s’étaient donnés rendez-vous le 13 mai 2026 devant la mairie de Fouju (Seine-et-Marne), avant une journée de mobilisation prévue le 24 mai prochain. Alors que l’enquête publique relative au projet de construction à Fouju d’un campus data centers dédié à l’intelligence artificielle se clôturera le 30 mai 2026, ses opposants poursuivent le combat contre un projet qu’ils qualifient de « véritable usine de l’intelligence artificielle ».
L’Autorité environnementale sceptique sur le projet de création d’un grand campus IA à Fouju, en Seine-et-Marne
Rassemblés au sein du collectif « Stop Campus IA », France nature environnement 77, les Soulèvements de la terre, la Confédération paysanne, la Ligue de protection des oiseaux 77 et les Écologistes de Melun Val de Seine invitent donc la population à prendre connaissance du dossier et à déposer leurs observations.
« Campus IA s’apprête à accaparer l’énergie, artificialiser des terres agricoles et polluer les eaux, l’air, la terre et la santé de toutes et tous dans les environs, estime le collectif. Sans sa division en trois phases, le site aurait été classé Seveso. »
Les opposants au projet s’appuient notamment sur les recommandations de la Mission régionale d’autorité environnementale (Mrae). Dans son avis rendu le 8 avril, cette dernière rappelle les enjeux de ce projet à 50 milliards d’euros, porté par la Banque publique d’investissement ; le fonds d’investissement des Émirats arabes unis MGX ; la société française Mistral AI ; l’Américain NVIDIA et Réseau transport électricité (RTE).
« La création du plus grand campus de centres de données d’Europe, spécialisé dans l’intelligence artificielle se fera sur une surface d’environ 90 hectares. » Il sera composé d’un centre de formation, d’un bâtiment technique, de 11 bâtiments de centres de données d’une hauteur de 20 mètres et de 613 groupes électrogènes de secours pour assurer la continuité d’alimentation en cas de défaillance électrique.
« Le projet de Campus AI présente des caractéristiques hors-norme, notamment en termes de consommations énergétiques, d’empreinte carbone et de consommations foncières, note la Mrae. Sa consommation électrique atteint des ordres de grandeur particulièrement élevés (848 MW IT pour une consommation électrique annuelle estimée à plus de 10 TWh), excédant très largement celle des usages locaux, et l’Autorité environnementale appelle une attention toute particulière sur les conditions de son implantation et de son fonctionnement. »
» Évaluer les risques sanitaires dus aux fuites de fluides et polluants éternels «
Le campus doit en effet commencer à sortir de terre d’ici 2028 à proximité du futur centre pénitentiaire de 1 000 places, qui va voir le jour dans la commune voisine Crisenoy, près du hameau des Bordes.
L’Autorité environnementale recommande donc « de mieux justifier l’implantation du projet, notamment en matière de sobriété foncière et énergétique », et de « compléter l’étude d’impact par une analyse multicritère objectivée des sites étudiés et par la présentation de scénarios alternatifs ».
Dans le détail, les opposants au projet redoutent « une hausse de 2°C à proximité des data centers », « 30 000 tonnes de carburants stockés pour les générateurs de secours », une surface agricole équivalente à « 125 terrains de foot » sacrifiée, une consommation électrique « supérieure à la production d’une centrale nucléaire », mais aussi « 15 tonnes de polluants éternels (Pfas) » qui s’échapperaient du site chaque année.
Sur ce point, l’Autorité environnementale recommande en effet « de produire une évaluation des risques sanitaires dus aux fuites de fluides frigorigènes à l’échelle du projet et de l’ensemble des centres de données de l’agglomération utilisant des Pfas pouvant se dégrader en TFA comme fluide frigorigène ».
L’enquête publique ouverte jusqu’au 30 mai 2026
Concernant les pollutions sonores et aériennes, la Mrae recommande par ailleurs « de compléter l’étude paysagère par une analyse des effets cumulés avec le centre pénitentiaire, les aménagements connexes au projet (voiries, giratoires) et par l’analyse des co-visibilités, notamment depuis les villages et les châteaux de Vaux-le-Vicomte, de Blandy-les-Tours et d’Aunoy ».
Enfin, l’Autorité environnementale réclame « un bilan des émissions de gaz à effet de serre consolidé sur l’ensemble du projet, incluant le raccordement électrique et les déplacements routiers. »
« Il est clair que ce projet pose question, inquiète et qu’il est nécessaire d’inciter les gens à s’y intéresser, conclut Dorothée Villemaux, représentante des Écologistes de Melun Val de Seine. Ils doivent savoir ce que ce campus prévoit. L’enquête publique est ouverte jusqu’au 30 mai. »
Enquête publique : www.registre-numerique.fr/epu-campus-iaPermanences de la commission d’enquête : le 26 mai 2026 de 14h à 17h au 1, rue des Petits Champs, au Châtelet-en-Brie ; puis le 30 mai 2026 de 9h à 12h en mairie de Fouju.
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