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Vendre un bien immobilier dans la région du Grand Toronto nécessiterait aujourd'hui trois à quatre fois plus de temps qu'en 2022, selon un récent rapport de Wahi.
C'est pourtant une période propice à l'achat d'une propriété, d'après Anita Bostok, agente immobilière chez Johnston & Daniel. Selon elle, bien que les prix demeurent élevés, ceux-ci commencent à fléchir et les taux d'intérêt restent quand même très bas.
On a un inventaire énorme de condominiums, d'appartements à vendre et beaucoup sont neufs, jamais utilisés.
Le marché immobilier serait même favorable aux acheteurs, une première depuis la pandémie, selon Monika Merinat, courtière immobilière chez Royal LePage Terrequity à Toronto. Les acheteurs peuvent vraiment se permettre de faire des offres beaucoup plus basses que le prix demandé, soutient-elle. Faute de ventes, certains constructeurs se résigneraient même à vendre à perte, ajoute Mme Merinat.
Malgré cette situation, les logements restent tout de même en vente plus longtemps qu'avant. Les acheteurs n'ont pas tellement confiance au marché en ce moment, souligne Mme Bostok. La guerre tarifaire avec les États-Unis ainsi que le risque que les taux d'intérêt repartent vers le haut freineraient les acheteurs potentiels.
Monika Merinat précise qu'en 2022, sous l'effet de la pandémie, les maisons se vendaient à un rythme très rapide dans la région de Toronto.
Mme Merinat rappelle qu'un moment de panique avait alors gonflé artificiellement les prix. Résultat : les propriétaires qui cherchent aujourd'hui à vendre une maison achetée durant cette période se voient contraints de le faire à perte, la valeur de leur bien ayant chuté.
Gonfler davantage l'inventaire?
La semaine dernière, la Chambre de commerce de la région de Toronto a plaidé pour une révision du zonage dans le Grand Toronto, un levier jugé indispensable pour faciliter la construction de logements. Nous pourrions réduire considérablement les coûts si nous disposions de règles plus uniformes en matière de zonage fonctionnel, affirme Giles Gherson, son PDG.

La Chambre de commerce de la région de Toronto souhaite voir les Municipalités du Grand Toronto l'harmoniser leurs règlements de zonage. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Il explique que lorsqu'un promoteur souhaite reproduire un projet d'une ville à l'autre, il doit reprendre toutes les démarches du début, alourdissant ainsi considérablement la facture.
Cet obstacle freine donc la construction d'immeubles de cinq étages et moins, normalement conçus pour les familles, selon M. Gherson.
Ce que nous proposons, c'est d'assouplir la réglementation afin de pouvoir construire davantage de petits immeubles.
Toutefois, les acheteurs refusent de payer les logements au prix fort qu'exige leur construction, explique M. Gherson. Selon le président de la Chambre de commerce de la région de Toronto, ce décalage expliquerait en partie le frein mis aux nouveaux chantiers dans la région.

Selon l'agente immobilière Anita Bostok, ce sont les logements à vocation familiale, normalement de immeubles de cinq étages et moins, qui font défaut dans la région. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Geoff Nixon
Monika Merinat prévient tout de même qu'augmenter l'offre peu importe le logement n'est pas la meilleure solution. Les gouvernements provinciaux et fédéraux disent qu'il faut construire et qu'on a un manque de logement et nous, qui sommes sur le terrain, nous vous disons que l'inventaire est énorme, insiste-t-elle.
Selon Anita Bostok, ce sont plutôt les logements à vocation familiale qui font défaut dans la région. On a besoin de logements de plus grande taille, on a besoin de logements pour des petites familles, soutient-elle.
Mme Merinat souligne que le marché immobilier du Grand Toronto se dirige tout de même vers un marché équilibré, avec un nombre de jours normal pour vendre une propriété et où vendeur et acheteur peuvent dialoguer et s'entendre sur un prix qui est juste. Néanmoins, l'agente immobilière note que le marché immobilier est volatil, et il peut basculer vers un marché d'acheteurs ou de vendeurs à tout moment.


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