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Dès le mois de septembre, les producteurs et maraîchers pourront bénéficier d’allègements du ministère de l’Agriculture (MAPAQ) au Règlement sur les aliments. Par exemple, les éleveurs pourront abattre et transformer jusqu'à 300 poulets pour les vendre à leur ferme et dans les marchés publics.
Une autre modification en vigueur depuis début juillet vise à favoriser l'agrotourisme et les activités complémentaires à la ferme. Dans un communiqué, Québec explique que cet allègement vise à mieux répondre aux besoins des producteurs et à soutenir les fermes de proximité.
Jusqu’à présent, Jessy Beaulieu-Gagné ne transformait le poulet que pour sa consommation personnelle. On faisait seulement le nombre de poulets que nous allions manger dans un hiver, décrit la copropriétaire de la Ferme des cinq sens, située à Sayabec.

La Ferme des cinq sens est une entreprise familiale située dans la Vallée de la Matapédia, spécialisée en production maraîchère et en veaux d'embouches.
Photo : Facebook / / Ferme des cinq sens
Quand tu peux vendre jusqu'à 300 poulets à tes clients, c’est quand même énorme comme diversité. Il y a encore du progrès à faire, mais c'est un grand avancement pour les petits producteurs.
Par exemple, pour faire un pâté au poulet, on devait acheter un poulet d’épicerie même si on en avait dans notre production, ajoute la maraîchère.
À partir du 29 août, les producteurs pourront transformer, à la ferme, le poulet qu’ils élèvent sur leurs terres. Ça diminue le coût de nos produits pour les revendre en circuit court, fait valoir Jessy Beaulieu-Gagné.
Des allègements attendus
Un projet pilote permettait déjà à certains producteurs d'exploiter un abattoir de poulets afin de les vendre en kiosque ou au marché public, comme à la Ferme Desrochers, à Pointe-aux-Outardes, sur la Côte-Nord.

En 2025, la Ferme Desrochers, sur la Côte-Nord, pouvait élever un total de 300 poulets dans le cadre du projet-pilote d'abattage à la ferme. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Le président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Gaspésie-Les Îles, Sylvain Arbour, souligne la décision de Québec. Ça fait des années qu’on demande une diminution de la réglementation, explique-t-il.
En Colombie-Britannique, certains producteurs formés peuvent abattre des bovins à la ferme. On n’est pas rendu là, mais juste pour les volailles, je pense que c’est une belle annonce, affirme Sylvain Arbour.
Quand tu as goûté un poulet fermier, comparativement à un poulet industriel, tu vois la différence de suite! Est-ce qu'il va avoir des producteurs intéressés? Moi, je crois que oui.

Sylvain Arbour est le président de l'UPA gaspésienne. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois
Le président attend toutefois de voir la mise en place de cette nouvelle réglementation et les frais que les producteurs devront investir afin d’abattre, dans les règles, les poulets qu’ils élèvent.
Il y a un ensemble de règlements qui se développent tranquillement pas vite au niveau du MAPAQ et qui permettent de faciliter la production locale sans avoir à passer par de grandes chaînes ou des abattoirs lointains, souligne à son tour Olivier Deruelle, agent de développement social à la MRC de La Côte-de-Gaspé.

Le nouveau règlement prévoit aussi un assouplissement des installations de système de traite robotisé fixe, pour les fermes laitières. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
L’accès à des services d'abattoirs est difficile pour les producteurs de volaille gaspésiens, devant transporter leurs animaux jusqu’à l’île d’Orléans, près de Québec. Selon l’agent de développement, il s’agissait d’un obstacle pour plusieurs petits producteurs.
Je salue l'initiative. Je trouve qu'on a des évolutions qui sont intéressantes et qu’on n'est pas plus bête qu'ailleurs, ajoute l'homme responsable des marchés publics de Gaspé.

Québec a également annoncé la création d'un fonds de deux millions de dollars pour propulser des projets d'agriculture de proximité. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
On est capable de produire localement et d'abattre dans les règles de l'art en région [...]. J'en suis convaincu!
Selon l’UPA, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine compte près de 250 fermes, majoritairement réparties en bordure du littoral. Seuls 4 % du territoire de la région est voué à l’agriculture.


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