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Les eaux issues de la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland pourraient sérieusement perturber les courants de l'océan Atlantique qui régulent le climat mondial. Cependant, une nouvelle étude atténue l'effondrement complet et irréversible de la circulation océanique prédit par certaines recherches.
D'ici 2100, la fonte des glaces du Groenland pourrait entraîner une réduction de 10 à 20% de l'intensité de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (sous l'acronyme anglais AMOC). L'AMOC consiste en un vaste système de courant marin profond qui transporte l'eau chaude des régions proches de l'Équateur vers l'hémisphère nord.
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Des travaux précédents ont suggéré que l'AMOC est aujourd'hui à son plus bas niveau depuis plus de 1.000 ans, avec des risques multiples: vagues de froid intense au nord-ouest de l'Europe, élévation du niveau de la mer le long de la côte est des États-Unis ou encore sécheresses accrues près de l'Équateur.
La nouvelle étude publiée en juin semble moins alarmiste, selon le site spécialisé Live Science. Les conclusions montrent que, d'ici 2300, la calotte glaciaire du Groenland pourrait entraîner un affaiblissement considérable de 40% de l'AMOC, en plus des baisses déjà projetées par certains modèles climatiques si le réchauffement se poursuit. «D'ici 2100, certes, nous aurons quelque chose, mais l'essentiel de l'impact surviendra plus tard», souligne Jost von Hardenberg, professeur au sein du département d'ingénierie de l'environnement, du territoire et des infrastructures de l'École polytechnique de Turin, également coauteur de l'étude.
Comment l'eau douce ralentit les courants
La fonte des glaces arctiques et groenlandaises ralentit l'AMOC, en empêchant la formation de courants profonds dans l'Atlantique Nord, ceux-là mêmes qui entraînent normalement la circulation vers le sud. Ces courants profonds se forment lorsque des masses d'eau froide et salée plongent vers le fond marin, un processus perturbé par l'arrivée d'eau douce et la hausse des températures. Résultat: ils se diluent et réchauffent les eaux de surface.
Les scientifiques ont tardé à inclure les eaux de ruissellement de la calotte glaciaire du Groenland dans leurs modèles. «Pour modéliser correctement la fonte du Groenland, il faut disposer d'un modèle dynamique spécifique à la calotte glaciaire du Groenland, souligne Jost von Hardenberg. C'est une bonne chose, mais son développement nécessite beaucoup de ressources.»
Des effets repoussés à 2300
Pour cette étude, les chercheurs ont modélisé l'affaiblissement de l'AMOC avec et sans la contribution du Groenland. Or, les résultats suggèrent que la calotte groenlandaise aura une influence majeure sur les courants atlantiques, en particulier après 2100. «Ce n'est qu'après cette date que la fonte du Groenland commence véritablement à s'accélérer», précise le scientifique. La simulation s'étend jusqu'en 2300, moment où l'eau de fonte devient réellement abondante.
Contrairement à d'autres études qui prévoient un effondrement irréversible de l'AMOC sous l'effet du changement climatique, ce modèle montre au contraire que la circulation se rétablit une fois l'apport d'eau de fonte interrompu ou lorsque les émissions de gaz à effet de serre sont réduites. Ce constat vaut aussi bien pour les simulations incluant la calotte du Groenland que pour celles l'excluant. Ce phénomène de récupération suggère que l'AMOC serait plus stable qu'on ne le pensait.
Selon les chercheurs, ces résultats confirment l'importance d'intégrer la calotte glaciaire du Groenland dans les modèles climatiques. Disposer d'un éventail plus large de modèles intégrant ce paramètre permettrait de mieux répondre à une question centrale: dans quelle mesure l'AMOC pourrait-elle diminuer selon les différents scénarios climatiques?
Plusieurs experts partagent cette analyse. Le climatologue anglais Jonathan Baker relève la pertinence de ces travaux. «Ce qui rend cette étude particulièrement intéressante, c'est qu'elle examine directement un processus souvent cité comme une source importante d'incertitude dans les projections futures concernant l'AMOC», rapporte-t-il. La question d'un possible effondrement du système reste néanmoins ouverte. D'autres études sont nécessaires pour corroborer les conclusions de l'équipe européenne.





























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