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Environnement 31/05/2026 16:28 Actualisé le 31/05/2026 17:01
Dans le scénario le plus pessimiste de réchauffement climatique, la fréquence de la chute de grêlons de la taille d’une prune augmentera de 52 % d’ici 2100.

ARNAUD CHOCHON / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustration d’une violente tempête de grêle dans la région de la Haute-Garonne, en Occitanie, mai 2025.
Le ciel va-t-il nous tomber littéralement sur la tête ? Alors qu’une alerte jaune aux orages est en place pour une trentaine de départements ce dimanche 31 mai, certains épisodes orageux pourraient s’accompagner d’averses de grêle, selon les prévisions de Keraunos, l’Observatoire français des tornades et orages violents. Plusieurs villages des Alpes du Sud ont été frappés par le déluge dès vendredi soir, avec des grêlons de 5 cm de diamètre.
« Des grêlons de 4-5 cm qui tombaient partout sur la maison, ça nous a abîmé les voitures, ça a abîmé le toit, on a eu de l’eau à l’intérieur de la maison. C’était apocalyptique », témoigne une habitante de Châteauneuf-Val-Saint-Donat, interrogée par TF1. Des agriculteurs racontent également dans ce reportage avoir perdu l’intégralité de leur récolte.
De tels témoignages et ces dégâts catastrophiques causés par la grêle sont amenés à se multiplier dans les années à venir avec le dérèglement climatique. Une étude publiée par la revue scientifique Nature, mercredi 27 mai, rapporte en effet que les dommages provoqués par des grêlons plus gros risquent d’augmenter « de 36,5 à 42,1 % » d’ici la fin du XXIe siècle, selon le scénario d’émissions de gaz à effet de serre.
Plus ou moins gros en fonction des régions du monde
Dans le scénario le plus pessimiste de réchauffement climatique, la fréquence des grêlons d’un diamètre supérieur ou égal à 3 centimètres devrait augmenter de 52 % d’ici 2100. Ce qui correspond à la taille d’une prune ou une grosse balle de ping-pong. À l’inverse, les orages avec des grêlons plus petits deviendront moins fréquents, observent les chercheurs des universités de Pékin et du Michigan, ayant analysé 14 000 orages de grêle avec des modèles climatiques simulant des climats dopés par le changement climatique.
La prise de poids des grêlons s'explique par la hausse de la température et de l’humidité dans les basses couches de l’atmosphère, des facteurs qui favorisent leur formation et leur croissance. L’augmentation de l’énergie présente dans les nuages contribue également au gain de masse des grêlons.
Le changement climatique « peut accroître le potentiel de grêle plus grosse et plus destructrice », engendrant une hausse potentielle de plus de 35 % des dégâts liés aux tempêtes de grêle en moyenne à l’échelle mondiale, peut-on lire dans l’étude. Toutes les régions du globe ne seront toutefois pas forcément concernées, soulignent les scientifiques dans Nature. Effectivement, les régions tropicales pourraient voir une diminution des épisodes de grêle, car l’air chaud les fait fondre.
« Nous n’intégrons pas ce risque dans nos normes de construction »
John Allen, professeur américain de météorologie à l’université Central Michigan et co-auteur de l’étude, trouve ces données « extrêmement préoccupantes, car nous ne concevons pas vraiment notre environnement pour qu’il soit résilient à la grêle. Nous n’intégrons pas ce risque dans nos normes de construction, par exemple pour les maisons aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. »
Cité par Euronews, le scientifique ajoute que les dégâts de la grêle coûtent désormais « plus qu’une tornade ou que quelques ouragans par an » et vont provoquer des pertes économiques colossales pour les États-Unis, l’un des pays les plus affectés par le phénomène.
L’Europe ne sera pas épargnée : une étude de 2025 réalisée l’université de Newcastle et le Met Office britannique concluait que les grêlons tomberont beaucoup plus gros sur le Vieux continent, avec des disparités selon les régions. Et il n’existe pas de solution miracle pour réduire la taille des grêlons : seule une diminution drastique de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait de limiter leur volume.


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