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REPORTAGE - Quinze ans après le tsunami de 2011, le Japon a fini de bâtir un rempart de 400 kilomètres censé le protéger des raz-de-marée. Mais certains y voient le refus de vouloir préparer le pire scénario. Le même déni qui a aggravé la catastrophe de Fukushima alors que le pays accélère la relance de son industrie nucléaire.
À Rikuzentakata, l’arbre est mort mais il est toujours debout. « Tachi ojo », comme disent les Japonais. L’expression signifie « mourir debout » et vient d’une vieille histoire mâtinée de légende : celle de Musashibo Benkei, un moine guerrier qui meurt criblé de flèches en défendant le manoir de son maître, et dont le cadavre figé sur ses deux jambes et inamovible a effrayé le reste des assaillants. Le « pin des miracles », lui, n’effraye personne. Il mesure 27 mètres et se dresse au milieu d’une esplanade rase, entre un parking et un mémorial consacré à la catastrophe qui, il y a quinze ans, emportait 1 700 âmes dans cette petite ville côtière du Japon.
« La grande muraille du Japon »
Le conifère miraculé est le dernier survivant d’une forêt plantée au XVIIe siècle par un seigneur local pour créer un brise-vent afin de protéger l’intérieur des terres des rafales, consolider la plage et éventuellement ralentir les vagues d’une marée inopportune. La pinède s’appelait Takata-Matsubara. C’était l’un des…


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