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Après des années de disette, une trentaine de logements pourraient voir le jour dans les prochaines années à Port-Menier. Ce « boom » est le fruit d’une stratégie mise en place par la Municipalité, alors que le statut de patrimoine mondial de l'UNESCO ravive engouement pour l’île d’Anticosti.
La Municipalité de L’Île-d’Anticosti a récemment vendu 11 terrains à des particuliers avec l’obligation pour les acheteurs de bâtir des duplex d’ici trois ans. Ils doivent avoir obtenu un permis de construire dans la première année, détaille la mairesse Hélène Boulanger; l’extérieur doit être fini dans la deuxième, et le tout terminé trois ans après l’acquisition.
L’achat de l’un des rares terrains disponibles dans la communauté s’accompagne donc d’un sentiment d’urgence à la mesure du besoin en logement à Port-Menier. En effet, si la pénurie existait déjà en 2024, l'inscription de l'île d’Anticosti à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO n’a fait qu’accentuer le phénomène.
Faut que ça bâtisse! lance Mme Boulanger. Les employeurs ont de la misère à loger leurs employés. Cette situation n’épargne d’ailleurs pas la Société du patrimoine mondial Anticosti, l’organisme créé pour remplir la mission associée au statut de patrimoine mondial.
La Municipalité se réserve ainsi le droit de reprendre aux acheteurs leur terrain si aucun progrès n’est constaté. La mairesse assure que cette option ne sera pas appliquée sans discernement. L’important, c’est de voir qu’il y a une intention et que des efforts sont faits.
La seule vente de ces 11 terrains devrait donc déboucher sur la construction de 22 logements. La Municipalité a demandé que chaque terrain accueille deux logements de manière à favoriser l’établissement à long terme de résidents.
L’acheteur peut occuper son logement comme il le souhaite, mais l’autre, il le loue à des travailleurs ou à des gens venus s’établir, explique Hélène Boulanger.
En plus de ces 22 logements, trois triplex sont en voie d’être bâtis par un entrepreneur, portant le nombre total d’unités à venir dans les prochaines années à 31.
Pour une communauté d’à peine 200 âmes, c’est énorme, souligne Hélène Boulanger.

La mairesse de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, Hélène Boulanger
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Compenser pour les coûts exorbitants
Construire un duplex à Port-Menier coûte au bas mot 700 000 $, estime la mairesse, principalement en raison de l’isolement de la communauté. La Municipalité ne peut pas développer de projets pour cette raison.
Pour pallier ces coûts élevés, les terrains offerts par la Ville ont été vendus au rabais : environ 11 000 $ chacun.
Dominic Brazeau, le responsable de l’urbanisme pour la Municipalité de L’Île-d’Anticosti, espère pouvoir bientôt mettre en vente une deuxième vague de terrains, similaire en envergure.
C’est vraiment une période intéressante. Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu une effervescence comme celle-là! Mais ça représente aussi des défis.
Un de ces défis, c’est que la Municipalité ne dispose plus d’aucun terrain.
Comme pour les 11 qui ont été vendus récemment, il faut négocier avec le ministère des Ressources naturelles et des Forêts afin d’en obtenir de nouveaux, explique l’urbaniste, qui garde espoir que ces démarches arrivent à terme d'ici un an ou deux.


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