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Davantage d’agents de protection de la faune : c’est ce que demandent les citoyens et élus qui se sont réunis devant le bureau du ministère des Ressources naturelles et des Forêts à Témiscaming, mercredi après-midi.
Un seul poste d'agent de protection de la faune dans le sud du Témiscamingue est pourvu, sur un total de quatre postes permanents, confirme la Ville de Témiscaming.
Le maire Alain Gauthier demande à ce que les postes soient affichés et pourvus.

Le maire de Témiscaming, Alain Gauthier, a bon espoir d'être entendu par Québec pour obtenir plus d'agents de protection de la faune, mais à condition d'afficher les postes, insiste-t-il.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
[Avant], on avait de six à huit agents l’été, se souvient-il. Puis, aujourd’hui, notre seul poste comblé est un agent. Plus personne ne fait de la patrouille seul, il faut être en équipe de deux. Donc, on peut deviner qu’il est assigné à beaucoup de tâches administratives.
Il dit savoir de source sûre qu’un poste a été affiché à Ville-Marie pour combler l’équipe, alors que ce n’est pas le cas pour Témiscaming, malgré les postes vacants.
On nous dit : ''Non, non, il n’y a pas de plan de fermeture''. Mais on le sait qu’il y a beaucoup de bureaux qui étaient menacés de fermeture au Québec, parce qu’ils étaient à une heure, une heure et demie de route de d’autres.
Une centralisation progressive et une mort lente du bureau de sa ville s’opèrent tranquillement, redoute le maire.
Si le gouvernement, les élus qui se sont fait vendre ce plan pensent que, c'est parce que l’équipe de Ville-Marie couvre Témiscaming, il faudrait nous le prouver avec de l’information. On n’en voit pas, de camions, on n’en voit pas, d’agents, dit-il.
Le maire affirme que la demande est rendue au bureau de la ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Pascale Déry.

Des citoyens se sont rassemblés à Témiscaming, dans un contexte qui les préoccupe en ce qui concerne l'avenir du bureau des agents de la faune, qui ne compte maintenant plus qu’un seul fonctionnaire.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Des milliers de km2 à couvrir
Des membres de l’Association protectrice de la faune de Témiscaming, qui gère la ZEC Restigo, étaient également présents. Selon le président Kade Dorval, le territoire du bureau de la protection de la faune de Témiscaming doit couvrir 6500 kilomètres carrés.
Si rien ne change, ça va être un free-for-all, dit sans détour Kade Dorval.
La ZEC embauche deux assistants de protection de la faune. C’est triste qu’on ait plus d’employés que le ministère!, lance-t-il, en souhaitant un travail d’équipe avec les agents de la faune du Ministère.

Kade Dorval, président de la ZEC Restigo, se souvient qu’il y a une vingtaine d’années, on parlait plutôt d'une quinzaine d’agents de la faune à Témiscaming.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On a eu des rapports, même en fin de semaine, de braconnage. Par le temps qu’on arrive là, c’est trop tard, souvent.
Plus d’agents sur le territoire auraient certainement un effet dissuasif contre le braconnage, estime M. Dorval.
Elles viennent en soutien
Ann Rivard et Julie Bernard croient aussi qu’il est essentiel d’embaucher plus d’agents de la faune.
Je m’inquiète plus au niveau sécuritaire, dit d’emblée Julie Bernard. Ces agents-là, ne sont pas juste là pour donner des contraventions. Il nous les faut! Si quelqu’un se perd, s’il y a un animal blessé… Puis en même temps, faire de l’éducation à nos enfants.

Ann Rivard et Julie Bernard sont venues au rassemblement en soutien à la communauté pour les services de proximité et la situation des agents de la faune.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Mme Rivard fait un parallèle avec les autres batailles livrées par la Ville récemment, comme celle avec les soins de santé en Ontario.
Avec les services qu’on perd au niveau de la ville, d’avoir un agent ici qui est seul, qui ne peut pas sortir, c’est vraiment inquiétant pour protéger notre faune, notre environnement, confie Ann Rivard.
Les non-résidents
Kade Dorval rappelle qu’en étant à la frontière de l’Ontario, les chasseurs non-résidents sont nombreux à venir chasser et pêcher dans les forêts du sud du Témiscamingue.
On voit une différence chaque année. On a de plus en plus de non-résidents pour la chasse, parce qu’en Ontario, ça marche avec un système de points, souligne le président de la ZEC Restigo.
Une réalité aussi décriée par la communauté autochtone de Kebaowek, à Kipawa.
Avant tout, protéger les services de proximité
Le rassemblement visait aussi à défendre les services de proximité dans son ensemble, alors que Témiscaming a fait face à plusieurs enjeux dans les dernières années, dont la fermeture d'une partie de l'usine RYAM.
Le maire tenait à partager certaines victoires et des progrès. Il a notamment parlé du fait qu’un poste d’enquêteur à la Sûreté du Québec qui devait être transféré à Ville-Marie a finalement été conservé à Témiscaming après des discussions.

Quelques dizaines de personnes, dont des agents de protection de la faune de Ville-Marie, se sont rassemblées pour dénoncer un manque d'employés au bureau de Témiscaming.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le poste de police a aussi brièvement été menacé de fermeture l’an dernier. Il est nécessaire, selon Alain Gauthier, de se battre pour garder des services afin d’éviter une dévitalisation.
Si on laisse aller notre enquêteur, si on laisse aller quatre agents de la faune, oups! C’est 10 familles qui ne restent plus à Témiscaming, illustre-t-il.
Le maire Gauthier a également fait le point sur le dossier des soins de santé, précisant qu’une table de travail mise sur pied avec le gouvernement œuvre activement au rétablissement des liens avec l’Ontario.


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