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Alors que le Québec encadre désormais l’aménagement des buttes de neige dans les cours d’école, les conseils scolaires de l’Ontario adoptent leurs propres règles de sécurité en l’absence de normes provinciales. Entre protection et jeu libre, une mère de famille, trois conseils scolaires et un psychoéducateur partagent leurs points de vue sur l’équilibre entre sécurité et plaisir hivernal.
Le psychoéducateur Jocelyn Auger reconnaît l’importance de la prudence, mais s’inquiète du message envoyé aux enfants lorsque l’encadrement devient excessif. Le monde est dangereux et vous n’êtes pas capables d’y faire face, dit-il.

Le psychoéducateur Jocelyn Auger prévient que l’encadrement excessif des jeux d’hiver peut nuire à la confiance en soi et alimenter l’anxiété chez les élèves.
Photo : Fournie par Jocelyn Auger
Pour l’intervenant, le jeu autonome et la prise de risque mesurée sont essentiels. Grimper, tomber, se relever, évaluer le risque, ce n’est pas un luxe, c’est essentiel au développement de l’enfant, affirme M. Auger.
Le jeu avec un petit risque […] oui c’est important pour la confiance en soi. Il n’y a rien de plus beau qu’un enfant qui dit : Hey, je suis capable de le faire.
M. Auger observe d’ailleurs une hausse marquée de l’anxiété chez les jeunes et de leur difficulté à faire face aux obstacles.
Si on ne lui donne pas la possibilité de faire ça, c'est sûr qu'on joue sur le développement […] et quand on n'a pas confiance en soi aussi, c'est là que l'anxiété arrive, ajoute-t-il.
Il appelle au gros bon sens plutôt qu’au galon à mesurer pour faire pousser des ailes à la nouvelle génération.
Il faut amener l'enfant à avoir confiance en lui et ça passe par des petites réussites et par des petits risques, et je suis tombé, je me relève, j'ai jugé, je suis plus capable de le faire après, explique-t-il.
Des règles sur le terrain pour la sécurité scolaire
Faute de règlement provincial, les conseils scolaires misent sur des clauses contractuelles avec les entreprises de déneigement, explique Tom Michaud, directeur de l'éducation au Conseil scolaire catholique Nouvelon (CSC Nouvelon).
On a une limite de 2,5 m. […] Si une butte dépasse cette hauteur, les déneigeurs doivent obligatoirement la raser, dit-il.

Tom Michaud est directeur de l’éducation au CSC Nouvelon.
Photo : Offerte par CSC Nouvelon.
Il explique également que cette gestion prévoit l’éloignement des obstacles comme les arbres à proximité et les clôtures afin de minimiser les risques d’accident.
Le CSC Nouvelon s’appuie sur les directives de l'Association pour la santé et l'éducation physique de l'Ontario pour assurer une supervision adéquate, s'assurer que l'équipement est sécuritaire, et éviter des collisions lors de la glissade.
Du côté du Conseil scolaire Viamonde (CS Viamonde), on précise qu’ il est attendu que le personnel […] effectue une surveillance active pendant les récréations et ne permette pas aux élèves de jouer sur les monticules de neige ou toute surface glacée lorsque cela représente un risque de blessures.
Chaque direction d’école fait preuve de jugement pour déterminer si l’accès à des portions du terrain doit être restreint. […] Les directions collaborent avec les superviseurs des édifices du Conseil pour identifier et planifier les travaux d’entretien qui doivent être exécutés, au besoin.

Des élèves profitent des plaisirs de l’hiver sous une surveillance active du personnel scolaire.
Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault
Le conseil ajoute que les entrepreneurs doivent respecter des clauses de manière à ce que l’empilement se fasse à l’écart des aires de jeux utilisées et ne dépasse pas 2,5 m. Les directions d’école n’autorisent pas les élèves à jouer aux endroits où la neige est empilée, souligne-t-il.
Pour sa part, le Conseil scolaire catholique MonAvenir (CSC MonAvenir) indique que les décisions sont prises selon des critères cohérents, documentés et équitables.
L’inquiétude d’une mère
Joane Assad, résidente d’Ottawa et mère d’un garçon de quatre ans, adopte une position nuancée. Bien que rassurée par la gestion proactive de l’école de son fils, elle estime que le danger demeure réel.
Elle plaide pour une surveillance accrue, estimant que les ratios actuels entre les enseignants et les élèves ne permettent pas toujours d’assurer la sécurité.

Joane Assad témoigne sur la sécurité scolaire.
Photo : Offerte par Joane Assad.
C’est pour ça qu’il faut une surveillance accrue au niveau des écoles parce qu’on ne peut pas tout voir […] et des fois il n’y a pas d’assistants.
[…] Les professeurs ne voient pas tous les élèves en même temps […] ça peut être dangereux s'il n'y a pas une surveillance accrue lors des jeux extérieurs dans les cours de récréation, déclare-t-elle.
Le plaisir de la glissade
Malgré les restrictions, les autorités reconnaissent la valeur des activités hivernales.
Un des plaisirs de l'hiver, c'est certainement la glissade. […] c'est incontournable, affirme Tom Michaud.

(De gauche à droite) Justine Battochio, Piper Gardner, Rosabelle Roma et Cadence MacDonald profitent de la pente à glisser à l’école St-Dominique.
Photo : Offerte par Conseil scolaire catholique Nouvelon.
Une responsabilité partagée
La question de la sécurité dépasse les murs de l'école. La Ville du Grand Sudbury précise qu’elle n’assure ni l’entretien ni la gestion des pentes à glisser sur ses propriétés, utilisées à leurs propres risques et que la surveillance parentale demeure essentielle.
Le ministère de l’Éducation de l’Ontario n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.


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