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Venus de Haute-Savoie, Lucie et Jean-François ont manifesté à Lyon le 24 cotobre pour protéger leur fille. Témoins d'une charge de CRS, ils racontent.
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Par Romain Balme Publié le 30 oct. 2026 à 13h23
« Nous avons pris ce risque par amour ». Résidants en Haute-Savoie, Lucie et Jean-François ont fait plus d’une heure de route pour manifester à Lyon ce samedi 24 octobre. Les deux quinquagénaires se sont décidés à accompagner leur fille « pour la protéger ».
Et pour cause, leur autre fille ainsi que son compagnon ont été « victimes de violences policières à Paris » le week-end précédent. « Quand on n’a pas fait l’expérience de violences, on ne peut pas y croire », explique la quinquagénaire à actu Lyon.
« Nous avons essayé de la dissuader d’y aller. Nous comprenons que certaines choses méritent d’être dites mais nous étions inquiets dans ce contexte. Pour autant, est-ce que c’est une raison pour laisser tomber ? Non », explique Lucie. C’est donc avec ce panneau « rêves non-violents » à la main que le couple est venu manifester dans la capitale des Gaules samedi dernier.
Une démarche « non politique », tiennent-ils à rappeler. « Nous ne sommes pas pour un renversement du gouvernement. Nous n’adhérons pas au slogan ACAB. Nous ne sommes ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche. Ni RN, ni LFI. »
« Nous nous trouvions sans issue possible »
« L’expérience de la violence », le couple va l’observer de l’intérieur ce 24 octobre, près de l’avenue Berthelot (Lyon 7e). « Nous avons été encerclés par les forces de l’ordre qui ont verrouillé le vaste périmètre dans lequel nous nous trouvions, sans issue possible. Puis, sans sommation, ils ont lancé des bombes lacrymogènes. Mon mari et moi avons alors pris notre banderole et avancé lentement vers les CRS, qui nous ont avertis qu’ils allaient charger. N’ayant nulle part où aller, nous avons décidé de rester, charge ou non, avec notre banderole déployée », décrit Lucie.
Cette dernière condamne les « ACAB » (all cops are bastards, Ndlr) scandés par certains manifestants, car elle estime « qu’il ne faut pas mettre tous les policiers dans le même panier ». Cependant, les manifestants étaient, selon elle, pacifiques et « aucun geste ne justifiait une charge des CRS ». « C’est de la violence gratuite », clame Lucie.
Pourtant, la peur ne semble pas avoir gagné les deux quinquagénaires. « Quand le message est juste, nous ne sommes pas effrayés », expliquent-ils. C’est d’ailleurs pour cette raison que le couple exhorte d’autres parents à se rendre aux manifestations. Une démarche qui semble avoir transformé Lucie et Jean-François.
« Bousculer certaines certitudes »
« Notre démarche était celle de parents aimants et responsables », racontent les deux époux. Rien ne les prédestinait à marcher, pancarte à la main, pour dénoncer « les défaillances du système ».
« Venant d’un milieu aisé, je ne me sentais pas concernée par les gilets jaunes. Mais aujourd’hui, je me sens coupable d’être obligée de contourner ces problèmes. Par exemple, cela fait longtemps qu’il manque des professeurs dans le public. J’ai la chance de pouvoir mettre mes enfants dans le privé, mais pas d’autres. Elle est où l’égalité ?« , argumente Lucie.
Accompagner leur fille a donc été un bon moyen de « bousculer certaines certitudes », ajoute Jean-François. Il poursuit : « On dit souvent que cette génération ne se sent pas concernée par les grands enjeux. C’est faux, elle est au contraire très connectée, notamment sur les injustices sociales ».
S’ils ne seront pas présents à la manifestation de ce samedi 31 octobre, Lucie et Jean-François se déplaceront à Lyon le 5 novembre pour témoigner de « leur inquiétude profonde ».
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