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Trois cyclones traversent depuis mercredi le Pacifique en même temps, alors que l’ONU anticipe un El Niño « de très forte intensité » pour les mois à venir.

AFP PHOTO / NOAA / GOES
Cette image satellite, fournie par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), montre l’ouragan Lowell (à gauche) et l’ouragan Karina (à droite) au-dessus de l’océan Pacifique, le 2 septembre 2026.
Le phénomène est « assurément rare à observer », selon la climatologue Julia Cole. Deux puissants ouragans et une tempête tropicale traversent en ce moment, depuis mercredi 2 septembre, l’océan Pacifique, dont les eaux sont réchauffées par un épisode d’El Niño d’une intensité historique.
L’ouragan Lowell est passé mercredi en catégorie 5, la plus élevée, alors qu’il se déplace vers l’ouest, suivi par l’ouragan Karina (catégorie 4). Tous deux devraient passer loin des côtes d’Hawaï, selon le Centre national américain des ouragans (NHC).
« Les houles générées par Lowell se propagent vers le nord et toucheront certaines parties des îles hawaïennes au cours des prochains jours », a toutefois déclaré le NHC, ce qui pourrait entraîner des conditions dangereuses près des côtes, alors que l’État américain se remet encore du passage, mi-août, de l’ouragan Lala, qui a provoqué des inondations.
Les ouragans Lowell et Karina sont ensuite suivis par la tempête tropicale Marie, actuellement située à quelques centaines de kilomètres des côtes mexicaines et qui « devrait devenir un ouragan plus tard dans la journée », selon le NHC.
« Le réchauffement lié à El Niño crée les conditions propices »
« Le réchauffement lié à El Niño crée les conditions propices à ces tempêtes, qui sont alimentées en grande partie par des eaux chaudes », estime auprès de l’AFP Julia Cole, climatologue à l’université du Michigan.
Une succession similaire de quatre cyclones s’était produite en 2015, autre année marquée par un El Niño intense. « Le système climatique s’est vraiment réchauffé depuis une vingtaine d’années, » appuie Benjamin Kirtman, de l’université de Miami, soulignant que la température des eaux de surface est déjà à des niveaux quasi-record.
Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’El Niño de cette année a 69 % de chances de devenir le plus intense jamais enregistré. Il provoque déjà des phénomènes météorologiques extrêmes à travers le monde, alors qu’il ne devrait atteindre son pic que vers novembre.
Dans une nouvelle mise à jour de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publiée ce jeudi 3 septembre, l’ONU prévoit en effet un El Niño de forte intensité pour cette saison. « El Niño s’est solidement installé et va s’intensifier pour devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir, avec des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes », a alerté l’OMM.
Un El Niño appelé à persister jusqu’en février 2027
L’épisode « devrait se renforcer encore au cours des prochains mois pour atteindre une très forte intensité avant de parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026 », a poursuivi l’organisation. En outre, les dernières prévisions saisonnières des centres mondiaux de production de l’OMM indiquent « une probabilité exceptionnellement élevée » de près de 100 % qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027.
« El Niño prend sous nos yeux une ampleur exceptionnelle. La science est sans équivoque : la planète s’engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. La température de la mer en surface atteint des niveaux records, le mercure continue de grimper et nous nous trouvons dans une zone à hauts risques où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme », s’est alarmé le secrétaire général de l’ONU António Guterres.
Phénomène climatique qui se produit tous les deux à sept ans, El Niño survient quand les vents d’est qui retiennent en temps normal les eaux chaudes dans l’ouest du Pacifique faiblissent temporairement, permettant à celles-ci de remonter à la surface et de se déplacer vers l’est.
Lorsque les températures en surface se maintiennent au-dessus de la normale pendant plusieurs mois, cela provoque plus de tempêtes au-dessus de la région, ce qui a des répercussions sur l’ensemble de l’atmosphère terrestre. En conséquence, le climat devient plus chaud et sec dans certains endroits, et plus frais et humide dans d’autres.
Les scientifiques s’accordent à dire que le changement climatique amplifie les effets d’El Niño. Il n’existe en revanche pas de consensus quant à savoir si le changement climatique renforce El Niño en lui-même, même si des preuves en ce sens commencent à émerger.


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