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Aux États-Unis, une vague progressiste prend forme chez les démocrates

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De New York au Colorado, les candidats progressistes aux États-Unis ont enregistré récemment une série de victoires retentissantes aux primaires démocrates, sur fond de mécontentement populaire envers l’establishment du parti, à quelques mois d’élections de mi-mandat cruciales.

« Le vent est en train de tourner », s’est réjoui mercredi Bernie Sanders, figure historique de la gauche américaine.

« Les Américains sont fatigués du statu quo en politique », a ajouté le sénateur dans un message de félicitations à Melat Kiros, victorieuse aux primaires la veille dans le Colorado.

Dans cet État de l’Ouest américain, l’avocate de 29 ans a remporté l’investiture démocrate pour les législatives de novembre face à Diana DeGette, la sortante arrivée au Congrès quelques mois avant la naissance de son adversaire.

L’actuelle députée bénéficiait pourtant d’un avantage financier considérable, plus d’un million de dollars ayant notamment été versés par ses alliés à sa campagne les jours précédant la primaire, selon le quotidien local The Denver Post.

Mais Melat Kiros a réussi à susciter un engouement populaire dans sa circonscription qui englobe la capitale Denver.

Fille d’immigrés éthiopiens, elle se revendique du Parti socialiste-démocrate et a obtenu le soutien de grands noms de la gauche aux États-Unis, comme l’influenceur Hasan Piker.

« Politiques du passé »

Dans son discours de victoire, la candidate a souligné que les électeurs de Denver « ont envoyé un message clair : nous n’attendrons pas ».

« Nous n’attendrons pas pour porter le combat contre Donald Trump et l’oligarchie », a-t-elle ajouté, avant de répéter les priorités de son programme, comme « abolir l’ICE » (la police de l’immigration), l’accès à l’assurance santé pour tous, « mettre fin au génocide en Palestine », et « expulser » les gros donateurs des campagnes électorales.

« Nous n’attendrons pas pour mettre fin aux politiques du passé », a-t-elle affirmé.

À ses côtés, d’autres candidats progressistes ont gagné leur primaire dans le Colorado mardi, comme Phil Weiser qui a créé la surprise en battant l’actuel sénateur Michael Bennett pour l’investiture à l’élection de gouverneur.

Ces résultats arrivent dans le sillage des victoires remportées la semaine dernière à New York par plusieurs candidats ancrés à gauche. Des candidats soutenus notamment par la députée new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez et par le maire Zohran Mamdani, lui-même devenu récemment une figure de proue de la gauche américaine.

De quoi provoquer des tourments internes au Parti démocrate, dont les principaux chefs voient leur stature remise en question.

« L’establishment démocrate et les centristes démocrates peuvent s’arracher les cheveux et pleurer après les résultats au Colorado. Ou ils peuvent en tirer une leçon : le rejet dont ils font l’objet vient en grande partie de leur manque apparent de volonté d’affronter Trump fermement et sans hésitation. Alors commencez à le faire ! », a estimé l’éditorialiste conservateur Bill Kristol, opposant de longue date au président républicain.

« Générationnel »

Pour Kurt Bardella, ancien républicain devenu consultant démocrate, ces victoires doivent moins au socialisme qu’au désaveu des élites de Washington.

« C’est une question d’“anciens” contre “nouveaux”. C’est générationnel », a-t-il assuré sur X.

La vague actuelle à gauche suscite des comparaisons avec celle vécue par le Parti républicain il y a plus de 10 ans, au moment de l’émergence du « Tea Party ».

Ce mouvement très conservateur avait grignoté le pouvoir de l’establishment républicain et ouvert la voie à la victoire de Donald Trump à la présidentielle quelques années plus tard.

Aujourd’hui, sous la houlette du milliardaire octogénaire, le parti maintient la barre fermement à droite, et c’est à son tour de dénoncer le virage chez les adversaires démocrates.

Mike Marinella, porte-parole du Parti républicain, a affirmé dans un communiqué que les résultats au Colorado illustraient « la prise de pouvoir socialiste » au sein du Parti démocrate.

Une tendance qui selon lui « fait sombrer leurs chances » de reprendre aux républicains la majorité au Congrès en novembre.

Donald Trump a assuré lundi que derrière la façade socialiste, se cachait en réalité « le communisme », mot épouvantail aux États-Unis.

« C’est la plus grande menace qui existe pour notre pays, peut-être depuis notre fondation », a lancé le président républicain, jamais avare de superlatifs.

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