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Après avoir cherché des économies partout, Bercy confirme qu’il reste encore quelques Français disposant d’un portefeuille à fouiller.
Quelques semaines auparavant, le gouvernement annonçait encore un « effort » de 54 milliards d’euros. Le projet présenté le 1er octobre retient finalement environ 43 milliards d’euros de « mesures de redressement ». Une nuance comptable qui ne change pas vraiment le décor : le déficit public resterait à 5 % du PIB en 2027 et la dette atteindrait 121,7 % du PIB.
Nous détaillions déjà en septembre les principales pistes du budget 2027. Elles sont désormais largement confirmées.
91 milliards d’euros rien que pour les intérêts
Le chiffre qui écrase tous les autres est celui de la dette. La charge annuelle, c’est-à-dire essentiellement les intérêts payés par les administrations publiques, est attendue autour de 91 milliards d’euros en 2027, contre près de 79 milliards cette année.
Et ce n’est pas parce que la dette commencerait enfin à diminuer. Le gouvernement prévoit au contraire qu’elle passera de 119,3 % du PIB en 2026 à 121,7 % en 2027.
La mécanique est particulièrement sympathique : plus les taux d’intérêt augmentent, plus les anciennes dettes refinancées coûtent cher, plus il faut dégager des économies ou augmenter les recettes pour payer les intérêts. Le hamster budgétaire court donc de plus en plus vite dans une roue qui continue de grossir.
Fin juin 2026, la dette publique avait déjà atteint 3 595,5 milliards d’euros, après une nouvelle hausse de près de 60 milliards en trois mois.
Les retraités mis à contribution pour 5,5 milliards
Les retraités constituent l’un des principaux leviers du projet. Le gouvernement prévoit environ 5,5 milliards d’euros d’effort les concernant.
Les pensions jusqu’à 1 260 euros par mois conserveraient une revalorisation intégrale. Au-dessus de ce seuil, le gouvernement veut pouvoir appliquer une augmentation inférieure à l’inflation. Les pensions ne baisseraient donc pas nominalement, mais leur pouvoir d’achat pourrait reculer si les prix progressent davantage.
Deuxième étage : l’abattement fiscal de 10 % applicable aux pensions. Son plafond, aujourd’hui fixé à 4 439 euros, serait ramené à 3 000 euros pour les pensions de retraite. Le texte est inscrit noir sur blanc à l’article 3 du projet de loi de finances pour 2027.
Bercy justifie cette mesure en estimant que l’avantage actuel profite davantage aux retraités disposant des revenus les plus élevés.
Allocations, arrêts maladie et entreprises également concernés
Le projet prévoit aussi de ralentir la progression de certaines prestations sociales. Les allocations familiales et plusieurs aides devraient être davantage ciblées, tandis que le RSA, l’AAH et le minimum vieillesse restent protégés par les mécanismes annoncés.
Côté santé, le gouvernement veut contenir à 2 % l’augmentation des dépenses d’Assurance maladie. Les arrêts de travail font partie des postes sur lesquels Bercy et la Sécurité sociale recherchent des économies. Le déficit de la Sécu devrait ainsi passer, selon les prévisions gouvernementales, de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027.
Les entreprises ne sont pas totalement épargnées. Les règles concernant les allègements de cotisations patronales doivent encore évoluer et plusieurs niches fiscales sont revues. Dans le même temps, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est maintenue mais réduite.
Le taux global de prélèvements obligatoires passerait ainsi de 43,9 % du PIB en 2026 à 44,2 % en 2027.
Au bout du document budgétaire, la contradiction reste difficile à cacher : la France prévoit 43 milliards de mesures de redressement, mais la dette continuera de progresser et ses seuls intérêts approcheront 91 milliards.
En langage Bercy, cela s’appelle un « redressement ». En langage bancaire, quand les intérêts augmentent plus vite que la capacité à réduire le capital, on commence généralement à surveiller son relevé de compte d’un peu plus près.
Le Parlement peut désormais modifier une grande partie de ces mesures. La facture définitive du budget 2027 n’est donc pas encore imprimée. Le ticket de caisse, lui, commence sérieusement à s’allonger.


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