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Qu'est ce qui définit une carrière réussie ? Voilà la question que le prestataire de services RH Tempo-Team a posée à quelque 2 000 salariés belges. Pour près de la moitié d'entre eux (45,7 %), une carrière réussie implique avant tout de disposer d'assez de temps pour sa vie privée.
Suivent le fait de gagner suffisamment d'argent pour profiter d'une existence confortable (44,6 %) et d'avoir la possibilité d'apporter quelque chose de positif pour les autres (33,5 %). On est là loin de l'idée que la réussite professionnelle est associée à la richesse ou à une promotion.
La notion de "faire carrière" existe toujours mais sa définition a changé."
D'ailleurs peut-on encore dire "faire carrière" aujourd'hui ? "La notion existe toujours mais sa définition a changé, remarque Aline Bernard, porte-parole de Tempo-Team. Il est plus question d'un épanouissement personnel. Celui-ci peut revêtir plusieurs formes : avoir un meilleur équilibre de vie, se sentir utile, devenir expert avec une évolution plus horizontale que verticale… Tout le monde ne veut pas être manager ou grimper les échelons hiérarchiques. De nombreux travailleurs trouvent du plaisir dans le contenu même de leur travail et souhaitent exceller en tant qu'experts dans leur domaine plutôt que de diriger une équipe. Pour eux, évoluer signifie surtout améliorer leur expertise, suivre des formations utiles et accomplir un travail en phase avec leurs objectifs personnels et leur bien-être."
Le travail demeure un vecteur d'épanouissement, à condition d'offrir du sens et un équilibre de vie préservé."
Spécialiste de la motivation au travail à la KU Leuven associée aux études de Tempo-Team, la professeure Anja Van den Broeck note d'ailleurs un changement structurel profond de la société. "Selon elle, la crise sanitaire, les problématiques environnementales ou encore les guerres remettent en question certaines notions et le rapport à la vie, indique Aline Bernard. Si la culture du loisir s'impose, l'identification au métier reste puissante. Le travail demeure un vecteur d'épanouissement, à condition d'offrir du sens et un équilibre de vie préservé.
Avec l'IA, les CV et lettres de motivation finissent par se ressemblerLes jeunes davantage guidés par la richesse…
L'enquête révèle des différences, parfois étonnantes, selon l'âge ou le genre. Les jeunes travailleurs se montrent ainsi plus enclins à poursuivre des objectifs liés au statut ou à la richesse que leurs aînés.
Les hauts managers qui se montrent carriéristes, dans le sens d'une progression dans la hiérarchie, ont toujours besoin d'avoir une juste rémunération par rapport à leurs responsabilités."
"On a en tête le stéréotype du jeune idéaliste qui veut du sens dans son travail, poursuit Aline Bernard. Mais on est face à deux tendances : d'un côté, des jeunes qui ont besoin de sens. On les voit, par exemple, manifester pour le climat. Mais, d'un autre côté, on a une génération qui suit des influenceurs qui ne sont motivés que par l'enrichissement…"
Pour cette experte, ce qui compte, c'est le cycle de vie. "Les jeunes d'il y a vingt ans étaient dans le même schéma. Et ce sera la même chose encore dans vingt ans sans doute. Au début de la vie professionnelle, il est important de se construire. Les jeunes travailleurs ont alors plus d'ambition. Mais, au fur et à mesure, ils se rendent compte que monter dans la hiérarchie ou gagner plus d'argent occasionne du stress, impose de rentrer en compétition avec d'autres, implique de mettre certaines activités de côté. Ils ont des enfants et leurs priorités changent. La question du sens de la vie vient souvent avec la maturité. Et puis à un certain âge aussi, une certaine sécurité financière s'est installée ; ce qui permet de revoir ses attentes."
Aline Bernard apporte une nuance : "Les hauts managers qui se montrent carriéristes, dans le sens d'une progression dans la hiérarchie, ont toujours besoin d'avoir une juste rémunération par rapport à leurs responsabilités. Par contre, ceux qui ont moins l'envie de grimper au sommet apprécient certes un certain niveau de revenus mais pas pour devenir riches. Plutôt pour avoir un bon confort de vie."
Pourquoi postuler quand on ne veut pas changer de job est quand même une bonne idée… les hommes également
L'enquête révèle en outre de nettes disparités entre les genres. Pratiquement deux fois plus d'hommes (17,7 %) que de femmes (9,6 %) considèrent leur carrière réussie lorsqu'ils sont devenus riches. Et, seules, 6,4 % des femmes valorisent une fonction dirigeante contre 15,4 % des hommes.
"Ce n'est pas une surprise, constate Aline Bernard. Les stéréotypes ont la vie dure. L'idée que les hommes doivent subvenir aux besoins d'une famille est encore présente dans la société. Et bien plus qu'on ne le pense."
"Être familiarisé avec l'IA devient un prérequis dans toutes les fonctions"Une note de 7,1/10
La plupart des travailleurs belges considèrent leur parcours professionnel comme un succès. L'enquête de Tempo-Team révèle qu'en moyenne, ils lui donnent une note de 7,1 sur 10. Une personne sur six lui attribue même un 9 ou un 10 sur 10.
Les hommes sont en général plus satisfaits de leur carrière que les femmes. Idem pour les employés par rapport aux ouvriers.
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