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Les astronautes d’Artemis II n'ont pas seulement photographié la Lune : ils ont décrit une surface plus colorée qu'on ne l'imagine et repéré, dans l'obscurité, cinq éclairs probablement provoqués par des impacts.
Vous vous souvenez ? C'était il y a quelques mois, le 11 avril 2026. Quatre humains, trois hommes et une femme, revenaient d'un voyage historique autour de la Lune. Des mois plus tard, la Nasa publie les 814 gigaoctets de données sur la mission : des milliers d'images, des notes manuscrites et... 521 minutes de voix enregistrées pendant le survol lunaire.
Un retour sur Terre filmé depuis un hublot
Parmi les pièces de ce véritable trésor scientifique, la vidéo de la rentrée de la capsule Orion dans l'atmosphère. On pourrait presque ressentir la violence des près de 40 000 km/h et imaginer la chaleur du plasma qui enveloppe la capsule avant le déploiement des parachutes. Le tout filmé par une petite caméra collée au hublot !
Sophie Adenot a quitté la Station spatiale hier et arrivera sur Terre à la fin de cet après-midi. Vous pourrez suivre tout cela en direct, étape par étape. Un moment sous haute tension pour l'équipage.... Lire la suite
Cette scène résonne particulièrement aujourd'hui, car Sophie Adenot s'apprête elle aussi à traverser l'atmosphère terrestre. L'astronaute française ne revient pas de la Lune, mais de huit mois à bord de la Station spatiale internationale (le plus long séjour dans l'espace pour une Européen). Mais ce qui l'attend est proche : une vitesse vertigineuse, une traversée en feu et, quelques minutes plus tard, des parachutes avant l'amerrissage (splashdown) au large de la Californie.
Pendant leur voyage autour de la Lune, les astronautes d’Artemis II ont découvert une surface plus colorée et plus étrange qu’elle ne le paraît depuis la Terre. La Nasa partage aujourd’hui leurs images, leurs notes et leurs impressions. © Nasa
Avant Artemis, il y a eu Apollo
Derrière ces scènes spectaculaires se cache une véritable prouesse, invisible celle-là : la capacité d'un vaisseau à préserver ses fonctions essentielles lorsque la mission s'écarte du scénario. Longtemps avant les astronautes d'Artemis II, il y a eu Margaret Hamilton. Elle avait appris aux ordinateurs d'Apollo à hiérarchiser les tâches lorsque la mission basculait dans l'imprévu.
Elle résumait ainsi cette époque : « Nous étions les personnes les plus chanceuses du monde : nous n'avions pas d'autre choix que d'être des pionniers. »
La pionnière de l'informatique est morte le 30 septembre dernier, à l'âge de 90 ans.
“We had to find a way and we did. Looking back, we were the luckiest people in the world; there was no choice but to be pioneers.” —Margaret Hamilton
Rest in peace, Margaret. Your trailblazing work leading the development of the on-board flight software for the Apollo… pic.twitter.com/VyiuWokYiW
Ce que les astronautes ont vraiment vécu
Et Artemis II vient, d'une certaine manière, de prendre le contre-pied en confiant à quatre humains le soin de remarquer ce qu'aucun scénario ne pouvait entièrement anticiper.
Au cours d’une conférence de presse, les astronautes Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont livré leurs premières impressions, encore marquées par l’émotion. Entre émerveillement, témoignages intenses et prise de conscience du lien qui les unit, leur retour met en lumière une dimension profondément humaine de la mission, bien au-delà de l’exploit spatial.... Lire la suite
Pendant leur survol lunaire, les astronautes ont consacré plus de six heures à observer la surface de la Lune. Plus que de simples données scientifiques, ce sont leurs descriptions, leurs impressions, émotions et leurs échanges avec les équipes au sol qui sont désormais accessibles à tous.
Christina Koch, spécialiste de mission d’Artemis II, décrivant le cratère Aristarque : « Je n’avais jamais vu ça, la région est bosselée et irrégulière, clairement jaune. » © Nasa
La Lune n’est pas grise
La première surprise est visuelle. La Lune n'est pas seulement grise. Les astronautes ont distingué des nuances brunes, beiges, vertes et bleutées. « Comme de la moisissure poussant sur du pain de mie », selon Christina Koch, spécialiste de mission d'Artemis II.
La Nasa met en scène le retour des Américains sur la Lune comme un film… et le message est clair
La Nasa a publié une nouvelle vidéo de présentation d’Artemis II et le ton est résolument spectaculaire. En moins d’une minute, images grandioses, musique dramatique et références à Apollo transforment le retour des humains vers la Lune en véritable trailer de science-fiction, au service d’une mission pourtant bien réelle.... Lire la suite
Et l'équipage a aussi vu la Lune se faire frapper. « Je viens de voir un flash. Ça fait exactement "plop" », entend-on sur un enregistrement. « C'est incroyable ! » Les équipes filmées au sol sont subjuguées.
La scène s'est jouée alors que le Soleil s'éclipsait derrière la Lune, « je ne pense pas que l'esprit humain soit équipé pour envisager cela », commentent les astronautes. Mais le moment a offert l'obscurité nécessaire à distinguer cinq éclairs lumineux, interprétés comme les signatures d'impacts à la surface lunaire. Reid Wiseman, Victor Glover et Jeremy Hansen ont relevé leurs positions sur une tablette. Un geste simple qui a transformé des points lumineux à peine perceptibles en données scientifiques.
Capture d’écran de la tablette d’un membre de l’équipage d’Artemis II, prise le 6 avril 2026. Elle présente des annotations manuscrites superposées à une visualisation de la Lune, sombre, éclipsant le Soleil. Les astronautes ont signalé avoir aperçu, depuis le vaisseau Orion alors situé à environ 74 000 kilomètres de la Lune, cinq minuscules éclats de lumière, semblables à des piqûres d’épingle. © Nasa, ASC
« Le terminateur est ce que j'ai vu de plus saisissant. Il a quelque chose de magique », raconte de son côté Victor Glover, pilote de la mission Artemis II, lors du survol. Le terminateur, c'est cette frontière mouvante entre le jour et la nuit à la surface d'une planète. Des cratères de plusieurs kilomètres de profondeur ainsi que des sommets d'une hauteur équivalente se détachant alors avec netteté le long du limbe de la Lune, en particulier durant l'éclipse solaire totale. « On peut vraiment voir des montagnes... », s'est exclamée Christina Koch, spécialiste de mission d'Artemis II, depuis le vaisseau Orion.
Vue du terminateur lunaire observé par l’équipage d’Artemis II le 6 avril 2026. Le contraste marqué de l’éclairage entre la face nocturne et la face diurne accentue le relief accidenté de la Lune. © Nasa
Puis les appareils et les yeux se sont tournés vers la Terre. Depuis Orion, les aurores, la lumière zodiacale et les systèmes nuageux dessinent une planète familière devenue elle aussi soudain étrangère : un monde observé de l'extérieur, comme un autre astre. « WhooOOooOOaaa ! La Terre vient d'apparaître de derrière la Lune. Elle nous sourit ! » Les mots ne disent rien de l'émotion qui passe par la voix enregistrée des astronautes.
Christina Koch contemple la Terre depuis un hublot de la capsule Orion. Une photo devenue iconique. © Nasa
Un autre regard sur la Lune… et la Terre
La Lune d'Artemis II n'est pas seulement celle que montrent les caméras et les instruments de bord. C'est aussi celle que quatre astronautes ont décrite avec leurs propres mots : une surface colorée, une nuit traversée d'éclairs et un monde encore assez étrange pour surprendre ceux qui étaient venus l'observer d'aussi près.
Aujourd'hui, Sophie Adenot retrouve la Terre après pas loin de huit mois passés dans l'espace. Elle en rapportera, elle aussi, bien plus que des résultats d'expérience : des souvenirs et un autre regard sur notre Planète. Les astronautes d'Artemis II, eux, y ont déjà rapporté le leur. Reste maintenant à découvrir ce que les prochaines missions verront à leur tour.
La Terre vue de l’espace ne se contente pas d’être belle. Elle peut transformer durablement notre rapport au monde et à nous-mêmes. Prêts pour l’overview effect ?... Lire la suite


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