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La Ville de Berthierville voudrait que les propriétaires du terrain adjacent au monastère des Moniales-Dominicaines-de-Berthierville, abandonné par les mêmes promoteurs en mai dernier, puissent exploiter la superficie qui est toujours vacante.
Le problème, c’est que cette parcelle de terrain a aussi reçu le statut de patrimonial, au même moment que l’ancien bâtiment religieux. Le champ était, autrefois, loué à un agriculteur qui le cultivait. Or, en 2020, Québec l'avait classé bien patrimonial en même temps que l'immeuble de la communauté religieuse, une décision que remet en doute l’un des promoteurs.

Il s’agit d’un espace inoccupé équivalant à 14 terrains de football derrière l'ancien monastère.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
À l'époque, il pouvait y avoir la culture, mais ce n'était pas nécessairement les sœurs qui étaient là. Ça n'a pas un réel besoin d’être attaché avec le monastère, explique l’un des promoteurs, André St-Martin.
Le ministère de la Culture et des Communications expliquait récemment que le terrain de l'ancien monastère des Moniales de Berthierville est classé comme site patrimonial pour ses valeurs historique, architecturale et paysagère.
Pour la ville, ces espaces sont pourtant précieux. Les promoteurs immobiliers comptaient y construire jusqu'à 260 habitations.
C’est un peu aberrant que ce soit classé étant donné qu’on a des photos aériennes qui montrent, dans les années 90, que c'était des terres de culture, ajoute le maire de Berthierville, Pierre Lahaie.
Les propriétaires sont les mêmes qui, exaspérés par les dispendieuses exigences de Québec pour la conservation de l'ancien monastère, avaient légalement abandonné à l'État cette partie de la propriété. Ils avaient toutefois conservé le champ derrière.
Au moment de céder le site, les anciens propriétaires n'avaient pas acquitté les taxes municipales : environ 100 000 dollars pour une période de sept ans. Le conseil municipal de Berthierville a choisi de ne pas réclamer le bâtiment pour taxes impayées, vu l’impasse dans laquelle il se trouve.

Depuis le 1er mai, les promoteurs considèrent s’être dégagés de toutes responsabilités en lien avec le bâtiment.
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Le ministère de la Culture et des Communications indique que : Le cas échéant, le ministère considère le projet à son mérite en prenant en compte, notamment, l'effet de l'intervention sur la préservation des valeurs patrimoniales et des éléments caractéristiques qui les incarnent, peut-on lire dans sa réponse, qui laisse planer la possibilité d’un revirement de situation.
Les propriétaires reconnaissent ne pas avoir payé leurs taxes en raison des contraintes du classement, le champ situé en zone constructible devrait être réévalué comme un champ se trouvant plutôt en zone verte, d’après eux.


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