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Le Chevalier des sept couronnes démarre un siècle avant les intrigues de Game of Thrones, à une époque où un Targaryen règne encore sur le Trône de fer.
Adaptée d'un recueil de nouvelles de George R.R. Martin - A Knight of the Seven Kingdoms -, la série suit le chevalier errant Ser Duncan le Grand et son écuyer Egg dans une fresque plus intime, sans grandes batailles, qui oublie le grand spectacle de Game of Thrones. Une histoire que l'auteur qualifie de "road-movie médiéval".
Ce nouveau cycle confirme ce que l'on savait déjà: la saga entamée dans les livres de George R.R. Martin il y a plus de trente ans (et à la télévision, il y a quinze ans) refuse de s'éteindre. Au contraire, elle a plutôt tendance à se décliner…
Emilia Clarke (Daenerys) primée à DeauvilleSept ans après la finale controversée de Daenerys et Jon, HBO continue d'explorer son continent le plus rentable, avec une question lancinante: jusqu'où peut-on étirer Westeros sans en faire un catalogue à projets?
Encore des projets
L'épisode final de Game of Thrones, diffusé en mai 2019, aurait pu sonner le glas. Les critiques virulentes - des spécialistes et des fans qui ont réuni 1,3 million de signatures dans une pétition réclamant un remake - ont terni l'aura de la série.
Brandissant les 32 nominations aux Emmy Awards obtenues la même année, HBO refuse toute idée de remake et ouvre la voie aux spin-off, mais sans multiplier les projets pour ne pas saturer l'espace et les esprits. Pour reconquérir les fans échaudés, la chaîne a misé - avec succès - sur un retour aux sources.
Une réalité plus contrastée
Pourtant, dès la fin de la saga originelle, entre dix et quatorze projets ont été évoqués, couvrant toutes les sphères du monde imaginé par George R.R. Martin, mais derrière l'effet d'annonce, la réalité est plus contrastée.
Si la première saison de House of the Dragon a réalisé en 2022 le meilleur démarrage d'un nouveau programme avec 10 millions de vues, si ses saisons 3 (prévue à l'été 2026) et 4 sont programmées, si Le Chevalier des sept couronnes est confirmé pour une saison 2, pour les autres dérivés, c'est plus flou.
"Adolescence" et "The Pitt" en tête des Golden GlobesCertains ont été tout simplement annulés. Bloodmoon, dont l'intrigue se déroulait des millénaires avant Game of Thrones, ne verra pas le jour (malgré un pilote tourné avec Naomi Watts), tout comme Flea Bottom ou Snow, à propos duquel Kit Harington - l'interprète de Jon Snow - a déclaré: "Le projet est bien rangé sur une étagère. Nul ne sait s'il en sortira un jour".
Trois autres projets sont actuellement dans les tiroirs de HBO… Aegon's Conquest, récit fondateur de la dynastie Targaryen, reste en développement entre série et film; Ten Thousand Ships, consacré à la princesse Nymeria, vient d'être relancé avec un nouveau pilote; enfin Nine Voyages, centré sur Corlys Velaryon, a muté en série animée.
"The Night Manager saison 2"Des renoncements que justifiait récemment Casey Bloys, P.-D.G. de HBO, auprès du Hollywood Reporter: "Ce sont les seules séries dont nous pensons qu'elles puissent tenir la distance".
L'attente, une arme stratégique
Derrière la prudence affichée, une question persiste: jusqu'où peut-on étirer Westeros sans le dénaturer? Le piège est connu: trop, trop vite. Les exemples Marvel ou Star Wars l'ont montré: cadence industrielle, canaux multiples, tonalités indiscernables et, à la clé, fatigue narrative. Westeros n'en est pas (encore?) là.
Créer l'attente entre deux saisons, c'est aussi une arme stratégique. Loin de la cadence industrielle des franchises Marvel ou Star Wars, HBO mise sur la rareté pour maintenir le désir. Pas de chevauchement massif, pas de spin-off en simultané: chaque projet doit respirer, occuper seul le terrain médiatique, avant de céder la place au suivant. Une manière de transformer la patience en événement, et de rappeler que Westeros reste un rendez-vous, pas un flux continu.
Une nouvelle série intimiste
Après les dragons et les complots dynastiques de House Of The Dragon, HBO fait le pari du minimalisme avec Le Chevalier des sept couronnes.
La série suit les pérégrinations de Ser Duncan le Grand (Peter Claffey), chevalier sans château ni fortune, et de son jeune écuyer Egg (Dexter Sol Ansell), prince déguisé en roturier. On est loin des intrigues de cour et des batailles épiques: ici, l'aventure se déroule sur les routes poussiéreuses de Westeros, entre tournois de village, auberges crasseuses et petits seigneurs tyranniques.
Le changement de ton est radical. Là où Game of Thrones et House of the Dragon misaient sur la démesure - complots machiavéliques, trahisons sanglantes, explosions de feu grégeois -, Le chevalier... opte pour l'intimisme.
Six épisodes seulement, un duo de personnages attachants, une mise en scène qui privilégie les dialogues aux effets spéciaux. C'est presque un buddy-movie médiéval, porté par la relation père-fils entre Duncan, chevalier benêt mais loyal, et Egg, gamin futé qui cache son sang royal.
HBO joue la sécurité
Le résultat est rafraîchissant, même si l'on sent parfois HBO jouer la sécurité: les enjeux restent modestes, l'intrigue avance au pas et l'on peine à retrouver la tension narrative qui faisait la force de GoT à ses débuts.
Mais c'est justement là que réside l'intérêt: prouver que Westeros peut fonctionner sans dragons ni guerres totales. Juste deux hommes à cheval, tentant de survivre dans un monde cruel. Si le public suit, HBO aura gagné son pari: diversifier son univers sans le diluer. Si non ce sera la preuve que Westeros ne vit que grâce au spectacle.
Le Chevalier des sept couronnes / A Kngight of the seven Kingdoms Road-trip médiéval Création Ira Parker, d'après le roman de George R.R. Martin Réalisation Owen Harris, Sarah Adina Smith Avec Peter Claffey, Dexter Sol Ansell, Finn Bennett, Tanzyn Crawford... Sur HBO Le 19/01 (6 x 52')
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