Plusieurs suspects avaient été identifiés après qu'un commandant de police a été violemment frappé vendredi à Belfort, en marge de la mobilisation des lycéens. Deux ont été placés en garde à vue.

La rédaction - Aujourd'hui à 08:52 | mis à jour aujourd'hui à 11:39 - Temps de lecture :

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Deux personnes ont été placées en garde à vue après le passage à tabac d'un policier, vendredi, lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Belfort en marge du mouvement lycéen, indique le procureur ce dimanche matin. Plusieurs personnes avaient été identifiées samedi, avait indiqué le procureur, Paul-Edouard Lallois. Il se disait alors « assez optimiste » sur la perspective de les arrêter dans les 24 heures.

Le magistrat doit donner une conférence de presse à 16h pour faire le point sur l'enquête, ouverte pour tentative de meurtre. Le policier, né en 1967, est chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort. Le magistrat n'a pas précisé combien de suspects avaient été identifiés ni s'ils constituaient l'ensemble des suspects recherchés.

Un jeune de 17 ans libéré de garde à vue

Un jeune homme de 17 ans arrêté la veille en lien avec l'agression est sorti de garde à vue samedi midi sans charges retenues contre lui, aucun élément ne montrant qu'il aurait frappé le policier. « Il était néanmoins sur place et ses dépositions nous permettent de mieux comprendre le contexte » des faits, a précisé le procureur.

Parmi les suspects identifiés figure un jeune que le commandant de police avait menotté sur les berges d'un ruisseau peu avant l'agression, a précisé le procureur. Reconnaissable par sa « menotte au poignet », il est « identifié clairement comme venant porter deux violents coups de pied à la tête du policier », poursuit le magistrat.

Une vidéo virale affirmait que la police aurait maintenu la tête d'un jeune sous l'eau

Le procureur a démenti samedi des affirmations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le policier aurait mis la tête du jeune homme sous l'eau en tentant de le maîtriser avant l'agression. Des vidéos circulant en ligne le montrent aux prises avec le jeune homme au milieu d'un ruisseau, avant de parvenir à l'immobiliser sur la berge. Les différentes vidéos, sur lesquelles le policier et le manifestant sont partiellement cachés par de la végétation, ne permettent pas de dire si la tête du jeune homme est immergée ou non.

Selon le procureur, « c'est l'individu qui va délibérément dans l'eau » en tentant d'échapper à l'agent qui le poursuivait pour son implication dans des jets de projectiles et des départs de feu. « Tous les deux tombent dans le ruisseau, c'est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l'eau et l'individu affalé sur l'eau », détaille-t-il. Mais le jeune « ne peut pas être immergé dans l'eau, il n'y a pas assez d'eau pour être immergé ».

Un contexte politique tendu

L'agression a amené le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à dénoncer des images « insoutenables » et « d'une rare violence », dans un contexte de durcissement du mouvement de blocage des lycées. A sept mois de l'élection présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation pour réclamer davantage de moyens, plus d'enseignants et dénoncer l'interdiction des téléphones portables dans les établissements est plus que sensible.

Le gouvernement dénonce des « violences urbaines » commises par des manifestants et en impute la responsabilité à La France insoumise, quand la gauche et les défenseurs du mouvement critiquent la dureté de la répression policière.

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