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« C’est un peu le parc des rêves brisés ». C’est ainsi que le capitaine Jean-Christophe Dubreuil qualifie certains parcs d’hivernage, où plusieurs bateaux, promesses rompues d’aventures et de libertés, ont finalement échoué.
Le parc d’hivernage de Sept-Îles est à la recherche des propriétaires récalcitrants de huit navires abandonnés. L'entreprise a publié un avis public pour les inciter à payer leur solde, qui s’élève à plusieurs milliers de dollars, sans quoi leur embarcation sera vendue aux enchères.

Dans ses bonnes années, le Bubba Gum était un bateau de pêche commercial.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Plusieurs navires qui y sont stationnés sont en piteux état, laissés à l'abandon depuis plusieurs années.
C’est la première fois dans l’histoire du parc d’avoir un avis public pour retrouver les propriétaires, lance le responsable, Serge Langelier, devant l’un des rafiots.
Le propriétaire du Courageux, par exemple, doit 7000 $ à l'entreprise qui entrepose des navires de plaisance et de pêche.

Les abandons de bateaux peuvent découler de plusieurs facteurs, mentionne Serge Langelier.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
C'est le temps de payer ou de quitter, affirme Serge Langelier. On a des listes d'attente, on a des besoins et il faut les combler. On a besoin de se faire de l'espace par l'intérieur.
Le parc, conçu pour accueillir une soixantaine de navires, en compte plutôt 160.
La durée de l'avis c'est soixante jours, et après, si les gens ne se sont pas manifestés, on devient détenteur.

Jean-Christophe Dubreuil et sa conjointe, Catherine Gariépy, ont pris le large à bord de leur voilier l’Émourie pour un périple d’un an vers les Antilles.
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Jean-François Dubreuil
Serge Langelier ignore pourquoi les bateaux sont abandonnés, mais, selon le capitaine de l’Émourie, Jean-Christophe Dubreuil, être propriétaire d’un navire est coûteux. Chaque fois qu’il s’arrête dans une marina, il remarque des bateaux délaissés par leur propriétaire.
Le prix d'achat du voilier, c'est une chose, mais souvent, ce que les gens n’ont pas en tête, c'est l'entretien. Ça en prend tout le temps, tout le temps.

Le Maki est un voilier en ferrociment à deux mâts.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
La structure, les systèmes de refroidissement, de plomberie et d’égout, le moteur, ce sont autant de composantes qui doivent être entretenues, sans compter le milieu salin qui accélère l’usure et la corrosion.
À Sept-Îles, on a l’un des plus beaux terrains de jeux du Québec, mais les gens oublient les défis logistiques, et que le prix d’achat n’est pas la majorité des coûts.
Cette situation peut être un appel à la prudence pour les amateurs du large, qui risquent de s'enliser dans un dédale de dépenses.


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