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Selon le recteur de l’Université du Québec à Rimouski, François Deschênes, l’institution d’enseignement supérieur estime que le nombre de nouvelles inscriptions d’étudiants étrangers sera 35 % inférieur dans ses deux campus par rapport à l’an dernier.
Le recteur précise que la période d’inscription se termine dans environ deux semaines. À la mi-septembre, nous serons fixés.
Il s'agit d'une autre forte baisse du nombre de nouvelles inscriptions d'étudiants internationaux, alors que l'an dernier, la diminution était de 37 %, après plusieurs années de hausse du nombre d'étudiants étrangers.
Il rappelle qu’il y a eu un resserrement de l’immigration temporaire, ce qui peut expliquer en partie la baisse de nouvelles inscriptions.
Ce qu'on ne s'explique pas bien, c'est pourquoi les étudiants font partie du concept d'immigration temporaire à ce moment-ci dans un contexte où c'est balisé. Puis, généralement, c'est une belle voie d'entrée pour s'intégrer dans une société.
Il y avait un programme pour régionaliser l'immigration étudiante et puis, malheureusement, il a été aboli aussi, ajoute M. Deschênes. Ce qui fait en sorte que, quand on combine tous les incitatifs qui ont disparu, bien on ne peut pas s'étonner du résultat aujourd'hui.

Le recteur de l’UQAR considère que l'incertitude liée au resserrement des règles par le gouvernement provincial et fédéral, comme le plafond d'étudiants étrangers admis dans les universités, fait partie des raisons expliquant cette baisse d'inscriptions. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
Il note que la question du logement, qui a par le passé freiné certaines inscriptions, n'est plus un problème, notamment grâce à l'inauguration en juin dernier de deux nouvelles résidences.
François Deschênes, qui a participé à une mission en Europe au printemps dernier avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, affirme que les gens rencontrés s'intéressaient encore aux universités québécoises, mais qu’ils avaient des interrogations sur la possibilité d’obtenir la résidence permanente.
Le recteur reconnaît que la baisse des nouvelles inscriptions d’étudiants étrangers aura un impact sur les finances de l’Université, car la formule de financement des universités est basée sur le nombre d’étudiants.
Il y avait eu des incitatifs dans la formule de financement pour recruter des étudiants internationaux. Il faudra qu'il y ait un ajustement à la formule assurément.
Il note que certains programmes, comme le baccalauréat en sciences infirmières, offert notamment aussi à Baie-Comeau et en Beauce, attirent un nombre restreint d'étudiants québécois. Si on n'est pas capable de compléter avec un effectif d'étudiants internationaux [...] on peut être déficitaire pour offrir [les programmes], mais ils sont importants ces programmes-là.
On a bien besoin d'infirmières, on a bien besoin aussi d'enseignantes dans les salles de classe. Si on forme que huit étudiant et étudiants, ils sont cruciaux pour la suite, mais ça coûte très cher.
Il demande en ce sens au prochain gouvernement d'arrêter l’approche mur-à-mur pour le financement des universités en région.
Ce n'est pas la même réalité quand on est en plein cœur d'un centre urbain, quand on est en Gaspésie, ou à Rimouski, plaide-t-il. Ça s'applique aussi pour les étudiants internationaux.
Faut avoir le courage de prendre réellement en compte les particularités des régions, conclut-il.
Avec la collaboration d'Éric Gagnon et de Sophie Martin


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