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En vérité, nous avons tous plus ou moins envie de savoir ce que font les autres, en particulier les petits secrets qu'ils dissimulent. Au Moyen Âge, le commérage était même considéré comme un vice. Accusées de parler trop librement, les commères devaient porter une muselière en fer.
Force est de constater que, malgré ces punitions anciennes, les potins n'ont pas disparu, bien au contraire. Une question subsiste: alors que les ragots procurent une sensation de plaisir, sont-ils réellement néfastes? Cécile Fabre, philosophe à l'université d'Oxford, s'est penchée sur la question. Le média américain Vox revient sur ses conclusions.
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Les ragots permettent aux personnes de se rapprocher, en particulier entre amis. Mais ils peuvent également «détruire les relations sociales», rappelle Céclie Fabre. Selon l'experte, il existe des «bons» et des «mauvais» commérages. Dans la première catégorie se trouvent les potins véridiques que vous partagez sans trahir une promesse. La seconde comprend les mensonges et les secrets, qu'on a parfois du mal à garder pour soi.
Si vous divulguez des informations de cette deuxième catégorie, sachez que vous vous éloignez de toute éthique. En revanche, partager une anecdote d'une connaissance commune qui l'a racontée librement fait de vous, certes, une pipelette, mais une pipelette qui n'a pas pour autant renoncé à toute morale. Cécile Fabre va plus loin. La philosophe condamne les commérages qui entravent «la considération et le respect que nous devons aux autres en tant que personnes».
Règle numéro un: ne pas répéter
Le penseur du XVIIIᵉ siècle Emmanuel Kant n'était pas aussi catégorique sur la question des rumeurs. Le grand métaphysicien des mœurs appréciait particulièrement les conversations animées autour d'un verre de vin. Une règle à respecter selon lui: personne ne devait ensuite divulguer le contenu de ces discussions.
Depuis Kant, de nombreux penseurs se sont fait les défenseurs du commérage, estimant qu'il s'agit d'un aspect inévitable et nécessaire de la vie sociale. Dans son essai Grooming, Gossip, and the Evolution of Language, l'anthropologue Robin Dunbar soutient que les potins ont, en partie, permis la survie de notre espèce: les hominidés colportaient des rumeurs, partageant ainsi des informations sur les personnes et les pratiques dangereuses. Le commérage consistait alors en une forme d'apprentissage.
Plus récemment, le chercheur a constaté que 85% de nos conversations sont consacrées à des sujets sociaux –majoritairement au gossip. Une vaste étude sur les ragots a montré que la plupart n'étaient ni malveillants ni destinés à critiquer autrui, mais plutôt neutres.
Pour Cécile Fabre, ce qui compte vraiment pour être en paix avec son côté commère est le temps consacré aux sessions de potins. Il s'agit de trouver un équilibre entre les anecdotes sur la vie des autres et les moments où l'on parle de soi ou d'autres sujets. Les commérages sont naturels, amusants et même utiles. Mais il existe bien d'autres façons de tisser des liens. Vous pouvez bien partager quelques ragots croustillants, mais pensez à garder du temps pour apprécier la richesse de votre propre vie et celle de vos interlocuteurs.





























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