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En commission, les députés ont voté contre la désindexation de la plupart des pensions de retraite sur l’inflation, pourtant mesure phare du budget de Sébastien Lecornu.
Par Marceau Taburet avec AFP

AMAURY CORNU / Hans Lucas via AFP
L’Assemblée nationale le 16 octobre.
Nouveau camouflet pour le gouvernement. Ce vendredi 16 octobre, en commission des Affaires sociales, les députés ont voté contre l’une des mesures visant les retraités auxquelles Sébastien Lecornu était le plus attaché pour faire des économies dans son budget de la Sécurité sociale pour 2027.
Ainsi, l’Assemblée a rejeté la désindexation de deux tiers des pensions de retraite sur l’inflation. Si cela n’a rien de définitif puisqu’il s’agit d’un simple vote en commission, le message envoyé au gouvernement est très clair : « Pas de réduction du pouvoir d’achat des retraités », a martelé le député de La France insoumise Hadrien Clouet. « Ce serait appauvrir nos retraités dans un contexte de surinflation des prix », a aussi dénoncé l’élu RN Christophe Bentz.
C’est la deuxième fois que le gouvernement subit un lourd échec après le rejet, la veille, dans l’hémicycle, lors des débats sur le budget de l’État, du plafonnement de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités.
Concrètement, Sébastien Lecornu espérait revenir sur une tradition : que toutes les pensions de retraite ne soient pas revalorisées en janvier suivant l’inflation. Le gouvernement proposait que seul un tiers des retraités, ceux qui reçoivent moins de 1 260 euros chaque mois, puisse bénéficier d’une hausse à hauteur de l’inflation. Une mesure qui permettait, selon les calculs de l’exécutif, de ramener 4 milliards d’euros dans les caisses de l’État. Pas négligeable en ces temps de disette budgétaire.
Déjà, le gouvernement réfléchit à une manière de faire revenir sa proposition, quitte à la faire évoluer par exemple en acceptant l’idée d’une revalorisation partielle de certaines pensions comprises entre 1 260 euros et 2 000 euros. Les seuils jusqu’ici proposés « mériteraient d’être discutés et probablement d’être relevés », a ainsi convenu la députée Renaissance Annie Vidal.
En face, de nombreuses forces politiques pourtant opposées se sont élevées contre la mesure, des Républicains à La France insoumise, en passant par le PS, le RN, l’UDR, les communistes et les Écologistes. Un sondage Odoxa-Backbone publié mi-octobre pour Le Figaro montre que 55 % des Français se disent favorables à ce que les pensions de retraite augmentent moins vite que l’inflation, sauf pour les plus petites. Une part qui augmente à 61 % chez les actifs.


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