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Budget provincial : le Bas-Saint-Laurent craint d’être « oublié »

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Transport collectif, infrastructures, environnement, culture, le Bas-Saint-Laurent a d'importantes attentes en vue du budget provincial qui sera déposé le 18 mars, moins d’un mois avant l'arrivée d’un nouveau chef de parti et à quelques mois des élections générales provinciales.

Dans la dernière année, Québec a coupé partout et on va espérer peut-être que, dans ce budget-là, on aura un peu plus de considération pour de petits programmes qui font une très grande différence, affirme Bruno Paradis, président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL), en soulignant par ailleurs que les élus ne sont pas dupes.

Souvent, on a l'impression qu’on est oublié dans ces grands budgets-là. J'ai l'impression qu’on va vouloir faire plaisir à des endroits du Québec qui ont plusieurs députés. [...] Qu’encore une fois, on va voir qu'on est des citoyens de seconde zone!

Il craint de plus que le budget ne serve de campagne publicitaire pour un parti politique.

Transport collectif

Plusieurs priorités ont été identifiées par la TREMBSL, notamment un financement équitable pour développer le transport collectif en milieu rural.

On demande cinq millions de dollars par année pour mettre en place un transport collectif pour permettre à nos populations d'avoir accès à des jobs de qualité, à des services de santé de qualité, puis à des institutions scolaires, explique Bruno Paradis.

Trois autobus du Transport adapté et collectif (TAC) de La Mitis dans un stationnement enneigé.

Alors que le Bas-Saint-Laurent veut mettre sur pieds un service de transport collectif inter-MRC, certaines MRC se verront obligées de couper des services de transport collectif bientôt, faute de financement, affirme Bruno Paradis de la TREMBSL. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alain Fournier

Ça devient fâchant de ne jamais être capable de l'obtenir, qu’il y a des projets où on a l'impression que l'argent pleut, affirme-t-il en mentionnant le fiasco SAAQclic ou le projet Northvolt qui ont bénéficié de milliards de dollars d’argent public.

Le directeur général du Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL), Patrick Morin, interpelle aussi le ministre des Finances dans le dossier du transport collectif.

Ce qui est responsable, c'est d'investir dans des moyens concrets de réduire notre dépendance aux hydrocarbures, puis nos émissions de GES qui vont permettre de réduire les impacts des changements climatiques.

Il rappelle que le Québec se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète et qu’il faut réduire notre dépendance au pétrole, surtout en période d’instabilité géopolitique.

Patrick Morin.

Patrick Morin est le directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL). (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

Ce gouvernement a refusé la demande pourtant consensuelle de la région d'une taxe de deux cents du litre [...] pour opérer la Régie de transport collectif du Bas-Saint-Laurent, qui existe, mais qui ne peut pas opérer faute de financement, rappelle-t-il en mentionnant que le même gouvernement a octroyé un cent le litre à la Gaspésie, et trois cents le litre à la région de Montréal.

Déficit d’entretien des infrastructures

Il y a consensus sur l’urgence d’investir dans les infrastructures au Bas-Saint-Laurent.

Les infrastructures d’aqueduc et d’égout, les bâtiments et les infrastructures routières accusent un déficit d’entretien important, selon l’Ordre des ingénieurs du Québec qui a récemment publié un rapport parlant d’une crise d’entretien de nos infrastructures au Québec (nouvelle fenêtre).

Bruno Paradis.

Bruno Paradis, préfet de la MRC de la Mitis, maire de Price et président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL). (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

Les élus demandent le rehaussement du financement dans les programmes liés aux systèmes d’aqueduc et d'égouts, mais aussi une approche différenciée pour les plus petits milieux.

De fournir de l'eau, de fournir des infrastructures à des écoles, à des hôpitaux, même si on est 10 000 au lieu de 20 000, c'est souvent les mêmes coûts, indique Bruno Paradis.

Ça coûte souvent plus cher faire ce genre de travaux là en région, mais on n'a pas la population pour soutenir l'autre partie qui doit être financée par le milieu municipal, témoigne-t-il.

Un ouvrier répare une conduite d'eau.

Les bris d'aqueduc sont de plus en plus fréquents au Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Patrick Morin, lui, souligne l’importance de financer les rénovations et l’entretien des routes et bâtiments existants, plutôt que d’investir dans de nouvelles infrastructures comme le troisième lien.

Le gouvernement doit comprendre que l'entretien et la rénovation de bâtiments, que ce soit des écoles ou des hôpitaux, ça peut être extrêmement structurant pour l'économie en général, lance-t-il.

On engage de la main-d’œuvre locale, on peut remplacer du chauffage au mazout par de la biomasse forestière résiduelle, comme préconisé dans notre région, on peut faire de la construction en bois, utiliser les matériaux qui sont issus de notre économie régionale, explicite-t-il.

Investissements en culture

Les élus soutiennent le milieu culturel bas-laurentien et exhortent Québec à conserver et régionaliser la gestion des programmes donnant accès à la culture pour la clientèle scolaire.

Deux sorties culturelles gratuites par année par enfant, ce n’est pas des montants qui sont énormes. On parle d’un montant de moins de 10 $ par enfant. Si c'est coupé, ça sera un enjeu majeur pour notre territoire concernant l'accès à la culture, souligne Dominique Lapointe, directrice générale de Culture Bas-Saint-Laurent.

Dominique Lapointe.

Dominique Lapointe est directrice générale de Culture Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Xavier Lacroix

Je pense que le maintien de ça, c’est incontournable.

Elle rappelle également la situation très fragile des musées de la région.

On est très très inquiet du budget à venir parce qu'on sait qu'on est dans un contexte économique difficile, témoigne-t-elle. On s'attend à ce que le ministre des Finances ait une parole claire sur le maintien des infrastructures muséales.

Industrie forestière, immigration et environnement

Les élus du Bas-Saint-Laurent exigent un financement conséquent du nouveau régime forestier pour que l'industrie forestière de la région perdure et se modernise.

Ils demandent également d'adopter une approche régionalisée en immigration et de rehausser le financement des services d'accompagnement des personnes immigrantes.

Le Conseil régional en environnement exige un réinvestissement dans le plan pour l’économie verte et le plan nature.

Lac entouré de montagnes et dont on voit aussi le fond marin avec ses algues.

Le lac de l'Est fait partie des territoires d’intérêts ciblés dans le cadre du projet des sept réserves de biodiversité du Bas-Saint-Laurent depuis 2013. (Photo d'archives)

Photo : JC Lemay Photo / SNAP Québec

Il ne faut absolument pas diminuer le financement qu'on va mettre dans la mise en œuvre du plan pour une économie verte, ça serait une grave, grave, grave erreur, souligne Patrick Morin.

Il demande à Québec d'embaucher au ministère de l'Environnement. Son organisme constate dans son quotidien que les suppressions de poste font plus mal à ce ministère qu’à d’autres.

Si on investit dans ce personnel-là, ça permettrait par exemple d'accélérer la consolidation de notre réseau d'aires protégées au Bas-Saint-Laurent, explique-t-il.

Et le personnel du ministère de l'Environnement limité, ça a aussi des impacts pour d'autres secteurs, notamment le secteur forestier parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes dans le milieu, ajoute-t-il.

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